Carpentras : le maire RN Hervé de Lépinau rendra « coup pour coup »

La polémique « Maréchal nous voilà » déroule sa machine à broyer. Mais Hervé de Lépinau tient tête à ses diffamateurs.
Hervé de Lépinau, député-maire de Carpentras. Capture écran LCP.
Hervé de Lépinau, député-maire de Carpentras. Capture écran LCP.

Délectation pour la gauche. L’hymne Maréchal nous voilà qui a retenti quelques minutes dans les rues de la ville de Carpentras, lors de la journée de commémoration du 8 Mai, n’en finit plus de faire parler. Le maire RN de la ville, Hervé de Lépinau, s’est pourtant évertué à expliquer en long, en large et en travers, que la mairie n’est pour rien dans cette affaire, « ni de près, ni de loin », rien n’y fait. Voilà une semaine que le monde politico-médiatique de gauche tente, avec des sabots gros comme le nez au milieu de la figure, de stigmatiser la ville que l’édile a réussi à ravir aux socialo-communistes, en mars.

Peu importe que la radio associative locale, responsable de l’animation musicale de cette journée, ait totalement dédouané le maire par communiqué, le jour même : « RTV FM précise que Mr le Maire, ses élus et le service événementiel ne sont aucunement responsables de la diffusion de ce titre de musique totalement inapproprié et incompatible avec les valeurs mises en avant lors d’un tel événement. » Peu importe que les plates-formes de musique, comme Spotify, aient effectivement dans leurs répertoires des compilations de musique comme celle s’intitulant « 39-45 en chanson - Le bal de la Libération » où la chanson à la gloire du maréchal Pétain apparaît en huitième position.

« Diffamez, diffamez »

Contacté par Boulevard Voltaire, Hervé de Lépinau ne décolère pas. « Je suis innocent, je rapporte la preuve de mon innocence. Non, ça ne fait rien pour nous, tribunal révolutionnaire, pour moi, grand accusateur public, vous êtes coupable. Parce qu'il n'y a pas de fumée sans feu, parce que nous pouvons considérer qu'au regard de votre appartenance partisane, vous avez forcément des accointances avec le maréchal Pétain. » Il dénonce « une inversion accusatoire propre aux marxistes ». Ce petit-fils de résistant a bien compris qu’il était victime d’une cabale dont le souci de vérité est la dernière des préoccupations. Elle vise à le marquer au fer rouge, à le salir, lui et la ville dont il détient les clefs depuis deux petits mois seulement.

Mais celui qui est encore député du département pour un temps garde la tête haute face à ses détracteurs dont il cite le « concept voltairien » : « Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose. » Face à la horde, le maire rendra « coup pour coup ». Il annonce « porter plainte et vouloir se constituer partie civile pour le compte de la commune », mais s’agissant d’une qualification pénale relevant du droit de la presse (loi 1881), en matière d’incitation à la haine ou de diffamation, il ne peut agir en tant que maire sans y être autorisé par une délibération spéciale de son conseil municipal (le prochain aura lieu le 5 juin). Contraint d’attendre cette date, Hervé de Lépinau a d’ores et déjà effectué un signalement au parquet, selon l’article 40. Il s’est aussi entretenu rapidement avec les officiers de police judiciaire et le procureur.

Une publication X supprimée

Sur la base des premiers éléments transmis, le parquet a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire. Elle devra déterminer si le prestataire (qui travaillait avec la majorité précédente et dont Hervé de Lépinau annonce avoir mis fin au contrat) a agi avec une intention malveillante ou si, réellement, une erreur technique a été commise. Elle pourra déterminer aussi s’il y avait un lien entre la radio associative locale, responsable de la bévue, et l’ancien directeur de cabinet du précédent maire. Par le plus grand des hasards, celui-ci se trouvait sous les enceintes de la ville lorsque le morceau litigieux était diffusé. Une vidéo de cet enregistrement était étrangement publiée sur son compte X, accompagnée d’un commentaire acerbe : « […] ils diront que c’est une erreur comme d’habitude quand ils oublient de cacher leur idéologie ». Une publication désormais supprimée par son auteur. Hervé de Lépinau soupçonne ce dernier d’avoir contacté la presse à dessein, allumant ainsi la mèche dépassant du baril de poudre.

Si le vent souffle fort, le maire de la ville peut compter sur le soutien de ses administrés. « Les gens sont scandalisés. Pour eux, c’est une manipulation politique pour me salir dès le début de mon mandat », raconte-t-il. Sans préavis, Hervé de Lépinau s'est retrouvé dans la fosse aux lions. Mais l'homme n'entend pas se laisser faire.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

77 commentaires

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Les meurtriers de Quentin Deranque sont désignés comme des camarades
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois