La commission formation et vie universitaire de Paris 1 vient d’adopter l’obligation de mettre la moyenne à tous les examens du deuxième semestre, de la licence au master. Cette résolution délirante a été approuvée par l’UNEF, la FSU et la CGT. Elle serait justifiée, selon ses promoteurs, par les difficultés des étudiants à se connecter. En effet, on enseigne depuis la mi-mars par vidéoconférence et tous les examens se passent à distance. Or, seuls 73 % des étudiants posséderaient un équipement informatique et 40 % s’estimeraient incapables de passer les contrôles par ordinateur interposé.

Le ministère avait émis des consignes de bienveillance pour tenir compte de ces circonstances, on avait débloqué des fonds pour aider les étudiants, mais ce qui se passe à Paris 1 dépasse l’entendement. Ne jamais noter en dessous de 10 reviendra à donner à tout le monde ou presque ses examens. Seuls ceux qui auraient obtenu de trop mauvaises notes au premier trimestre seront (peut-être) recalés. Le diplôme universitaire deviendra un torchon de papier sans aucune valeur. En 2020, nous faisons face à la crise du Covid-19 ; dans les années suivantes, les universités seront victimes de blocages comme il y en a tant eu dans le passé. On recommencera les cours par vidéoconférences, les examens à distance et on prendra à nouveau la même décision : l’interdiction des notes inférieures à 10. Cette décision de la commission de Paris 1 est une invitation à bloquer ad vitam aeternam les facultés puisque l’agitation universitaire permettra de décrocher ses diplômes sans aucun effort, sans avoir appris la moindre notion. Pourquoi continuer, dans ce cas, à payer les professeurs ? Licencions-les, fermons et vendons les locaux des universités. Quiconque voudrait un master 2 s’adresserait à un bureau du rectorat et on le lui délivrerait séance tenante sans autre formalité !

Une poignée d’enseignants ont porté l’affaire devant le tribunal administratif. Mais, mercredi dernier, les juges ont validé en référé le dispositif en reprenant mot pour mot les arguments syndicaux. Mme Vidal, le ministre des Universités, a dénoncé cette mesure qui, selon elle, porte atteinte aux intérêts des étudiants et le recteur de Paris a déposé un recours ; le Conseil d’État sera amené à se prononcer en urgence sur le fond. La conférence des présidents d’, elle, est restée pour l’instant silencieuse.

L’UNEF surfant sur cette victoire judiciaire exige désormais qu’on privilégie contrôle continu et devoirs à la maison. Son aveuglement est inquiétant : elle condamne les étudiants à un chômage implacable ; aucun employeur n’embauchera un candidat aux connaissances incertaines. Le ministère a peur que l’initiative de Paris 1 ne fasse tache d’huile, Aix-en-Provence, Avignon et l’université de La Réunion seraient sur le point de suivre, selon l’UNEF. D’où l’importance de la décision du Conseil d’État pour arrêter net ce délire.

Néanmoins, comme les cours par vidéoconférences vont, à l’avenir, de se développer, du fait de l’épidémie ou des blocages, on ne fera pas l’économie d’une réflexion sur les modalités des examens. Pour moi, la cause est entendue : rien ne remplacera le travail fait sur table en un temps imparti. Toutes les autres méthodes permettent la triche et détruisent les diplômes.

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