Editoriaux - Politique - 28 mai 2019

La démocratie française perdue dans le triangle des Bermudes européen !

Déconvenues prévisibles mais également grosses surprises auront marqué, en France, l’élection des députés européens !

Dans cet exercice, la démocratie tricolore vient de connaître une volatilité étonnante, voire détonante, et un peu inquiétante. Les bulletins de vote ont été attirés et violemment mélangés dans le nouveau triangle des Bermudes Hénin-Beaumont-Paris-Larzac.

Certes, l’affrontement Macron/Le Pen, annoncé et surmédiatisé, a tenu ses promesses au prix de beaucoup de renoncements intimes ou désertions d’opportunité, en même temps que de ralliements et rapprochements fugaces et sans doute très provisoires.

Dans ce match, au départ incertain, l’équipe d’Hénin-Baumont, bien entraînée chez elle – 61,56 % d’adhésion -, remporte finalement la victoire suite à un tir au but de 0,9 point.

Dans le même temps, le succès inattendu d’une équipe, concomitamment avec une grosse baffe reçue par une autre, ne laisse pas d’interroger sur les opinions et convictions profondes des citoyens.

Les écolos de Jadot, petits-enfants des anciens du Larzac, ont fait une montée spectaculaire en division nationale, soutenus par la brise écologique très « mode » qui caressait la plupart des autres postulants des gauches jusqu’à LREM. Je note, d’ailleurs, un résultat de 16,96 % à Millau et, mieux encore, un record de 17,05 % à Florac, dans le département voisin de la Lozère.

Le taux général de participation en progrès résulte, nous dit-on, de l’implication d’électeurs jeunes, attirés par les vertes espérances ou lubies et qui délaissaient, jusqu’alors, les urnes imprécises des européennes.

Désastre, en revanche, pour Les Républicains, en dépit des yeux bleus et de la jeunesse de Bellamy. Ou peut-être à cause de cette fraîcheur juvénile et par trop versaillaise ? Ce petit nouveau n’avait pas le charisme et l’autorité de Bardella, la révélation du Rassemblement national.

Cet imbroglio printanier dans le mélange des voix n’est cependant pas, me semble-t-il, le prélude à un paysage politique recomposé mais plutôt une perturbation saisonnière titillant des humeurs vagabondes, après un hiver tempétueux.

L’échéance prochaine de mars 2020 avec les municipales verra plus probablement le retour aux fondamentaux locaux s’imposer, avec des équipages navigant bien loin de cet impromptu triangle français des Bermudes.

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