La Cène, nouvel emblème des fêtes païennes ?
En ce dimanche des Rameaux, à l’aube de la Semaine sainte, les Toulonnais vont pouvoir suivre leur bénédiction sur le port. Chaque année y est installé un autel, au bas du cours Lafayette, et nombreux sont ceux qui se pressent pour emporter la précieuse palme, car ici, au bord de la Méditerranée, on bénit les palmes et pas le buis. Si le cœur leur en dit, les Toulonnais pourront pousser un peu plus loin, jusqu’à la place d’Armes où est dressé le grand chapiteau de Bacchus, le salon du vin qui se tient chaque printemps.
Une provocation ? Quelle idée !
Pour cette trente-deuxième édition, la ville de Toulon a une nouvelle fois fait appel à l’affichiste Monsieur Z, une célébrité varoise qu’on reconnaît entre mille. Et il assume : oui, c’est bien la Cène qu’il a voulu représenter, calquant le célèbre tableau de Léonard de Vinci : treize personnages autour d’une longue table, les arcades en arrière-plan. Seule liberté par rapport à l’œuvre historique, il y a quatre apôtres féminins dans la Cène de Monsieur Z.
S’ils peuvent apprécier par ailleurs le talent de Monsieur Z, les paroissiens de l’église Saint-François de Paule toute proche n’aiment guère cette nouvelle fantaisie, elle leur rappelle par trop la scandaleuse Cène LGBT de l’ouverture des Jeux olympiques 2024. Le père Stéphane Morin ne dit pas autre chose : « C’est une provocation qui rappelle l’ouverture des Jeux olympiques, et cela, d’autant plus que cette manifestation aura lieu au seuil de la Semaine sainte. » Il demande donc « aux catholiques cohérents » de ne pas se rendre à Bacchus.
Monsieur Z s’en arrange. « Je suis droit dans mes bottes, confie-t-il à Var-Matin. J’ai eu l’idée de cette affiche lors d’un voyage à Florence, et j’ai pensé aux artistes de la Renaissance italienne, et à Léonard de Vinci, qui appartient au patrimoine artistique plus qu’à l’institution catholique. » Il nie, en revanche, tout esprit de provocation, mettant en avant sa propre appartenance à la communauté catholique. « Il n’y a ni caricature ni polémique, même pas de croix. C’est un clin d’œil. La Cène, c’est un hommage au partage, à la célébration. Être plusieurs à table et partager le pain, le vin... C’est notre héritage. Et c’est un tableau qui a été détourné des centaines de fois. » Et de conclure : « Je suis catholique. Mais l’autocensure, il n’y a rien de pire. »
La culture chrétienne, « notre héritage »
Admettons. Richard Zielenkiewicz, alias Monsieur Z, est un brave homme qui n’a pas pensé à mal. Encore moins cherché à se glisser par facilité dans la vague du « catho-bashing » qui sévit depuis un moment. Son commentaire n’en est pas moins intéressant. Il nous dit en effet qu’il y aurait une culture propre à la France, et plus largement à l’Europe, et que celle-ci serait d’inspiration chrétienne. Mince, alors ! Dire qu'on croyait, comme Emmanuel Macron, que tout cela n’était que des sornettes de complotistes !
Finalement, à bien y regarder, il en va de nos racines chrétiennes comme du « Grand Remplacement », reconnu par Mélenchon et sa clique aux seules fins d’être détourné. On peut donc de la même manière détourner les symboles fondateurs de la religion catholique, puisqu’ils appartiennent à la culture occidentale. La démonstration n'est évidemment qu’une pirouette. On peut alors se demander pourquoi tous ces gens qui, à longueur de temps, nous assènent comme une évidence le rôle fondateur de l’islam sur notre sol, allant jusqu’à lui octroyer la paternité de nos cathédrales, n’en reprennent jamais les codes.
Ainsi, si Monsieur Z voulait casser les codes, pourquoi n’a-t-il pas - plutôt que la Cène - représenté un imam enturbanné levant son verre « en hommage au partage », et surtout en signe d’intégration à nos mœurs et coutumes ? Le message aurait été fort, montrant que les vins de Provence viennent à bout de toutes les réticences. Mais Monsieur Z ne l’a pas fait et ne le fera pas, demain encore moins qu’aujourd’hui. Pas eu l'idée. Trop risqué, diront certains.
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41 commentaires
C’est pas de sa faute si les Musulmans ne boivent pas en principe du vin !! Il ne pouvait donc pas se servir de l’Islam pour vanter le vin !! Ce n’est pas un manque de courage ,c’est le respect de la religion !!
Et pour le périscolaire de paris, les mêmes communiquants utiliseraient Mahomet et ses épouses ?
Non parce qu’ils sont tous en noir, la Cène est toute en couleurs.
Cet affiche tourne en dérision le coeur de notre foi catholique, le moment le plus solennel de la messe. Il faut une réparation , par exemple s’agenouiller à cemoment là ,pratique abandonnée , on se demande pourquoi. L’artiste se prétend catholique, piètre excuse, cela ne le dispense pas de ne pas se moquer de manière sacrilège de ses coreligionnaires, attends une réaction ferme de l’évêque de Toulon S’il a peur de proclamer sa foi et de demander le respect, eh bien . il collabore à ses ennemis, en toute charité ;..chrétienne. fraternelle.
La foi catholique doit s’ouvrir. La charité chrétienne devrait prendre cette affiche comme elle est, une fête.
Le dessin est artistique, pur et coloré. Protestant, je trouve qu’il représente à merveille les agapes dans une fête à l’église où le vin est représentatif du sang du Christ.
Je pense que beaucoup devrai suivre un culte et verrai ainsi en réel cette fresque, empli de personnes d’une palette de couleurs variée et très correctement habillée.
Comment est-ce qu’ils diraient déjà ??! Ah oui… blasphème, ça s’appelle ! Je ne suis pas catho, mais je souhaite néanmoins de belles fêtes de Pâques à ceux qui le sont…. Ils ont le droit de l’être. Mieux, ils sont légitimes à l’être.
Tout à fait d’accord avec Blaise; rien de plus
Beaucoup de fêtes chrétiennes on été empruntées à la tradition païenne , ne nous ofusquons pas c’est la spiritualité qui compte .
Vous n’en avez pas assez de tendre l’autre joue quand on vous a giflé déjà plusieurs fois ?…
Une honte. Lamentable. Et encore plus lamentable, le manque de réactions de notre clergé.
Mais quel courage, quelle créativité. Dans la lutte contre l’alcoolisme, cette affiche devrait avoir un impact. Pas de vin du Sud pour fêter la Pâque.
Pas un mot de l’église, silence du pape… Comme si piétiner la chrétienté était normal pour eux. Après ils s’étonnent de la foi en France?
Merci pour cet article. Pour ma part, rien ne saurait me faire dévier de toutes les célébrations de la semaine sainte qui se concluent par la manifestation de la Résurrection du Christ, seule digne d’intérêt et d’amour. Le reste n’est que poussière sur ce chemin d’éternité. Belle Pâque à tous les lecteurs de Boulevard Voltaire. Blaise Augsburger, Les Haudères, Valais, Suisse.
Ce peintre amateur est catholique, un drôle de paroissien alors.
Un peintre ? Pas beaucoup de créativité, on y voit même Cendrillon …
Décidément, l’époque moderne aura fait tout subir au Fils de Dieu. La croix plongée dans l’urine, les statues brisées (avec sa mère) dans les églises, les dessins satiriques. Représenté aux JO en espèce de chose, trans, graisseuse et obèse – les apôtres ne sont pas non plus épargnés (pauvres diables qui se sont tant décarcassés à amener un peu de charité et d’amour chez des peuples mal dégrossis et barbares).
Et dernière production « artistique », on en fait un représentant en pinard, alcoolisé, un certain M. Bacchus, ivrogne de son état.
Ils en profitent, il est doux comme un agneau. Par contre il semblerait que son père (notre Père) soit moins enclin à la patience. Rappelez-vous l’épisode de Noé.
De plus il nous avait prévenus en nous envoyant, il y a quelque temps, un message par l’entremise d’un artiste qui avait produit une œuvre au titre prémonitoire « Apocalypse now »…
Un clin d’oeil à nos racines, plutôt bienvenu en ce moment.
Pas de quoi en faire un fromage.
Bien d’accord avec 2nidncy. Cette affiche n’a rien de provocateur et nous rappelle nos racines, puisque l’auteur confirme qu’il a voulu représenter la Cène. Mais, dans un autre contexte, représenter des personnes assises derrière une table, même si cela peut ressembler au tableau de Léonard de Vinci, ce n’est que la représentation d’un tableau, donc une libre interprétation d’un l’artiste. Il n’y a rien de sacré dans un tableau, sauf si c’est une icône bien sûr…
Irrespectueux, indigne. Ce genre de dérision provocatrice ne gratifie pas la liberté d’expression. Toute religion, quelle qu’elle soit relève du sacré.