Le 21 février dernier, comme nous vous le relations alors, le tribunal administratif de Paris rendait une décision de justice annulant la fermeture des voies sur berge aux véhicules à quatre roues (sauf les poussettes). Motif : étude “bâclée”, “omissions”, “insuffisances”, “inexactitudes”, etc.

Comme le disait, lundi, Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine et président du groupe centriste à l’Assemblée, sur “Le Talk” du Figaro, la décision du tribunal est « une gifle ». La politique du maire de Paris en la matière, “c’est de l’amateurisme” et “c’est aussi ce qu’a dit toute l’opposition à Paris pendant des semaines”.

La justice est donc passée, mais Anne Hidalgo s’en moque bien. Les décisions de justice, elle s’assoit dessus. Celle-ci à peine rendue, elle a ainsi annoncé une double réponse : l’appel de la décision et un nouvel arrêté de piétonisation des voies sur berge. Permanent, celui-là, quand l’autre n’était que temporaire. C’est donc « Circulez ! » – ou plutôt « Ne circulez pas, il n’y a rien à changer ! » Tout cela constituant une « violation de la chose jugée » manifeste, les avocats de la capitale ont également décidé, pour mieux border leur déni de justice, de demander un sursis à exécution. “Car, en théorie, comme le souligne Le Figaro, depuis cette décision de justice, la berge rive droite aurait dû cesser d’être piétonne. Mais, entre le délai raisonnable de 80 jours, accordé à une collectivité pour appliquer un jugement, et le nouvel arrêté, Paris espère ainsi faire barrage au retour de la voiture sur les quais bas.”

Une attitude d’autant plus incompréhensible, souligne l’opposition, que l’objectif de réduction de la voiture dans Paris est partagé par tous. Simplement Hidalgo doit revoir sa copie et travailler en concertation avec les banlieusards qui sont les premiers touchés par sa politique. Or, “il n’y a jamais eu autant de lieux de décision et de réunion : la métropole, la région, le forum métropolitain, les départements… Et on ne parle pas de ces choses-là, on n’en parle qu’à Paris, entre Parisiens, on fait des sondages dans le centre de Paris. Il faut, enfin, avoir une dimension régionale”, dit encore Hervé Marseille.

Mais Anne Hidalgo vise sa réélection à la mairie de Paris, pas le confort de vie des habitants de la petite et de la grande couronne. C’est pour cela qu’elle accordait, ce week-end, un long entretien à Libération.

Elle s’y révèle parfaitement fidèle à elle-même :

1) Victime forever – Les critiques, c’est parce qu’elle est femme : “Il y a quand même une représentation extrêmement sexuée, parfois même machiste, de la femme au pouvoir. Quand une femme exerce ses responsabilités, on dit qu’elle est autoritaire, voire autoritariste. Quand c’est un homme, cela fait partie des fondamentaux, de la capacité à transformer les choses.”

2) Mégalo – “Moi, femme de gauche, j’ai tout fait pour qu’après le Brexit, ce soit à Paris que vienne la finance internationale. Le World Economic Forum souligne que Paris est la troisième ville au monde la mieux gérée (sic), derrière Londres et New York.” […] “Cette ville attire les gagnants de la mondialisation, et je les veux ici. Mais cette ville ne doit pas devenir celle de l’entre-soi. Paris est une ville qui a allumé la lumière pour tout le monde et quand il y a des gens qui ne vont pas bien, qu’ils viennent de très loin ou de chez nous, ils arrivent ici, espérant trouver une situation qui va les sauver. Et ça, c’est une fonction de Paris que j’assume totalement.”

En foi de quoi elle lance un appel pour une alliance en vue des prochaines municipales. Sous sa bannière, puisque la suite de l’interview prouve qu’elle est en tout point satisfaite d’elle-même. Quant à l’avenir du PS, Anne Hidalgo le promet radieux puisqu’“il est le point d’équilibre naturel de la social-démocratie écologique”. Si elle le dit…

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