Discours - Editoriaux - Politique - Société - 31 mai 2015

Juppé, le bienheureux qui voulait faire entrer le loup dans la bergerie

“Sarkozy a le parti, moi, pour, l’instant j’ai l’opinion”, a déclaré Alain Juppé qui, désormais, devance l’ancien chef de l’État dans un sondage effectué auprès des Français qui comptent voter à la primaire. On se demande bien pourquoi, dès lors, il se fait systématiquement siffler dans les meetings de son parti comme ce fut encore le cas ce week-end lors du congrès fondateur des Républicains.

Plutôt que des réactions “hystériques” comme il se plaît à les décrire, un début d’élément de réponse pourrait se trouver dans l’attitude d’Alain Juppé lui-même. Face à la montée croissante des revendications communautaires au premier rang desquelles le maintien du voile islamique à la fac ou bien des menus de substitution dans les cantines scolaires, l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac n’a désormais qu’une formule en bouche : “accommodement raisonnable”.

Ce concept qu’Alain Juppé voudrait importer du Canada est une expression désignant la tentative des sociétés modernes de s’accommoder des exigences des différentes minorités au sein de la société civile au nom de l’égalité des chances. Dès lors, Alain Juppé estime, dans le dernier entretien qu’il a accordé au Figaro, qu’il faut arrêter de “se focaliser sur le voile islamique”, citant pêle-mêle le respect des différences, les traditions des minorités et la lutte contre la stigmatisation. Et d’affirmer : “Nous sommes divers, il faut respecter nos différences, personne ne privera personne de ses racines.”

L’« identité heureuse » comme promotion du “vivre ensemble” : un concept dégoulinant de bonnes intentions plutôt inattendu de la part de celui que les ténors de l’UMP ont longtemps considéré comme “le meilleur” d’entre eux. Après tout, ne dit-on pas heureux comme un simple d’esprit ? L’identité heureuse dissuadera-t-elle des jeunes filles de porter le voile à l’université ou des jupes religieuses à l’école ? “Oui, à condition qu’on ne les provoque pas”, répond Alain Juppé. En cela, il ne diffère en rien de la gauche qu’il dénonce pourtant dans ses discours politiques.

À l’heure où les fous furieux de l’État islamique qui sont aux portes de l’Europe égorgent des chrétiens d’Orient et où la France est devenue une cible privilégiée des terroristes djihadistes, il faudrait plus que jamais valoriser nos racines judéo-chrétiennes ainsi que le concept de laïcité, et lutter contre toutes celles et ceux tentés d’importer les codes vestimentaires et les mœurs moyenâgeuses des islamistes dans notre pays. En lieu et place, Juppé le “bon élève” préfère prôner l’apaisement, quitte à faire des compromissions. Beaucoup trop de compromissions ! Sa stratégie revient immanquablement à faire entrer le loup dans la bergerie. Reste à espérer qu’une majorité de nos compatriotes s’en rende compte rapidement, avant qu’il ne soit trop tard…

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