José María Ballester explique le contexte de l’exhumation de Franco et le silence du roi d’Espagne. Pour lui, elle « brise la mystique de la transition espagnole de la dictature à la ».

Comment en est-on arrivé à l’exhumation du corps du général Franco ?

C’est surtout une promesse électorale de monsieur Sánchez lorsqu’il est devenu Premier ministre en juin 2018. Il pensait faire cela rapidement, mais les descendants de la famille de Franco ont épuisé tous les recours judiciaires. Le tribunal suprême espagnol n’a cependant pas donné une suite favorable à leur requête finalement.
Il y a par ailleurs un bras de fer diplomatique entre l’ et le qui a fini par tourner court lorsque le Vatican s’est désintéressé de cette affaire. Le prieur bénédictin du Valle de los caidos avait pourtant raison de dénoncer ce qu’il appelle une profanation.
Monsieur Sanchez en a fait une affaire électoraliste. Je rappelle qu’il y a des le 10 novembre, soit dans moins de trois semaines. On va voir si cela lui bénéficie ou pas. Il essaye en tout cas de profiter de cette exhumation pour détourner l’attention d’une toujours en flamme.

Comment expliquer le silence de la famille royale ?

Tout d’abord, le roi et la reine sont en visite d’État en Corée du Sud. Ils étaient au Japon pour les célébrations du couronnement de l’empereur. Ils rentrent demain en Espagne.
Toutefois, le roi est neutre. Il ne peut pas intervenir dans la politique intérieure. Il est vrai qu’il y avait des liens d’amitié entre les descendants des deux familles. Je ne sais pas si ces liens se sont distendus ou pas aujourd’hui.
Cette exhumation brise tout de même la mystique des débuts de la transition politique espagnole de la dictature à la démocratie. Franco avait exprimé son souhait d’être enterré au Valle de los Caidos, mais il n’en avait pas donné l’ordre. Ce fut une des premières décisions du nouveau roi Juan Carlos en novembre 75, deux jours après sa proclamation. Il a dit : « j’ordonne le transfert des restes de Franco à El Valle de los Caïdos ». Et il dit à son abbé de bien procéder à son inhumation. Il avait signé cette décision par la signature traditionnelle des rois d’Espagne avec la mention « Yo, el Rey » (moi, le roi). Cela veut dire qu’il y tenait énormément.
Exhumer Franco aujourd’hui, c’est remettre un peu en cause les fondements de notre régime actuel.

, le Duc d’Anjou, a porté le cercueil de son arrière-grand-père pendant l’exhumation. Comment ce geste a-t-il été interprété ?

Lorsqu’en juin 2018, trois semaines après avoir pris ses fonctions, le gouvernement de monsieur Sanchez avait exprimé son intention d’exhumer Franco, il avait pris la tête de la à El Valle de los Caidos. Il était donc très impliqué dans toute cette affaire.
Mais pour être totalement sincère, si j’étais un légitimiste en , je me poserais des questions de le voir si engagé en Espagne…

24 octobre 2019

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