Le château de Chambord est en péril mais l’État refuse l’aide du Puy du Fou !
Le ministère de la Culture serait-il prêt à sacrifier le château de Chambord plutôt que d’accepter la main tendue du Puy du Fou ? Le Figaro annonce que le Domaine national de Chambord, en quête d’argent pour financer la restauration de l’aile Renaissance en piteux état, a choisi de renoncer à l’aide proposée par le célèbre parc vendéen. Et ce, alors même que le château de François Ier peine à réunir les 37 millions d’euros nécessaires à sa restauration. Contacté par BV, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, nous confirme cette aberration. « L’État désargenté se permet de faire la fine bouche », déplore-t-il. Bienvenue en « Absurdie » !
Une aile « en péril »
L’affaire débute au mois d’avril dernier. Nicolas de Viliers découvre, dans les pages du Monde, l’état de délabrement avancé dans lequel se trouve, actuellement, l’aile Renaissance du château de Chambord. Fissures dans les murs, humidité, planchers qui menacent de s’effondrer… L’ensemble de l’aile royale tombe actuellement en ruine. Les portes et les fenêtres tiennent aujourd’hui seulement grâce à des étais.
Pour tenter de sauver ce joyau de notre patrimoine, 37 millions d’euros sont nécessaires ! Et les grands mécènes manquent à l’appel. « Amoureux du patrimoine » et « désireux de sauver Chambord », Nicolas de Villiers appelle immédiatement Pierre Dubreuil, le directeur général du Domaine national de Chambord. Au téléphone, le fils de Philippe de Villiers lui explique que, fort du succès du modèle du Puy du Fou, il pourrait créer un « partenariat public-privé » et développer un « modèle artistique qui permette à Chambord de s’autofinancer par ses recettes artistiques ». De l’autre côté de la ligne, Pierre Dubreuil semble « enthousiaste » mais « explique que cette décision n’est pas de son ressort ». Nicolas de Villiers contacte donc le cabinet du ministre de la Culture. « À nouveau, ils trouvent l’idée bonne. Le directeur de cabinet m’informe qu’il doit en référer à sa hiérarchie, à savoir le ministre et le président de la République », raconte le président du Puy du Fou.
Mais huit jours seulement après ces appels, l’enthousiasme de départ semble évanoui. « Au motif que la présidentielle arrive dans un an, on m’explique que la politique culturelle est gelée, s’étonne Nicolas de Villiers. Je suis stupéfait car cela veut dire qu’on ne prend aucune initiative, en France, la dernière année du quinquennat ! »
Le Puy du Fou dérange ?
Toujours est-il que, présidentielle ou pas, l’aile Renaissance du château de Chambord continue de se détériorer. C’est alors qu’on annonce au président du Puy du Fou que, finalement, les 27 millions d’euros manquants ont été débloqués sur des fonds publics. « C’est une deuxième stupéfaction, réagit-il, auprès de BV. Un simple coup de téléphone du Puy du Fou permet tout à coup de verser les crédits nécessaires à Chambord… » Ces fameux crédits débloqués au dernier moment seront-ils bel et bien versés au château de François Ier ? Mystère… Contacté par nos soins, le ministère de la Culture n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Au-delà du revirement de l’État, cette affaire interroge. À écouter Nicolas de Villiers, il semblerait, en effet, que le ministère de la Culture et la présidence de la République préfèrent verser ponctuellement de l’argent public, « pris dans les poches du contribuable », pour restaurer une aile de Chambord plutôt que de réfléchir au développement d’un modèle pérenne comme le proposait le Puy du Fou.
« Je comprends tout à fait qu’on nous dise non, précise Nicolas de Villiers. Seulement, on aurait pu trouver bien davantage que 27 millions d’euros… » Pour ce faire, il envisageait notamment de créer, au château de Chambord, des « spectacles vivants enracinés » à l’image de ceux qui font le succès et la renommée du Puy du Fou. « Le Puy du Fou, qui se trouve en province, en Vendée, c’est trois millions de visiteurs en 2025. Chambord, au cœur de la vallée de la Loire, c’est un million. On pourrait attirer bien plus de visiteurs à Chambord… »
Une dernière zone d'ombre demeure sur cette affaire : est-ce, au fond, le Puy du Fou qui dérange l’exécutif ? « La question peut se poser, répond Nicolas de Villiers. Quand on a faim, on ne fait pas la fine bouche. » Pour l’heure, le président du Puy du Fou se concentre donc sur « le déploiement du Puy du Fou à l’étranger ». Et si la France finit par accepter la main tendue du célèbre parc vendéen, il sera alors très heureux d’apporter son « aide totalement désintéressée ».
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92 commentaires
Une fois de plus,Nicolas était prêt à payer!
Je plaisante,mais je n’ose pas qualifier la léthargie coupable du ministère de la culture et surtout le manque de jugeote dont a fait preuve Catherine Pégard.
Elle devrait avoir honte!