Editoriaux - Société - 24 octobre 2019

Il y a trop d’animaux mâles dans les muséums d’histoire naturelle. Des féministes dénoncent le scandale

Toujours soucieux de nous apporter notre lot d’humour quotidien, les tenants de l’égalité homme-femme nous emmènent, aujourd’hui, dans cinq grands muséums de réputation mondiale. Et qu’y voyons-nous ? Des animaux naturalisés, des squelettes à foison, oiseaux, dinosaures, baleines… Une merveille ! Mais notre guide s’indigne. Nous ne remarquons rien d’anormal ?

Horrifiée par notre réponse négative, la féministe nous dévoile la raison de son courroux : les animaux mâles sont surreprésentés. Et voilà le travail. Ah, elle est jolie, la culture occidentale !

Après ce trop bref moment de distraction, chacun retourne à ses occupations et cherche confirmation du gag auprès des instances informatrices. Effectivement, l’affaire préoccupe de nombreux médias. Nous n’avons pas ri pour rien. Une équipe de chercheurs a analysé 2,5 millions de spécimens provenant des cinq plus grands muséums européens. Le constat est sans appel. Le mâle domine. Seulement 40 % des oiseaux sont des femelles.

48 % de dames mammifères souffrent en silence d’un déséquilibre induit par des professionnels de muséums engoncés dans des stéréotypes abominables. Certains passereaux – disons des passerelles – ne sont que 9,7 %. Chauves-souris 9,9 %, gobe-mouches noirs 11,5 %. Racistes, en plus ! Et nousne parlerons pas d’une absence totale de dinosaure trans.

Une enquête plus poussée, réalisée à l’initiative de Jean-Marie Bigard, a mis au jour que 58 % des acariens retrouvés dans le matelas du directeur du muséum d’histoire naturelle de Paris étaient des mâles ! Où va-t-on ? Marlène Schiappa s’est saisie du dossier.

2,5 millions de spécimens examinés pour voir si « les préjugés de genre dans le milieu scientifique où il y a une surreprésentation de chercheurs hommes blancs haut gradés se retrouvaient dans les collections des musées », a déclaré Nathalie Cooper, en charge de l’expédition. L’obsession égalitaire suppose quelques investissements.

Dans une volonté louable de nous amuser jusqu’à la sortie du sanctuaire d’histoire naturelle, la chercheuse nous apprend que les chiffres ont été établis à partir d’animaux dont le sexe a pu être identifié. La valeur statistique de l’étude se trouve donc fortement altérée par l’inconnue des non-identifiés. À comparer avec la valeur d’un sondage effectué sur un échantillon représentatif dont une certaine partie n’aurait pas souhaité s’exprimer.

Miss Nathalie Cooper apporte la note humoristique finale en reconnaissant que la sélection de genre résulte parfois du comportement du mâle qui se précipite dans les filets des piégeurs tandis que son épouse garde les chevaux. Le biais de l’étude s’agrandit. Madame n’est pas dans le musée parce que monsieur est monté au front. La surreprésentation masculine sur les monuments aux morts des humains sera abordée ultérieurement.

À lire aussi

Les douces sanctions des fonctionnaires fraudeurs de Bercy

Le Canard enchaîné, qui aime à barboter sur les eaux de la Seine, s’en est allé, cet…