Jordan Bardella déchu de son appartenance municipale par Bally Bagayoko ?

Au nom de quoi le président du RN ne devrait-il plus être reconnu comme un enfant de Saint-Denis ?
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C’est une petite phrase qui risque de faire parler. Ce mercredi matin, le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, était de passage sur l’antenne de RTL. L’occasion, pour lui, de développer sa pensée d’extrême gauche, de se dire victime de « racisme » et de défendre le peuple palestinien. Mais ses propos les plus éclairants ont été prononcés en toute fin d’interview, alors que l’édile avait déjà remisé ses éléments de langage. « C’est un enfant de chez vous, à Saint-Denis, Jordan Bardella ! », l’a interpellé Thomas Sotto, sur le point de rendre l’antenne. L’invité a alors accusé un léger temps de flottement avant de répondre : « Oui… il se dit de Gabriel-Péri, mais nous ne reconnaissons pas Jordan Bardella comme étant dionysien. » Tout sourire, le journaliste a souligné un propos « un peu clivant, quand même », avant de remercier chaleureusement l’élu LFI…

Cette exclusion symbolique n’a pas tardé à faire réagir, sur les réseaux sociaux. « Ça en dit long sur la nouvelle France qu'on nous vend. Le "vivre ensemble" va en prendre un coup », a déploré un internaute. « On est donc libre de reconnaître ou pas qui on veut ? Par exemple, de ne pas reconnaître Bally Bagayoko comme Français ? », a interrogé un autre. Figure de CNews, le sociologue Mathieu Bock-Côté s’est également étonné de cette tirade : « On peut ainsi déchoir de sa "nationalité municipale" Jordan Bardella, à cause de ses idées ? »

Le Grand Remplacement des valeurs

Au nom de quel principe Jordan Bardella ne devrait-il plus être reconnu comme un enfant de Saint-Denis ? On croyait que la gauche défendait le droit du sol. Le leader de la droite nationale est né dans le 93, pourtant… contrairement à Monsieur Bagayoko, né dans la banlieue cossue de Levallois-Perret. Il faut croire que certaines idées politiques valent aujourd’hui d’être effacées des registres de l’état civil. À moins que Jordan Bardella ne soit pas un bon représentant de la « nouvelle France » vantée par LFI ? Peut-être n’est-il pas issu des bonnes vagues migratoires, celles censées régénérer la France des « rois morts » ? Allez savoir.

Des Français symboliquement chassés de chez eux, des étrangers à qui l’on distribue notre nationalité à tour de bras. De plus en plus, nous assistons à une inversion des valeurs et des droits. Ce Grand Remplacement administratif et culturel est impulsé par une grande alliance allant de l’extrême gauche à l’extrême centre. La semaine dernière, encore, on découvrait avec stupéfaction la position du ministre de l’Intérieur, selon lequel ceux qui mettent en doute la compatibilité de l'islam avec la République doivent être considérés comme des « ennemis de la France ». Laurent Nuñez suggère-t-il de déchoir Éric Zemmour et tant d’autres de leur nationalité française ?

Saint-Denis, laboratoire d’une autre « France »

Cette nouvelle polémique lancée par Bally Bagayoko illustre le basculement en cours dans certaines banlieues. À Saint-Denis, les fonctionnaires devront désormais prêter « allégeance » au maire sous peine d’être mis sur la touche. Mais les administrés doivent manifestement, eux aussi, montrer patte blanche, sans quoi leur origine géographique pourra leur être contestée. Pendant ce temps, les squatteurs et mauvais payeurs de Saint-Denis sont choyés : dès son élection, Monsieur Bagayoko a pris un arrêté interdisant les expulsions locatives en l’absence d’autre solution de relogement. La mesure a été suspendue par le tribunal administratif, mais nul doute que l’élu d’extrême gauche n’a pas encore dit son dernier mot sur le sujet.

Précédemment, d'autres communes d'Île-de-France comme Bagneux et Gennevilliers avaient pris des arrêtés similaires, tous suspendus par la justice administrative. Mais en dépit de ces blocages, la « nouvelle France » se sent suffisamment forte pour faire ses petites expériences ou défier les lois de notre pays. Et contrairement à ce qui avait été annoncé, « l’inclusion » et le « vivre ensemble » ne semblent pas régner, dans ces localités : certaines populations y sont promues, tandis que d’autres ne sont plus les bienvenues.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

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