J.D. Vance rappelle « la tradition millénaire de la théorie de la guerre juste »

Loin du style Trump, le vice-président répond au pape sur un ton respectueux.
Capture d’écran © Youtube Turning Point USA
Capture d’écran © Youtube Turning Point USA

Dans un contexte international où les États-Unis font l’objet de vives critiques et où certains propos de Donald Trump sont source d’incompréhension et de polémique, le vice-président J.D. Vance a mis les choses au point en contrecarrant, respectueusement, la parole papale.

C’était ce 14 avril dans le cadre d’un événement « Turning Point », cette organisation dont Charlie Kirk était l’un des fondateurs et qui a pour vocation de former, par le débat, les étudiants aux questions politiques et sociétales. L’événement s’est déroulé à l’université de Géorgie. Vance a abordé beaucoup de questions, par exemple l’immigration. « J’ai été consterné, a-t-il dit, de voir certains membres du clergé catholique s’en prendre sans pitié à l’administration Trump sur la question de l’immigration… » Le vice-président ne voit pas en quoi ce serait défendre l’humanité que de « permettre à des trafiquants de drogue et à des trafiquants sexuels de faire passer de jeunes enfants à travers la frontière sud ». Sur X, Christopher Hale, écrivain qui ne cache pas son engagement démocrate, a commenté par ces mots : « JD Vance est en guerre ouverte avec le pape Léon XIV et l'Église catholique. »

La guerre juste, un concept archaïque ?

En guerre ouverte ? L'appréciation est caricaturale, alors que Vance ne faisait qu’exprimer, sans véhémence, un désaccord. Du même ton ferme mais paisible, il a rebondi sur les déclarations du pape qui ont provoqué l’ire de Trump. « Qui est disciple du Christ, prince de la paix, avait déclaré Léon XIV, ne se range jamais du côté de celui qui, hier, brandissait l’épée et aujourd’hui lance des bombes. » Réponse du vice-président : « Quand le pape affirme que Dieu n’est jamais du côté de ceux qui prennent l’épée, il faut rappeler la tradition millénaire de la théorie de la guerre juste au sein du christianisme. »

Une théorie née avec saint Augustin, reprise par saint Thomas d’Aquin mais que le Saint-Siège, depuis le pape François, tend à réviser. Pour la bonne cause ? À voir. En 2016, « plus de 90 experts engagés dans la lutte globale non violente s’étaient rassemblés au Vatican pour développer un nouveau cadre moral rejetant toute justification éthique de la guerre », explique Vatican News. Cette idée de « lutte globale non violente » paraît doublement piégée. Et parce que le mot « global » renvoie à une mondialisation destructrice des identités, et parce que le pacifisme n’est pas nécessairement catholique…

La vertu de prudence

Même les candidates à Miss France le savent : la guerre, ce n’est pas bien. Cette plate appréciation ne saurait ni nourrir une réflexion ni guider une pratique. « Dieu était-il du côté des Américains qui ont libéré la France des nazis ? », s'est demandé J.D. Vance. « Dieu était-il du côté des Américains qui ont libéré les camps de l’Holocauste et libéré ces innocents qui avaient survécu à l’Holocauste ? » « Je pense assurément que la réponse est oui », assure le vice-président. J.D. Vance a rappelé, pour chacun, l’utilité d’une des vertus cardinales. « De même que je dois être prudent lorsque je m’exprime sur les politiques publiques en tant que vice-président, le pape devrait l’être tout autant lorsqu’il aborde la théologie. » Implicitement, la leçon vaut aussi pour Donald Trump.

Mais le président américain est tout sauf prudent. L’outrecuidance est sa marque de fabrique. Il a adopté les codes provocateurs du catch, ce qu’il faut toujours avoir à l’esprit lorsqu’il profère une énormité. Il est sur un ring alors que ses homologues jouent une partie de ping-pong. À Trump l’esbrouffe, à J.D. Vance la finesse. La prudence. Le vice-président publiera, mi-juin, un nouveau livre : Communion : retrouver le chemin de la foi, dont l’éditeur, Harper, explique qu’il s’agit d’« une exploration spirituelle de ce que signifie être chrétien à travers toutes les étapes de la vie de J.D. Vance » — mandat politique compris. Sa foi catholique donne à J.D. Vance une légitimité supplémentaire de discuter filialement avec le pape.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

36 commentaires

  1. OUI en théorie il y a des guerres justes…celles d empêcher les génocides ainsi que les bombardements sur des civils très volontairement. Leon XIV serait peut-être d accord.

  2. C’est facile de réclamer la paix mais quand quelqu’un se prépare à la guerre, le laisser faire est stupide.

Commentaires fermés.

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