Malgré l’épidémie et la crise économique engendrée, l’Union européenne renforce l’accord commercial avec le Mexique prévoyant l’ouverture réciproque des marchés publics.

Réaction du député européen Jérôme Rivière au micro de Boulevard Voltaire.

 

L’épidémie de Covid-19 et la crise qui en a résulté ont été l’occasion pour de nombreux médias, intellectuels et spécialistes, de défendre le principe du localisme, qui promeut la consommation de produits locaux plutôt que de produits importés. Or, l’Union européenne en a profité pour renouveler et élargir l’accord de libre échange qui existait entre Bruxelles et Mexico depuis l’an 2000. Pourquoi ?

La crise du Covid-19 montre que la politique de libre-échange mondialiste dans laquelle s’était engagée l’Union européenne nous a conduits à des dépenses terribles, notamment en matière sanitaire. C’est tout ce que le Rassemblement National prône depuis des années, c’est-à-dire une consommation locale, au plus proche du producteur, pour préserver notre souveraineté dans des domaines stratégiques. On pense bien sûr à la défense, mais il y a aussi la santé.
Et pourtant, en pleine crise, l’Union européenne continue, comme un ayatollah du libre-échange, d’appliquer sa doctrine. Cette doctrine qui promeut la circulation de moyens financiers toujours plus fluides, exposant nos emplois et notre sécurité. Cet accord du libre-échange avec le Mexique en est symptomatique. Rien ne vient justifier aujourd’hui d’ouvrir encore plus librement nos frontières avec ce pays ! Alors que nous espérons tous le relèvement d’un certain nombre de tarifs et de droits de douane, afin de créer un intérêt à produire en France et dans les différents pays de l’Union européenne, cet accord vient supprimer les dernières barrières douanières. Il expose l’industrie française, notamment l’agriculture, à une compétition déloyale. Cela illustre le fait que la souveraineté – Emmanuel Macron parle de souveraineté européenne, ce qui ne veut rien dire – est totalement absente, puisque l’Union européenne abaisse ses frontières dès que cela est possible, et s’expose à tous les vents.

D’un point de vue comptable, cet accord est plutôt en faveur de l’Union européenne puisque nous exportons au Mexique dix fois plus que ce que nous importons. Nous sommes donc gagnants…

La vie n’est pas purement comptable. Sur ce plan-là, il est souvent plus intéressant de produire des médicaments à bas coût en Chine et de les payer moins cher. La réalité, c’est qu’au moment d’une crise, on se rend compte que ces médicaments n’arrivent plus, ou dans des conditions qui ne nous conviennent pas. Nous sommes alors tributaires d’un autre pays. Aujourd’hui, se mettre dans la situation de dépendre d’autres pays n’est pas une bonne chose.
Lorsque vous nous dites qu’on exporte plus qu’on importe, je vous rappelle que le marché de l’Union européenne, c’est 450 millions de consommateurs. Celui du Mexique est inférieur d’un quart, c’est donc un énorme marché qui s’ouvre à leurs produits. Produits qui vont par conséquent venir massivement, aidés par des barrières douanières qui s’effondrent. Je pense en particulier au secteur de l’agriculture, puisque du bœuf et du veau vont arriver alors qu’ils ne sont pas élevés selon les normes qui sont appliquées à l’élevage français. C’est toujours la même histoire, l’Union européenne trouvera toujours un moyen de présenter les projets qu’elle défend. Ce sont des projets sans frontières mais qu’on présente comme comptablement intéressants. La réalité, c’est que nous avons aujourd’hui besoin de continuer à produire au plus proche de chez nous, de renforcer des secteurs entiers qui ont été démantelés par cette politique de l’Union européenne, et s’il y a bien une crise qui a démontré cette utilité, c’est celle du Covid-19.

La communication des institutions européennes est pour le moins étrange. Au début de l’épidémie, Ursula Van der Leyen expliquait comment se laver les mains tout en se réjouissant de la reprise des négociations concernant l’adhésion de la Macédoine du nord et de l’Albanie à l’Union européenne. On a l’impression que ces institutions sont très loin du peuple et totalement déconnectées de la réalité.

Ce sont des idéologues qui conduisent un projet. Leur projet consiste à faire en sorte qu’il n’y ait plus de barrières d’aucune sorte, parce que le libre-échange est pour eux la meilleure façon de faire prospérer des institutions financières gigantesques. Celles-ci exploitent de façon la plus efficace possible le travail des uns et des autres. Or les frontières constituent des barrières qui permettent de protéger un mode de vie. En France, on a vu qu’on souhaitait protéger un mode de vie qui nous permette notamment d’assurer notre sécurité sanitaire. Or, ce mode de vie est mis en cause par l’abaissement des barrières. Madame Van der Leyen, comme les autres membres des institutions européennes, lisent les sondages. Ils y voient qu’il faut s’exprimer sur la souveraineté, que c’est un mot qui fait plaisir au peuple, donc ils l’utilisent ! Ils l’agitent comme un yoyo devant les télévisions – c’est ce qu’a fait Emmanuel Macron -, mais ils veulent en fait continuer sur ce projet suicidaire qui est un projet d’abandon de toute souveraineté, parce que c’est la recherche du profit maximum, pour des institutions financières qui n’ont plus rien de commun avec le capitalisme.
Je crois que si ces gens accélèrent les processus d’adhésion, c’est parce qu’ils sentent bien que le monde qu’ils essayaient de construire, qui est abominable, que nous au Rassemblement National nous récusons, ce monde est mis en difficulté par la crise du Covid-19. Les solutions que nous proposons sont mises en œuvre aux Etats-Unis, en Russie et dans de très nombreux pays. Vous voyez même qu’en Italie, même les dirigeants européistes sont obligés de se rendre compte que l’Union européenne, par son manque de solidarité et sa vision uniquement financière, les a isolés. L’Italie se rend compte que l’Union européenne est un monstre à l’intérieur duquel il n’y a plus aucune solidarité.
Lorsqu’ils parlent de souveraineté, c’est du discours. Ursula Van der Leyen vient à la télévision utiliser des mots qui pourraient faire plaisir aux citoyens, mais en réalité le projet avance en cachette. En cachette parce que personne n’a été informé, les parlementaires ne reçoivent rien, le Parlement européen ne sert plus à grand-chose si ce n’est à être une chambre d’enregistrement des décisions de la Commission. Leur projet continue donc puisque nous aurons en mai le lancement de l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord alors qu’Emmanuel Macron y avait opposé son véto juste avant les élections municipales. C’était encore une posture. Ils continueront leur projet, envers et contre tout, mais surtout contre les peuples.

 

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