Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 3 juin 2019

Jean Messiha : « La ligne “catholico-conservatrice” est déjà au Rassemblement national »

Jean Messiha réagit après, d’une part, le long entretien accordé à LCI par Marion Maréchal et, d’autre part, la démission, en direct sur TF1, de Laurent Wauquiez de la présidence des LR.

Hier soir, Marion Maréchal a signé, par son intervention, son retour en politique. Comment avez-vous trouvé la nièce de Marine Le Pen ?

Je ne crois pas que ce soit un véritable retour en politique. Elle n’est, à mon sens, pas intervenue dans la politique active au sens de l’arène politique mais en tant qu’analyste politique d’une situation qu’elle observe. Elle reste une citoyenne engagée qui s’intéresse au devenir de son pays. Elle a commenté et analysé le devenir de la scène politique française et des droites, ainsi que l’évolution de l’électorat un peu perdu par la recomposition de la scène politique française.

Laurent Wauquiez a démissionné, hier, en direct du 20 heures. Cette démission marque-t-elle la fin des Républicains ?

Ce n’est pas vraiment un problème de personne. Que ce soit Laurent Wauquiez ou quelqu’un d’autre, cela ne change pas grand-chose. C’est un problème de ligne politique. On voit bien que la ligne politique, qu’a essayé d’imprégner Laurent Wauquiez, ne tient pas. Elle est prise en étau entre La République en marche, qui a drainé tout l’ancien l’électorat centriste ou centre droit incarné par l’UDF, et le Rassemblement national, qui a drainé tout l’électorat souverainiste, national et patriote incarné pas le RPR.
La fameuse alliance d’autrefois, qui s’appelle RPR, UDF, a fini par devenir l’UMP. Elle est totalement pulvérisée et atomisée par le phénomène Macron et La République en marche qui transperce l’alliance au milieu. Elle oblige les uns et les autres à choisir leur ligne politique.
Je ne crois pas que le départ de Laurent Wauquiez règle quoi que ce soit.
Compte tenu de la recomposition de la scène politique française, il n’y a pas de place pour une ligne identifiée LR. La ligne incarnée par Bellamy pendant la campagne était une ligne catholico-conservatrice. En réalité, elle est déjà au Rassemblement national depuis maintenant deux ans. Nous insistons sur les racines chrétiennes de la France et sur les enjeux civilisationnels.
La ligne du Rassemblement national est une ligne englobant à la fois les questions d’identité et de civilisation et les questions de souveraineté, de social, etc.
L’électorat républicain doit faire son choix. Ce n’est certainement pas en courant après le centre, comme le font certains dirigeants européens, qu’ils rétabliront un nouveau courant Les Républicains. Le centre est chez Macron. Aujourd’hui, le choix est clair pour les électeurs des Républicains comme pour les dirigeants. Soit ils vont chez Macron, soit ils viennent au Rassemblement national. Mais il n’y a pas de place au milieu.

Pensez-vous que cette coalition des droites demandée par Marion Maréchal se fera dans le cadre du Rassemblement national ?

C’est une question d’arithmétique électorale. Le mot n’est pas très beau et ce n’est pas de la grandeur politique que de l’énoncer. Une politique se mesure au rapport de force.
Aujourd’hui, au stade où nous en sommes, le Rassemblement national est la composante la plus importante de la sphère patriote et nationale. Je ne vois pas comment on pourrait parler d’une alliance de tous les souverainistes et de tous les patriotes de quelque bord qu’ils soient en oubliant la composante principale et majoritaire du Rassemblement national.
Il y aura, probablement, une vaste alliance qui ne pourra pas se faire en dehors du Rassemblement national. Elle devra se faire avec lui. Le Rassemblement national appelle tous les électeurs des Républicains, tous les patriotes et tous les nationaux qui ont à cœur l’intérêt et la survie de la France à se joindre à nous pour construire ce grand courant patriotique. Cela peut prendre plusieurs formes sans pour autant fusionner. Il peut prendre la forme d’un accord de gouvernement, comme cela s’est passé dans d’autres pays européens.
L’heure est trop grave pour des calculs politiciens. Il faut travailler sur le fond pour qu’en 2022, on puisse espérer une victoire et arrêter ce processus d’assassinat de la France qui est en cours depuis plusieurs années.

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