Décidément, Marlène Schiappa n’en manque pas une. C’est même devenu chez elle comme une marque de fabrique. Et c’est aussi pourquoi on ne peut s’empêcher de ne pas tout à fait la détester, surtout à l’approche de ces fêtes de Noël où il convient d’être « bienveillant », pour reprendre la novlangue médiatique.

Dans un entretien accordé au Point, ce 14 décembre dernier, elle relève ainsi ses jupons à propos de la laïcité, n’hésitant pas à prendre certains de ses amis de gauche à contre-pied : « J’ai du mal à garder mon calme quand je vois des “tenants” d’une laïcité soi-disant “apaisée” expliquer que “laïcistes” et “islamistes” seraient la même chose. » On objectera que c’est la même qui, dans un autre entretien paru dans Valeurs actuelles, soulignait « la convergence idéologique entre La Manif pour tous et le terrorisme islamiste ». Comme quoi, souvent, femme varie…

Pourtant, au contraire d’une Alice Coffin, suffragette façon régime à la biscotte sans sel, Marlène Schiappa assume pleinement sa condition de femme ; femme plaisant aux hommes et qui le sait, même si femme plaisant de moins en moins aux féministes, ce dont elle se moque, à en croire l’intitulé de son blog, créé en 2008 : « Maman travaille ». Son est alors fortement sexué et hétéro-normé, s’agissant, au final, de seulement rappeler au père qu’il peut aussi aider la mère pour s’occuper des enfants et autres tâches ancillaires. Bref, à signifier que passer un coup d’aspirateur et changer les couches n’a jamais tué personne ; ce que même les mecs à l’ancienne ne sauraient contester.

Et Marlène Schiappa de poursuivre : « Ces idéologies d’extrême gauche procèdent d’une inversion des valeurs et essaient de faire passer pour des révolutionnaires des gens qui défendent des coutumes moyenâgeuses. » On passera sur cette stigmatisation d’une époque médiévale autrement moins obscurantiste qu’elle ne le croit ; tout comme on lui pardonnera ce PCF qui, à l’en croire, « défendait la raison et la liberté religieuse » dès 1905, alors que ce mouvement ne fut fondé qu’en 1920. Peu importe, finalement, Marlène Schiappa, toute à son enthousiasme, se laissant ici seulement emporter par une sorte de virile colère.

Laquelle s’exerce, d’ailleurs, plus du côté de la gauche de la gauche que de la droite et de ses épigones ; ce qui ne manque pas de sel, la famille de la pétulante ministre déléguée chargée de la Citoyenneté ayant été trotskiste lambertiste de stricte observance. D’où les piques lancées aux frères ennemis du Nouveau Parti anticapitaliste, qui « se présentent comme des défenseurs des immigrés et qui se disent prêts à renoncer aux droits des femmes immigrées. […] On estime à 200.000 le nombre de femmes mariées de force en France, 120.000 excisées, c’est colossal ! » Même au Rassemblement national, on n’oserait avancer de tels chiffres…

associatif n’est guère plus épargné par une Marlène Schiappa décidément très énervée : « Les associations laïques connaissent le même phénomène démographique que les associations féministes ou les loges maçonniques, sauf que l’on voit, depuis cinq ans environ, l’extrême gauche se réapproprier des combats féministes avec un prisme intersectionnel qui n’œuvre pas toujours dans le sens du progrès. » Et voilà qu’elle convoque les francs-maçons à son grand banquet avec, en guise de fromage et dessert, des considérations de pression démographique et migratoire qu’on croyait réservées aux seuls Le Pen père et fille.

À l’écouter, tout foutrait donc le camp ; même la gauche et… surtout la gauche : « Elle est devenue bobo, écoute France Inter, comme moi, théorise beaucoup, mais a perdu pied avec la réalité. »

Marlène Schiappa qui retrouve ses esprits ? C’est aussi cela, la magie de Noël !

14 décembre 2020

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