En début de semaine, Trump a annoncé une suspension temporaire de l’immigration, pour protéger les emplois des américains, alors que 22 millions d’entre eux ont perdu leur travail en un mois. Voila une mesure claire, ferme, et l’on peut compter sur lui pour l’appliquer avec opiniâtreté. En , les médias semblent se demander pourquoi une telle mesure, alors que les États-Unis sont en pleine pandémie et que les flux migratoires ne sont pas forcément intenses en ce moment précis. Et de pointer, comme toujours, le prétendu populisme compulsif et pulsionnel du président Américain, sa démagogie préélectorale.

C’est tout le contraire, en réalité : Trump démontre ainsi qu’il anticipe les problèmes quand, en Europe, on agit toujours en retard, on attend que le problème s’enkyste avant de le traiter. Voire on le nie : en Italie, le gouvernement Conte parle de régulariser 600.000 migrants irréguliers (selon le Corriere della Sera) : l’Italie n’a-t-elle pas déjà suffisamment de problèmes pour faire dans l’humanitaire et risquer d’ouvrir un nouvel appel d’air ? Macron s’est, lui, hier, entretenu par visioconférence avec le pape François : le sort des migrants était l’un des thèmes majeurs de la conversation. Au niveau de la Commission, personne ne parle plus d’immigration : seuls le virus et la crise économique sont à l’ordre du jour. On gère le quotidien, le nez dans le guidon, on ne relève pas le regard pour voir le futur proche.

Or, l’immigration va très probablement exploser dans les mois à venir, à un niveau que l’on n’aura probablement jamais vu dans l’Histoire, crise migratoire de 2015 incluse. Pourquoi ? Les cours du pétrole sont incroyablement bas, jusqu’à en devenir négatifs. Les opérateurs préfèrent s’en débarrasser en payant plutôt que de subir les frais de stockage, alors que la demande va rester atone durant des mois : l’activité économique et l’industrie mondiale ne retrouveront pas demain leur niveau d’hier. De quoi vont vivre l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, l’, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Nigeria, le Mexique, le Venezuela ? Mais le pétrole n’est pas la seule source de revenu des pays du Sud à dégringoler : le zinc a perdu 35 % de sa valeur en un an, l’étain 28 %, l’aluminium 21 %, le cuivre 90 % ! Idem pour les produits agricoles : coton -28 %, caoutchouc -18 %, huile de soja -11 % (Les Échos). C’est l’ensemble des revenus de nombreux pays du tiers-monde, dont les ressources sont souvent mono-produits, qui s’effondrent. Nous aussi, me direz vous, nos économies s’effondrent. Sauf qu’il nous reste encore à peu près de quoi manger, quand ces pays seront bientôt plongés dans une misère noire.

Des centaines de millions de jeunes Latinos, Arabes ou Noirs africains, jeunes et vigoureux, vont se retrouver sans aucune ressource. Ils afflueront tous vers l’Europe et les États-Unis. L’Europe sera d’ailleurs plus touchée : ses frontières sont plus ardues à contrôler et l’on sait qu’ Erdoğan attend son heure pour lancer sur le Vieux Continent les millions de migrants dont l’ et Mme Merkel lui ont confié la garde, moyennant finance : les services grecs ont déjà repéré des déplacements suspects et massifs de populations en depuis l’intérieur des terres vers les côtes… Quand la marée humaine abordera nos côtes, les Macron, Merkel, Conte, von der Leyen, Lagarde, nos médias, resteront une fois de plus bouche bée devant une crise prévisible, mais qu’il n’auront pas vu venir… Et je suis sûr qu’on traitera Trump de fou pour de nouveaux problèmes qu’il aura prévus, lui, mais qu’on trouvera farfelus en Europe, tout simplement parce qu’on ne l’aura pas anticipé…

À lire aussi

Sainte-Sophie : islamisation et ottomanisation forcée par Erdoğan

Erdoğan ne cache plus les ambitions qu'il nourrit pour son pays, à savoir restaurer l'Empi…