Illisibles et discutables, les subventions publiques analysées dans un rapport accablant

Génération libre pointe des millions d’euros distribués en fragments, au risque de brouiller le contrôle des dépenses.
Pexels.
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« Où va l’argent public ? » C’est la question que beaucoup se posent mais qui reste bien souvent sans réponse, tant il est difficile d’y voir clair dans les finances des collectivités. Le think tank « GénérationLibre » s’y est pourtant attelé pour les contribuables curieux de savoir où partent leurs impôts.

Des dépenses qui échappent aux citoyens

Plus précisément, l’organisme, qui affirme mettre « le combat d’idées au service de toutes les libertés » sur des thématiques aussi diverses que l’éducation, la fin de vie, les politiques sociales ou les réformes de l’État, a planché sur les subventions publiques accordées aux associations. Une niche aussi vaste que complexe, pour qui s’aventure dans les fiches budgétaires des collectivités.

« Une part croissante de la dépense publique échappe à l’évaluation et au contrôle démocratique. » C’est à partir de ce constat qu’Édouard Hesse, chercheur associé à GénérationLibre, a rédigé Le Grand Gaspillage, une analyse minutieuse des subventions municipales à Paris, Lyon et Marseille.

Si le chercheur s’est cantonné à ces trois grandes métropoles, c’est qu’il y avait matière à faire. À elles trois, ces municipalités ne déboursent pas moins de 473 millions d’euros destinés, chaque année, à des structures extérieures aux administrations.

Un défaut de lisibilité

Et il n’est pas toujours évident de savoir où partent ces deniers publics. Ces données, en plus d’être souvent illisibles pour le commun des mortels, tant les chiffres se chevauchent et s’entrecroisent, sont aussi très souvent difficiles à trouver. Le fichier open data de Paris est, par exemple, alimenté par séries successives, avec un décalage parfois important entre le vote en conseil municipal et leur publication. Même chose à Lyon, où le rapport s’appuie sur les chiffres de 2024, ceux de 2025 n’étant pas encore disponibles au moment de sa rédaction, malgré l’obligation légale de transparence.

Pas de quoi décourager l’auteur du rapport qui, malgré ce maquis budgétaire, a pu mettre en lumière certaines situations qui interpellent. Car une fois ces données rassemblées, encore faut-il les lire. Et, à ce jeu-là, certains cas ont de quoi surprendre. À Paris, une même association peut ainsi cumuler plusieurs subventions, attribuées par différentes directions, pour des projets distincts. L’une d’elles, L'Intestine, en reçoit neuf, pour un total de 31.600 euros. Les financements se répartissent entre plusieurs services municipaux et correspondent à des initiatives aux intitulés variés comme « Gestes pérennes : des danses pour une hospitalité manifeste » ou « Vivre les espaces publics et sociaux depuis la danse ».

Un autre exemple, celui d’une association tournée vers le football citoyen, Tatane, qui perçoit plus de 60.000 euros, ventilés en une quinzaine de lignes de subventions. Là encore, les aides proviennent de plusieurs directions. Difficile, dans ces conditions, d’avoir une vision d’ensemble immédiate.

Ce mode de financement revient d’un dossier à l’autre, au point de donner le sentiment d’un empilement de subventions, distribuées par fragments. « On donne un peu à tout le monde, souvent à plusieurs reprises », pointe le rapport. À mesure que les lignes se multiplient, la lecture se complique et le suivi devient plus incertain.

Des attributions discutables

Mais au-delà des distributions difficiles à déchiffrer, il y a celles qu’on pourrait contester. Le cas le plus frappant, ici, reste peut-être celui de l’Association internationale des maires francophones. À elle seule, cette structure perçoit près de 1,5 million d’euros de la ville de Paris. Créée en 1979, elle est aujourd’hui présidée par Anne Hidalgo. Autrement dit, le maire de Paris se trouve dans une position singulière, puisque c’est la ville qu’elle dirige qui attribue la subvention à une association dont elle assure elle-même la présidence.

Avec un lourd budget, en partie financé par les contributions des villes membres, cette organisation fonctionne donc aussi grâce à l’argent public parisien. Le rapport y voit un exemple de « circularité financière » avec des fonds publics qui alimentent une structure extérieure, tout en participant au rayonnement institutionnel de ceux qui la dirigent. Complexe et discutable.

Pour couronner ce tableau général, le coût des nombreuses subventions dédiées à la culture : 185 millions d’euros à Paris, Marseille et Lyon. Soit plus d’un quart du budget alloué aux associations. De quoi illustrer le constat de l’auteur : « Trois villes, trois budgets, et un même constat : l’addiction à la dépense publique. »

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/03/2026 à 10:52.

Vos commentaires

40 commentaires

  1. tout cet argent dépensé sans controle véritable ne sert qu’a nourrir des tas de fainéants qui ne sauront jamais capables de travailler pour produire,ça vit sur le dos de ceux qui travaillent et le pire c’set que nous payons ces associations pour nous faire envahir par de gens qui jamais ne viendront en aide a la France et aux Français

  2. je crois que c’est Sarah Knafo qui avait fait ce travail pour paris
    quand je lis ça, je me demande combien de copains la gauche a mis dans tous ces machins
    et vu l’ampleur……..est-ce que ça n’expliquerait pas, en partie, la diminution du chomage de macron ?
    ces assocs, toutes gauchos…….c’est exactement le noyautage….pour s’assurer une installation pérenne dans les municipalités de gauche
    les deniers publics ne sont pas à diposition des élus : aucune subvention à qui que ce soit ne doit exister

  3. Vous voulez savoir où passe l’argent de votre ville, demandez à votre ami google assos dans telle ville, vous allez être surpris, le l’ai fait hier parce que je voulais savoir ce qu’était devenu une assos bidon dans laquelle un ami m’avais demandé d’aller faire une formation bénévolement ça s’entend, elle a un peu changé et prospéré maintenant elle doit avoir 4 ou 5 en satellites, ça ne sert à rien mais ça occupe des gens et les résultats par rapport aux dépenses engagées est nul mais ça fait 20 ans que ça dure et tout le monde se félicite de ces piètres résultats.

  4. Absolument vrais, les subventions publiques sont un scandale que souvent on en fait état mais qui perdure au détriment des Français et surtout au budget de la France.
    Voir même antifrançais notoires.

  5. La gauche est un plaie et le centre des soumis…un seul but pour eux nous détruire et embarquer la France dans ce désastre!

  6. Nous faisons mine de nous étonner de cette « distribution gratuite » des finances publiques, mais ce maquis ne l’est pas si on veut bien l’analyser sous l’angle du clientélisme. la mairie de Paris s’est fait le champion de cette générosité qui n’est souvent que la part active de son confort politique assuré. Ce que j’appellerais le subside boomerang. Témoignage personnel : durant le covid, cet appel téléphonique me proposant une aide pour ma bien modeste association culturelle de 1901, en sommeil depuis des lustres, et pour laquelle je n’ai jamais sollicité aucun sou. Il faut saluer en creux ce perfide travail de fond de la municipalité depuis un quart de siècle et comprendre comment un électorat captif se laisse tenter et corrompre.

    • Si ce n’était que dans les dirigeants mais dans la masse d’électeurs tout est clair ? Je vous laisse vos illusions !!

  7. « …pour les contribuables curieux de savoir où partent leurs impôts… » Et tout autant curieux également de savoir à quoi sont employés les centaines de milliards que l’état emprunte en leur nom chaque année. Et, pendant qu’on y est, ils ont aussi de plus en plus besoin qu’on leur explique pourquoi les services publics sont de moins en moins bien rendus alors que l’état engloutit toujours plus de cet argent qu’il leur prend et emprunte en leur nom. La France semble être devenue une gigantesque fête permanente de ce qu’en droit des sociétés on appelle l’abus de bien social. Et, comme ceux qui gagnent beaucoup et tout le temps à cette fête sont ceux qui l’organisent et ont le pouvoir de la maquiller en œuvre de bienfaisance, elle n’est pas prête de s’arrêter.

  8. Toutes ces associations qui se revendiquent à but non lucratif sont en réalité lucratives sans but autre que de permettre à des parasites à se faire des salaires sans se fatiguer. ils bénéficient de la garantie des fonctionnaires sans en avoir les contraintes. Le principe d’une association est de permettre à des personnes de s’associer pour réaliser une démarche bénévole. En conséquence les subventions devraient être interdites. seule la mise à disposition de locaux peut être envisagée.

  9. Où va l’argent public ? Pas aux bons endroits !
    Le conseil régional de Bretagne sponsorise SOS Méditerranée, où y a-t-il la Méditerranée sur les côtes bretonnes ? Pourquoi ne pouvons-nous pas nous y opposer ?
    Mme Morançais présidente de la région Pays de Loire prouve qu’on peut bien utiliser l’argent publics. Ils sont nombreux ceux qui devraient l’imiter.

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