Ils étaient reconnaissables à leur béret vert qu’ils portaient à gauche, d’un vert plus foncé que le vert Légion, en souvenir de leur origine au sein du 4e commando britannique, avec lequel les hommes du 1er bataillon de fusiliers marins, seul bataillon français du « D-Day », débarquèrent le 6 juin à Colleville-sur-Orne (Calvados), commune rebaptisée depuis Colleville-Montgomery, en l’honneur du général britannique du même nom.

Avec à leur tête le commandant Philippe Kieffer qui, comme l’aviateur Pierre Clostermann, proclamé « premier chasseur de France » par le général de Gaulle, était d’origine alsacienne. Chaque année, les fusiliers marins de Lorient viennent rendre aux 177 bérets verts du commando Kieffer qui avaient eu le privilège – fair-play britannique oblige – d’être les premiers à fouler le sol natal et, par là même, à payer un lourd tribut dans leurs rangs Seuls 24 d’entre eux en sont sortis indemnes. Mais le commandant Kieffer s’était attendu à pire : « Nous serons moins de dix à rentrer intacts », avait-il lancé à ses hommes à la veille du Débarquement.

Certains survivants du commando n’ont reçu la Légion d’honneur qu’en 2004, lors des cérémonies du 60e anniversaire, sur la plage de Ouistreham, alors que jusque-là, les bérets verts furent étrangement « oubliés », commémoration après commémoration…

Vexé de ne pas avoir été informé par Churchill de l’opération Overlord, le général snoba tout au long de sa présidence les cérémonies commémoratives du débarquement du 6 juin, oubliant ostensiblement l’engagement des hommes du commandant Kieffer. Il a fallu attendre Mitterrand pour qu’un Président français fasse le déplacement, et Chirac pour que les commandos survivants soient décorés de la Légion d’honneur…

Forces spéciales (avec John Wayne à l’écran…) aux States, les REP (régiments étrangers de parachutistes) prolongèrent la saga des hommes du commandant Kieffer à travers leur chef non moins charismatique, le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, qui, pour ne pas renier les engagements pris sur l’honneur en au nom de l’ française, s’associa au putsch des généraux. « On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer… », rappela-t-il à tous ceux qui, comme Massu, avaient fait opportunément le choix de… l’ algérienne.

Le béret vert, enfin, fut porté chez les raiders des Scouts de France jusqu’à leur funeste transformation en… chemises rouges des pionniers-rangers. En l’arborant, on s’engageait solennellement « à ce qu’il ne soit jamais porté par un lâche et à tout risquer pour ceux qui sont dans la détresse ».

6 juin 2019

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.