a annoncé son départ des . Nicolas Tardy-Joubert, conseiller régional d’Île-de-France, réagit au micro de Boulevard Voltaire.

Valérie Pécresse a annoncé qu’elle quittait le parti des Républicains.
Pour quelle raison démissionne-t-elle ?

D’abord, c’est un coup de tonnerre. Valérie Pécresse avait toujours dit qu’elle était très ancrée au sein des Républicains. Ensuite, c’est la confirmation d’une lente implosion des Républicains qui a démarré au lendemain du premier tour de la présidentielle quand les ténors des Républicains ont appelé massivement à voter . Depuis, on a constaté un certain nombre de choses, notamment le départ de certains ténors, Juppé, Bertrand pour arriver à ce score très faible de 8 %. Il est davantage le résultat d’un positionnement politique que l’action du pauvre François-Xavier Bellamy qui a fait une très belle campagne.

Ce départ intervient quelques jours après la démission de à la présidence des Républicains et l’intervention de .
Est-ce une réaction à la démission de Laurent Wauquiez ou à la défaite de François-Xavier Bellamy ?

Je pense que Valérie Pécresse est absolument hostile à une union de la dans la pure veine de la logique des Républicains. Il n’y a pas de réserve de voix à droite. Si elle veut regagner en puissance, il faut pouvoir s’accommoder des politiques qui sont déployées sur le centre gauche.
Toutes les personnes qu’elle a pu soutenir et qui ont aussi quitté les Républicains se sont rapprochées de la République .
La vie va à terme se structurer en trois pôles.
La gauche, l’extrême gauche et les ‘’ pastèque’’, vert dehors et rouge dedans.
Un grand centre libéral-libertaire qui déploie des politiques de type Soros.
Et une partie à droite qui défend vraiment la culture et la civilisation européenne, attachée à mettre l’homme au coeur des politiques.
Valérie Pécresse ne souhaitait pas d’alliance à droite. Elle doit donc se recentrer.
Voilà le résultat de cette longue décomposition des Républicains avec le départ de Valérie Pécresse.

Cette démission vous met dans une situation délicate. Vous êtes conseiller régional Ile-de-France et vous faites partie de la majorité de Valérie Pécresse, elle-même présidente présidente du Conseil régional Ile-de-France.
Ce départ va-t-il vous pousser à quitter la majorité du Conseil régional ?

J’ai été élu sur une liste du rassemblement avec l’étiquette du parti chrétien-démocrate. Nous avons été élus pour déployer un programme. En matière de transport et d’activités économiques, je dois dire que la trajectoire est bonne. J’ai eu l’occasion de louer ce bilan régulièrement. La position de Valérie Pécresse est une position de politique nationale. Il faut dissocier les deux.
Je fais partie du groupe Les Républicains et indépendants. Je me reconnais dans le terme indépendants.
Je ne sais pas très bien comment vont évoluer les choses, mais ce groupe peut très bien devenir Libres !, Républicains et indépendants.
Il me semble important de soutenir le plan de désendettement de la région et de garder ma liberté de parole. Je dois parfois prendre des positions très divergentes, notamment sur des sujets culturels, par exemple Solidays, ou sur des sujets sociétaux où je m’oppose au soutien massif pour les au sein de la région.
Il faut être très pragmatique et faire la part des choses. Tout est ouvert aujourd’hui.

Le départ de Valérie Pécresse ne va-t-il pas impacter la politique menée en Ile-de-France ?

Je ne pense pas. Valérie Pécresse sera attachée à respecter son programme. Elle le fait globalement bien sur tous les sujets coeur de région, coeur d’activité.
Je rappelle que 80 % de nos missions sont régaliennes de région. Et 20 % sont davantage à la carte. Là où il peut y avoir des changements, c’est au niveau des désaccords entre nous sur des sujets sociétaux. Cela ne changera pas la politique qu’elle a déjà déployée. Je l’ai constaté depuis trois ans et je l’ai dénoncé à nombreuses reprises. Je ne pense pas que ce changement de rattachement Républicains ou libre modifiera la politique de la région en profondeur. Les changements se feront plutôt sur une projection nationale avec un positionnement pour les prochaines présidentielles et la recherche d’alliés.

6 juin 2019

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