La politique, surtout quand se pratiquant à échelle planétaire, est évidemment l’un des meilleurs moyens de mener la guerre par d’autres… moyens, telle celle que se livrent aujourd’hui et USA. En matière de manipulations médiatiques, Washington a quelques longueurs d’avance et de nombreuses années d’expérience, alors que Pékin commence tout juste à débuter dans le métier. La preuve par Hong Kong.

Il faut donc avoir été trop longtemps confiné pour ne rien savoir des manifestations ayant récemment eu lieu en cette enclave, reliquat d’un Empire britannique ayant fomenté les guerres de l’opium en Chine, incendié le Palais d’été avec les troupes françaises en 1860, après avoir acheté de force cette presqu’île à Pékin, lors des accords de Nankin, en 1842, avant d’être restituée en 1997. Bref, l’Histoire reprend ses droits, après la parenthèse de la guerre froide.

Les médias occidentaux tiennent les manifestants en question pour des militants « pro-démocratie » alors qu’ils ne sont qu’opposants à Pékin, capitale qui vient de faire voter à Hong Kong, de manière plus ou moins coercitive, une « loi sur la sécurité nationale » visant à en finir avec le « terrorisme », la « subversion », la « collusion avec des forces extérieures et étrangères », sans oublier le pire crime qui soit : le « séparatisme ».

Ce dernier a d’ailleurs été mis au rang des « cinq poisons » menaçant l’unité chinoise – et, de fait, passible de la peine de mort – par le président Xi Jinping. Ce « séparatisme » ? Une hantise multimillénaire pour Pékin, hier avec les Mongols, désormais avec les Tibétains et les musulmans ouighours, plus que jamais avec Hong Kong ou Taïwan.

En effet, si « notre » vision du monde se résume à quatre points cardinaux que résument assez bien les affrontements Est-Ouest et Nord-Sud, les Chinois y ajoutent un cinquième, celui du centre : c’est-à-dire eux, l’empire du Milieu. Ignorer cela équivaut à ne rien comprendre aux actuels enjeux d’un océan Pacifique que les USA considèrent comme chasse gardée depuis la Seconde Guerre mondiale, tandis que la Chine y voit son prolongement maritime naturel.

D’où la guerre larvée entre ces deux puissances mondiales, l’une montante et l’autre descendante : les USA restreignent les visas des responsables chinois accusés de « remettre en cause » l’autonomie de Hong Kong, tandis que les mêmes responsables chinois rendent la pareille aux Américains coupables d’avoir critiqué la loi en question.

On notera que cette passe d’armes n’épargne pas l’Australie, pièce majeure de l’Occident en cette région du monde. Ainsi, un certain Drew Pavlou, étudiant à l’université du Queensland, à Brisbane, est-il en train d’être promu « héros » humaniste. Tout démarre par un sit-in de campus rassemblant une vingtaine de personnes, mais rapidement suivi d’une expédition punitive menée par une centaine d’étudiants chinois, lesquels représentent la moitié des étudiants étrangers de cette université et rapportent à cette dernière, droits d’inscription obligent, plus de 90 millions d’euros de budget annuel.

Sous la pression de Pékin, les autorités du Queensland renvoient le trublion. Lequel porte plainte tout en exigeant réintégration et dommages et intérêts se montant à 3,5 millions de dollars. Pour nos médias, c’est évidemment une belle histoire. Mais peut-être un peu trop belle…

Ainsi, Drew Pavlou, non content de vouloir venir à la rescousse de Hong Kong, se dit également favorable à l’indépendance du Tibet et au sécessionnisme ouïghour. Logique, à en lire Le Point de ce 29 juin dernier : « Drew a la tête dure, il le tient, dit-il, de son arrière-grand-père, un Chypriote “antifasciste”, “qui a combattu le nazisme”, et de ses grands-parents et parents, des “commerçants immigrés” qui ont débarqué “sans parler un mot d’anglais”, eux-mêmes “victimes du racisme”. »

La ficelle est grosse, mais depuis qu’une Greta Thunberg est tenue par les mêmes médias pour une scientifique experte en climatologie, plus rien ne saurait nous étonner en ce monde de faux-semblants.

30 juin 2020

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