[AU TRIBUNAL] Othman Garrido : le djihadiste « influençable » de l’État islamique
« Influençable », c’est ainsi qu’Othman Garrido se décrit lui-même à son enquêteur social, venu témoigner ce 14 septembre devant la cour d’assises spéciale de Paris. Le procès de ce djihadiste français de 32 ans s’y est ouvert lundi matin pour juger des faits d’assassinats et de meurtres en relation avec une entreprise terroriste, commis en 2015 sous le règne de l’État islamique dont Othman Garrido avait rejoint les rangs syriens entre 2012 et 2020. Boulevard Voltaire était présent.
Une enfance islamiste en « vase clos »
Un djihad qui aura duré huit années, jusqu’à son arrestation en Turquie et sa remise aux autorités françaises en 2020. Une période qu’il assure avoir vécue sous la « contrainte », du moins à en croire son récit livré lors de l’enquête de personnalité qui retrace le parcours de ce Montpelliérain soupçonné d’avoir participé à l’exécution de deux prisonniers iraniens et d’avoir lui-même décapité un troisième homme, non identifié.
C’est son père, un Franco-Espagnol converti, qui aurait décidé cet exil familial alors qu’Othman, tout juste âgé de 18 ans, assure s’être toujours senti éloigné de l’idéologie islamiste régnant à la maison depuis sa plus tendre enfance.
Né en 1994 à Montpellier, il grandit jusqu’en 2003 au Maroc, où il est élevé avec ses quatre frères et sœurs dans une éducation stricte. Un « choix idéologique » de la part de ce père, depuis longtemps acquis au djihadisme, qui aurait également refusé que son épouse marocaine demande la nationalité française. Pour préserver sa famille des « choses perverses » du monde extérieur, ce dernier aurait repoussé le plus longtemps possible la scolarisation de ses enfants, y compris après leur arrivée en France en 2003, à la suite de son implication dans l’attentat de Casablanca.
La première rentrée scolaire dont Othman Garrido dit se souvenir remonte à la classe de CM1, bien que l’établissement concerné n’ait gardé aucune trace de son passage. Les bulletins de 6e et de 5e, en revanche, décrivent un élève turbulent, « un peu filou », bavard et présentant des « difficultés scolaires majeures ». À l’enquêteur, Garrido explique qu’il est « très intelligent » mais que le contexte familial et l’absentéisme imposé par son père ont empêché tout parcours scolaire stable. Il abandonnera d’ailleurs définitivement ses études sans obtenir de diplôme.
Son père l’emploie en effet régulièrement sur les marchés où il travaille. C’est là que l’adolescent se met à fréquenter Ahmed E. M., à qui son père l’envoie pour « le remettre sur le droit chemin ». Othman rejette en effet cette éducation « en vase clos » qui pousse les membres de sa famille à vivre « reclus du monde » et dont les valeurs religieuses, estime-t-il, ont « impacté tout son parcours de vie ».
Auprès d’Ahmed E. M., il trouve pourtant une « deuxième figure paternelle ». Cet homme, qui partage la radicalité de son père, se montre plus doux et plus compréhensif à l’égard de la « différence » que revendique Othman. C’est lui qui l’introduit, à l’âge de 16 ans, dans des camps au Maroc, où l’adolescent passe deux mois au sein d’une « communauté religieuse entièrement radicalisée et coupée du monde ». Garrido y observe davantage les préceptes de sa religion, mais retrouve rapidement ses habitudes à son retour en France.
Pas pour longtemps, puisqu’en 2012, son père renvoie toute la famille au Maroc afin d’y organiser son départ pour la Syrie. C’est à partir de là qu’Othman Garrido mènera la vie de djihadiste au sein de l’État islamique, aux côtés de sa femme, épousée alors qu’elle avait 13 ans, et de leurs deux jeunes enfants.
Prouver l’emprise d’un milieu familial djihadiste
Une vie qu’il n’a pas véritablement choisie, tentera-t-il de prouver durant cette semaine d’audience, où il devra aussi démontrer qu’il n’est pas l’homme apparaissant sur une photographie, une tête décapitée à la main. C’est ce cliché qui est à l’origine de son renvoi devant le tribunal pour assassinat terroriste, tandis que d'autres photos, attestant de sa présence lors d’une exécution publique, le mettent en cause pour meurtres en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste.
Cette prise de recul qu’il affiche, et que les experts du quartier de prise en charge de la radicalisation (QPCR) de Condé-sur-Sarthe semblent estimer sincère, n’empêchera pas la cour de se pencher sur une éventuelle « dissimulation », dont la possibilité a été évoquée ce lundi par la présidente. En 2017, alors qu’il se trouvait encore en Syrie, Othman Garrido avait été condamné par la France à 15 ans de réclusion pour avoir rejoint les rangs de l’État islamique, participé à des combats sur place et exhorté les musulmans de France à commettre des actions violentes, des faits auxquels il devra de nouveau répondre le 22 septembre, dans un second dossier.
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23 commentaires
Un « petit ange », influencé par des vilains monsieurs, il a eu une enfance difficile, devenu un adolescent fragile pervertit par une société française dépravée, qui lit Boulevard Voltaire, écoute Europe 1, regarde C News et vote RN. Et maintenant on veut le punir pour avoir voulu suivre des préceptes marqués par la pureté, la vérité et la grandeur d’âme.
Ce fils est vraiment TRES influençable mais comme c’est vilain de taper sur un père qui ne vous veut que du bien. Je m’émerveille que des familles comme celle de cet assassin ait pu vivre en France. Et sans doute plus tranquillement qu’au Maroc. « France, mère des arts, des armes et des lois » selon Du Bellay. Aujourd’hui il ajouterait « et du laxisme ». Et quand je pense que nous allons le nourrir des années et qu’il pourrait bien avoir des visites de dames patronnesses LFI dans son affreux cachot…
J’vous jure m’sieur le juge c’est pas moi, c’est mon père le responsable ! Je n’ai fait qu’obéir aux bonnes paroles d’Allah.
La justice va t’elle encore se laisser influencer par des repentirs qui ne sont que foutaise ?
Pourquoi reprendre les mensonges des magistrouges. La perpétuité a été supprimée en France en même temps que la peine de mort. Parlons de 20 ou 25 ans de prison si tant est qu’il soit condamné.
On va faire quoi avec tous les volontaires Français qui sont allé tuer du Russe en Ukraine, je ne distingue pas de différence avec ceux qui sont allé rejoindre Daesch. Ce sont les chapeaux a plumes qui decident qui sont les gentils et qui sont les méchants…mais c’est beaucoup plus complique !!!!
Malgré le déplorable état de la justice, il faut reconnaître que face à ce genre de personnage il est nécessaire de garder son calme, malheureusement les clones se trouvent également dans toute la société, et sont probablement présents dans les salles d’audience, le ver est dans le fruit
La Turquie aurait dû le garder !
Bref, il a exécuté donc exécutons le !!!
Marre de cette justice qui ne sert plus à rien sauf pour le Grand Remplacement et desservir ses propres citoyens !!!!!!!!!!!!!!!!!!!