[HISTOIRE] 14 mai 1796 : Edward Jenner invente la vaccination

Avec cette découverte, Napoléon mena une vaste politique sanitaire, faisant reculer cette maladie meurtrière en France.
@Wikimedia commons
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Depuis plusieurs années, de nouvelles épidémies apparaissent régulièrement dans le monde, comme Ebola, le Covid-19 ou encore, plus récemment, l'hantavirus, cette maladie transmise par certains rongeurs et susceptible de provoquer de graves infections respiratoires. Pourtant, l’Histoire nous montre que l’humanité a toujours cherché des moyens de combattre ces maladies meurtrières. Parmi ces solutions figure l’une des plus grandes découvertes médicales de l’Histoire : la vaccination, née officiellement le 14 mai 1796 grâce aux travaux du remarquable médecin anglais Edward Jenner. En effet, son expérience ayant pour but de lutter contre la variole a bouleversé l’histoire de la médecine et sauvé un nombre incalculable de vies humaines.

Jenner, un médecin de campagne

Edward Jenner est né le 17 mai 1749 à Berkeley, dans le Gloucestershire, en Angleterre. Formé aux mystères du corps humain et passionné par les sciences naturelles, il devient rapidement médecin dans les campagnes anglaises, où les épidémies de variole font encore des ravages. En effet, au XVIIIe siècle, la variole est alors l’une des maladies les plus redoutées d’Europe. Très contagieuse, elle tue des centaines de milliers de personnes chaque année et laisse souvent les survivants défigurés. Les héritiers de Louis XIV en furent notamment victimes, puisque la maladie emporta plusieurs descendants du roi et ne laissa en vie que son arrière-petit-fils, Louis XV. Au XVIIIe siècle, environ un tiers des malades succombent encore à l’infection, surtout des enfants.

Néanmoins, avant Jenner, une méthode appelée variolisation existait déjà pour tenter de combattre la maladie. Elle consistait à inoculer volontairement la variole afin de provoquer une immunité chez le patient. Cette technique, importée d’Orient au début du XVIIIe siècle, demeurait dangereuse, car elle entraînait bien souvent la mort du patient. Malgré ces résultats incertains, Jenner poursuit ses recherches et observe un phénomène étonnant dans les campagnes anglaises. Les trayeuses de vaches atteintes de la vaccine, une maladie bénigne transmise par les bovins, semblaient protégées contre la variole humaine. Ce fait attire alors son attention et lui permet de comprendre peu à peu que cette maladie peu grave pourrait immuniser contre la variole mortelle.

La première vaccination

Le 14 mai 1796, Edward Jenner décide alors de réaliser une expérience décisive. Il prélève du pus sur les lésions de Sarah Nelmes, une trayeuse contaminée par la vaccine après avoir été infectée par sa vache nommée Blossom. Jenner inocule ensuite cette substance à James Phipps, un petit garçon de huit ans et fils de son jardinier. L’enfant développe alors une légère fièvre puis guérit rapidement. Quelques semaines plus tard, Jenner expose volontairement le garçon à la variole et, miracle, il ne tombe pas malade. Jenner vient alors de démontrer qu’une infection bénigne pouvait protéger durablement contre la variole.

Cette découverte marque la naissance officielle de la vaccination. Le mot vient du latin vacca, qui signifie « vache », en référence à la vaccine bovine utilisée par Jenner. En 1798, il publie ses résultats dans un ouvrage intitulé Enquête sur les causes et les effets de la vaccine variolique et, malgré les craintes et les critiques initiales, la méthode se diffuse rapidement en Europe, puis dans le reste du monde.

Napoléon et la variole

Lorsque la découverte de Jenner arrive en France, Napoléon Bonaparte comprend rapidement l’importance majeure de cette avancée médicale. Conscient des ravages causés par la variole au sein de la population, mais aussi dans les rangs de l’armée, il décide de soutenir activement la vaccination. En 1801, il autorise alors la création, à Paris, d’un « Hospice central de vaccination gratuite ». L’Empereur cherche ensuite à convaincre les soldats de la Grande Armée, encore très méfiants face à cette méthode « révolutionnaire ». Afin d’encourager la vaccination, Napoléon finance alors les centres spécialisés, fait former des médecins à cette pratique novatrice et rend la vaccination gratuite pour les enfants indigents. Soucieux de montrer l’exemple, il fait même vacciner son propre fils, le roi de Rome, le 11 mai 1811.

Les résultats de cette politique sanitaire furent alors considérables. Selon l'historien Thierry Lentz, à la fin de l’Empire, près d’un enfant sur deux aurait été vacciné en France. Alors que la variole représentait 5,4 % des décès au XVIIIe siècle, puis encore 4,8 % durant la Révolution, elle ne comptait plus que pour 1,8 % des morts à la chute de l’Empire. La lutte contre la variole constitue ainsi l’un des plus grands succès de la politique napoléonienne. La reconnaissance de Napoléon envers le travail de Jenner est telle qu’en 1805, lorsque le médecin anglais lui demande la libération de prisonniers britanniques, l’Empereur aurait accepté immédiatement en déclarant : « On ne peut rien refuser à Jenner. »

Une découverte qui changea l’histoire de l’humanité

Au XIXe siècle, la vaccination devient progressivement une pratique médicale reconnue et les travaux de Jenner ouvrent la voie aux découvertes d’autres grands scientifiques comme Louis Pasteur. En effet, ce dernier développera des vaccins contre la rage et le choléra des poules, élargissant le principe imaginé par Jenner à d’autres maladies infectieuses. Aujourd’hui, encore, Edward Jenner est considéré comme l’un des pères de l’immunologie moderne.

L’aboutissement le plus spectaculaire de cette histoire survient en 1979, lorsque l’Organisation mondiale de la santé annonce l’éradication officielle de la variole grâce aux campagnes mondiales de vaccination, faisant de cette maladie la première à être totalement éliminée par la science.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 14/05/2026 à 21:21.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Cet article est-il pour promouvoir les futures vaccinations contre tout et n’importe quoi?…Toutes les maladies « virales » ne sont PAS « vaccinables »…Laissons plutôt la parole aux vrais « connaissants » de ce sujet et non aux laboratoires pharmaceutiques…

    • Vous avez l’air irritée par la vaccination, et contente qu’il n’y ait pas de vaccin contre tous les virus. Les laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent les vaccins n’y connaissent rien et mr Mascureau, leur représentant ferait mieux de se taire? Aux oubliettes Mr Jenner et on verra si son vaccin le protège des rats?

      • Quand enfant, je fus vaccinée, je n’ai jamais eu ces terribles maladies, mais le covid, si justement et une forme grave, alors vous en pensez quoi ?

  2. Peut-être le moment de se remémorer Maurice Hilleman, « inventeur » de nombreux vaccins dont ceux contre la rougeole, les oreillons, l’hépatite A, l’hépatite B, la varicelle, la méningite, la pneumonie et plusieurs autres…

  3. Il y a un problème de dates car il semble que Louis XVI avait bénéficié de la vaccination antivariolique ce qui l’a protégé de la contagion de son grand-père Louis XV mort en 1774. Bien avant donc.

  4. A l’époque supère idée, aujourd’hui on en meurt car trop de produits injectés que nos corps n’acceptent plus.
    Comme pour tout le reste, dans notre société, revenons à l’essentiel. On se réveille quand ???

    • 11 vaccins pour des bébés en peu de temps, c’est une hérésie pour ne dire que ça , de mon temps bah oui , j’ai 60 ans, nous avions DTCOQ POLIO TETANOS BCG, et c’est tout et nous n’étions pas plus malades après, ce qui me choque c’est celui contre l’hépatite B !!!!

      • ejalladeau, je connais des personnes qui ont eu le vaccin contre l’hépatite et ont eu une SEP après
        Savez vous au moins comment se transmet ce virus ?
        Vacciner des bébés est non seulement dangereux mais en plus complètement inutile

  5. En toute rigueur, il faudrait aussi créditer de la découverte la paysanne restée anonyme qui a attiré l’attention de Jenner sur le phénomène. Mais il a eu le mérite de la prendre au sérieux.

    • Il n’ est pas mentionné de paysanne en particulier et notamment pas de trayeuse qui aurait donné l’alerte. C’est dans tout le groupe des trayeuses de vaches , exposé à la vaccine qu’il n’y avait pas de variole. Il faut remercier Mr Jenner, mais aucune trayeuse ne doit être remerciée davantage qu’une vache dans cette découverte.

      • Il y a un autre exemple historiques (mais désolé, là aussi je cite de mémoire). Des médecins courageux partis étudier la malaria sur le terrain ont été surpris (mais on finit par l’admettre) d’apprendre par des « sauvages » qu’elle était transmise non par le « mauvais air » comme pourtant son nom l’indique, mais par des piqures d’insectes.

  6. Une des très nombreuses actions positives de celui qu’une certaine propagande présente comme un tyran assoiffé de sang. Et je ne suis pas Corse…

    • Objectivement un homme qui a pris le pouvoir par la force, a tué des opposants politiques, et a fait coulé beaucoup de sang français et européen. L’humanité lui doit bien moins qu’à mr Jenner et a tort de garder en tête les politiques plus que les scientifiques. Une vraie paresse intellectuelle.

  7. Jenner n’a pas inventé la vaccination mais l’a empruntée aux Turcs qui eux-mêmes la tenaient des Chinois.

    • Les chinois qui la tenaient des arabes. La vaccination n’a rien d’européen et les antivax sont les meilleurs français.

      • Aux deux petits malins qui ne doivent pas en savoir plus que moi, je signalerai que les gens ont enfin compris l’imposture des vaccins covids, entre la non contagion contagieuses et les formes pas graves mais graves quand même
        Vous pouvez censurer si vous voulez mais 81% des Français n’ont pas suivi la présente campagne de vaccination covid et s’y refusent et bingo , l’antavirus, au fait vu le nombre de rats pardon surumulots à Paris, on aurait du l’avoir depuis longtemps non vu le nombre de bestioles

  8. Je remarque au passage Napoleon celui que l on critique tant a eu la bonne idée d étendre la vaccination.

    • En effet. Merci de souligner qu’il s’agissait de VRAIS VACCINS, et non d’expérimentation  » oiseuse  » comme c’est le cas aujourd’hui ! Et à l’époque il n’y avait pas Big pharma et ses juteux bénéfices, mais un réel souci de santé publique.

      • Aujourd’hui on se fout de la santé publique, et à l’époque personne ne songeait à s’enrichir. C’était le bon vieux temps.

    • Merci de le dire, mais quand j’explique le fond des choses ça ne passe pas , bizarre non ?

  9. A l’époque nous avions des savants. Aujourd’hui on nous montre des faiseurs de trouille donc plus aucune confiance. On nous importe des populations extérieures et les nôtres se baladent à travers le monde . Pas étonnant. Une gastro sur un cargo et le monde remet le masque. Un masque contre la connerie est à inventer rapidement.

  10. Depuis les effets désastreux du prétendu vaccin anti-COVID ne me parlez plus de vaccination .

    • De même, pour avoir des acouphènes jour et nuit depuis 2022 et dégradation notable de mon état de santé déjà pas génial, je sais d’où ça vient
      Idem pour la grippe, bizarrement depuis que j’ai arrêté plus de grosses bronchites, je prends zinc et vitamine D
      Et pour finir ils ont osé coupler covid + grippe en un vaccin, les gens ont déserté pour beaucoup

  11. A remarquer que Jenner ne s’est pas privé de faire son essai sur un enfant de 8 ans, qui donc a pris le risque à la place d’un adulte. Idem pour Napoléon visiblement. Passons… Ce qu’il faut savoir, c’est que l’on cite généralement 3 causes d’éradication des épidémies les plus graves : la première est l’assainissement général par le traitement des eaux usées (en effet nombre de maladies graves se développent dans les eaux stagnantes et infectées, c’est d’ailleurs le cas de l’Hantavirus qui vient d’un rat vivant à proximité de marécages, sans parler des moustiques vecteurs d’épidémies diverses), la 2ème cause d’éradication est l’arrivée des antibiotiques, et la 3ème les vaccinations. Cependant, tout comme « les antibiotiques c’est pas automatique », la vaccination ne devrait pas l’être non plus car les personnes sont différentes et ne réagissent pas toutes de la même manière à un produit injecté. La vaccination antivariolique n’a pas échappé à la règle car malgré les efforts des laboratoires pour en masquer les effets dits secondaires, nombre d’effets graves ont été constatés au fil des décennies de vaccination (encéphalites, cas de cancers et de leucémies). A tel point que l’OMS qui recommandait cette vaccination a fini par changer son discours. Il y a quelques années, c’est Sanofi qui a vendu un vaccin « contre la dengue » à des pays émergents, qui a dû stopper en urgence sa diffusion au regard des accidents post-vaccinaux constatés dans les pays concernés. Quant au Covid, on sait les polémiques que ces injections à ARN ont soulevées. Mais il faudra aussi s’intéresser aux effets à long terme des produits adjuvants combinés dans les doses vaccinales en général, comme l’aluminium qui est reconnu comme substance neurotoxique et largement suspecté dans la maladie d’Alzheimer. Mais chut, le dire c’est déjà être « complotiste », n’est-ce-pas ?

    • L’amélioration de l’hygiène, par exemple la conservation des aliments, a énormément contribué à la diminution de la mortalité aussi.
      Le Hanta virus existe et est connu depuis longtemps. Même son variant sud-américain, le seul qui provoque des contaminations d’humain à humain, a un taux de reproduction très inférieur à 1. La contamination implique presque toujours un rat. Contrairement aux virus du rhume ou de la grippe, il ne peut donc pas être à l’origine d’une épidémie.

      • Sauf si une nouvelle mutation lui permet d’acquérir la propriété de se propager davantage d’humain à l’humain. Les choses évoluent, les virus aussi. La variole du singe a un peu remplacé la variole et préserver la biodiversité des maladies virales de l’homme.

    • Il avait peut-être été constaté qu’il était moins dangereux d’attraper la variole dans l’enfance qu’à l’âge adulte ( raison pour laquelle l’article mentionne des innocculations de variole en Orient)?
      Et il la vaccination semble plus utile chez l’enfant que chez le vieillard.

    • Complotiste peut être pas , mais très alarmiste et délétère peut être. Vous pensez que la « maladie d’Alzheimer » a augmenté à cause de l’aluminium ou autre composant des vaccins ? N’est ce pas plutôt car l’espérance de vie a augmenté et donc avec les maladies touchant les sujets âgés ? Certaines personnes semblent bien vaccinés contre les vaccins qui semblent pour eux le plus grand danger de santé. Pourquoi l’aluminium augmenterait la maladie d’Alzheimer plutôt qu’un autre élément ? Il existe un groupe qui n’ est pas exposé à l’aluminium et qui est protégé de la maladie d’Alzheimer, qu’un nouveau Jenner a identifié ?

  12. Quand même je me mets à la place de Jener et je me dis qu’il a pris un risque énorme pour le fils de son jardinier en l’exposant à une maladie mortelle tout en ayant aucune certitude sur l’efficacité de sa méthode. Ça a marché, c’est un génie. Si ça avait loupé, il serait peut-être mort d’un bon coup de fourche. Les aléas de l’expérimentation humaine.

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