La dictature de l’émotion jointe à celle des réseaux sociaux continue son œuvre destructrice.

Qu’importent les faits, qu’importe la réalité, qu’importe surtout la justice… tout cela n’est d’aucun poids face à toutes ces assertions qui déferlent et ne tolèrent ni discussion ni réflexion.

Il faudrait donc tenir pour acquis que la France – que dis-je, le monde ! – se divise en Blancs et Noirs, les uns racistes et les autres racisés, les premiers méchants et les seconds bons, tout cela par principe et par définition. De là, il faudrait aussi tenir pour acquis que la vie est un long fleuve tranquille pour les Blancs et un parcours infini d’obstacles pour les Noirs, que la justice est totalement aux ordres des premiers et la police strictement dévolue à pourchasser et assassiner les seconds.

Voilà, en effet, ce que le monde bien-pensant et les médias mainstream tentent de nous faire avaler. Ce n’est qu’un pas de plus dans la longue entreprise de culpabilisation du monde occidental, prié depuis des décennies de se frapper la poitrine en signe de repentir et, maintenant, de mettre un genou à terre pour communier dans la souffrance du peuple noir.

Il y a cinq ans, maintenant, nous étions tous sommés d’être Charlie. On embrassait la police, on fraternisait dans les carrefours, plus rien ne serait comme avant… Aujourd’hui, nous sommes tous George Floyd et Adama Traoré, comme si ces deux-là pouvaient se confondre en un seul homme, et l’on est sommé de dénoncer les violences policières qui sèment la mort au bord des routes.

Genou à terre, du haut en bas de l’échelle sociale. On nous le demandera demain à l’église et pas pour prier le Seigneur, à l’école sans doute, peut-être au 14 Juillet si le Président voit dans cette forme de génuflexion matière à reconquérir ses ouailles. Imaginez cela : toute la tribune présidentielle « un genou à terre en signe de solidarité ». Ça aurait de la gueule, non ?

L’initiateur de cette génuflexion, explique RTL, est la star de l’équipe de football américain les San Francisco 49ers, un dénommé Colin Kaepernick, qui, en 2016, avait refusé de rester debout pendant l’hymne national, sur le stade de San Diego : « Je ne vais pas me lever pour saluer un drapeau qui opprime les Noirs et les gens de couleur. »

Ceux qui ne s’agenouillent pas physiquement le font moralement. Par voie de presse. Ainsi la romancière Virginie Despentes qui a offert à France Inter une tribune bien sentie pour dénoncer notre nation de racistes qui s’ignorent. Elle était à la manifestation interdite du 2 juin, y a vu se rejouer la tragédie grecque : « Ce 2 juin pour moi, Assa Traoré est Antigone. Mais cette Antigone ne se laisse pas enterrer vive. Antigone n’est plus seule, elle a levé une armée. » Ce qu’il y a de chouette, avec la littérature, c’est que ça permet de raconter n’importe quoi.

Dans sa litanie – « En France, nous ne sommes pas racistes, mais… » –, Mme Despentes souligne : « Mais dans la population carcérale, les Noirs et les Arabes sont sur-représentés. » Les statistiques ethniques sont interdites, mais elle le sait : il y a, en prison, plus de Noirs et d’Arabes que de Blancs. Donc, c’est parce que la justice est raciste et non parce qu’ils sont davantage coupables de crimes et délits ! Joli renversement de la cause. En revanche, malgré ses 50 ans et les nombreux gouvernements qu’elle a connus, elle n’a jamais vu un ministre noir. Que dire, alors, de ceux-là : Sibeth Ndiaye, Laura Flessel, Ericka Bareigts, Christiane Taubira, George Pau-Langevin, Harlem Désir, Victorin Lurel, Rama Yade, Margie Sudre et même, en remontant plus loin, Kofi Yamgnane ou Léopold Sédar Senghor…

Omar Sy a, lui aussi, livré sa tribune, à L’Obs, cette fois. Il a fui la France et sa police qui lui faisait tant peur pour les USA, c’est tellement mieux… Le racisme, écrit-il, « est une maladie qui ronge notre pays, et cela n’augure rien de bon pour nos avenirs ». Vrai. Et le racisme anti-Blanc n’est pas le moindre…

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