Avant l’intrusion des réseaux sociaux, les manipulations issues de l’État ou des mastodontes du secteur privé étaient un peu plus aisées à mettre en place. La preuve par la revue médicale britannique The Lancet, dont une récente étude a momentanément interrompu les trouvailles du très marseillais . La nouvelle aurait pu demeurer discrète, sauf qu’à cause de ces fichus réseaux sociaux…

Lesquels, une fois alertés, ont obligé certains journalistes à renouer avec cet esprit critique jadis propre à leur profession. Là, on apprend que sur les quatre auteurs du texte publié, trois se sont rétractés, tandis que le dernier, Sapan Desai, doit désormais expliquer pourquoi, en tant que fondateur et PDG de Surgisphere, start-up ayant fourni les données ayant nourri l’étude en question, il se trouve aujourd’hui un peu juge et partie.

Et Le Figaro de ce jeudi 4 juin de s’interroger : « Comment une petite start-up américaine, Surgisphere, a-t-elle pu avoir un impact aussi grand sur la santé publique mondiale ? Du jour au lendemain, elle a fait changer des politiques sanitaires dans de nombreux pays, dont la France, et entraîné la suspension du plus grand essai sur le Covid-19 par l’OMS. »

Dans la foulée, le très institutionnel New England Journal of Medicine se trouve mis en fâcheuse posture pour avoir, lui aussi, laissé publier d’autres études à vocation scientifique, mais toujours fondées sur les chiffres fournis pas Surgisphere.

Cité par ce même quotidien, le professeur Philippe Froguel, médecin et chercheur français en endocrinologie, biologie moléculaire, génétique et professeur à l’Imperial College de Londres et à l’université Lille 2, affirme : « Il faut se rendre à l’évidence, Surgisphere est en fait une coquille vide. […] La seule explication qui tienne, c’est que les données sont inventées de toutes pièces. »

On voudrait nous rendre complotistes quant aux menées des multinationales du médicament et à leurs officines du moment qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Une chance que le professeur Raoult sache raison garder en ramenant le débat à des dimensions moins ubuesques, à l’occasion d’une vidéo par ses soins mise en ligne : « Le LancetGate, c’est un symptôme tellement comique que, finalement, on dirait Les Pieds-nickelés font de la science. » Mais là où il fait mouche, c’est en affirmant qu’en France, il y a une manie de « décapiter son élite ». Le défunt et regretté Louis XVI en sait quelque chose. Mieux : « Il y a une haine des vraies élites et les vraies élites, c’est nous, en réalité. » Plus gilet jaune, tu trépasses !

Que ce professeur phocéen ne soit pas né le jour de la Saint-Modeste, la cause est entendue. Mais au vu des récents événements, comment ne pas lui prêter une oreille attentive lorsqu’il prétend que « ce n’est pas l’élite qui est contre lui, mais les seconds couteaux qui n’ont pas réussi dans le métier ». Voilà qui n’est pas incongru, sachant qu’en termes d’autres élites, médiatiques celles-là, plébiscitées par le peuple officiel et boudées par les élites officieuses, il y a aussi Natacha Polony et Léa Salamé, Éric Zemmour et Alain Duhamel, Alain de Benoist et Raphaël Glucksmann.

Le phénomène doit être d’assez grande ampleur pour qu’un ancien chihuahua de la politique consensuelle puisse se transformer en pitbull de dissidence : Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé qui, non content de tirer la nappe tout en renversant la table de BFM TV et en mettant les pieds dans le plat, déclare, ce vendredi 5 juin : « L’étude du Lancet est basée sur des idées fausses et peut-être même inventées. […] C’est une manipulation. »

Un tel avis devrait intéresser tout le monde, peuple et élites y compris.

5 juin 2020

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