Éminent professionnel de la combinaison politique, François Bayrou a lancé, ce samedi, à Guidel, dans le Morbihan, une offensive d’envergure lors de l’université de rentrée du MoDem. Un plan de campagne simple, fomenté en conciliabules avec l’intègre disciple mitterrandien Ferrand, dans le but d’accélérer un projet de « mouvement unitaire » rassemblant LREM et MoDem pour la présidentielle et les législatives à venir. Bref, début des grandes « manœuvres » pour notre François qui tweete : « Quand je regarde la situation de la France, je vois un président de la République qui est à hauteur de l’Histoire mais aussi à hauteur d’homme. Il y a quelque chose en lui de fraternel dans le regard qu’il porte. Ça vaut la peine de s’engager pour ce combat. » C’est beau et grand à la fois !


N’allons pas prêter, mesquins, à un François Bayrou réinvesti poète soviétique la veulerie de ceux qui n’ont d’autre ambition que de conserver leurs prébendes. N’allons pas croire, non plus, que cet esprit fort n’aurait à dessein que de satisfaire à sa vanité « d’influenceur » du monde de l’entre-soi parlementaire d’une élite apeurée. Le septuagénaire a conscience que ce « grand courant démocratique » aurait « dû exister et être créé depuis longtemps ».

C’est qu’en matière de démocratie, il en connaît un rayon. N’oublions pas ce fait d’armes : après que le peuple « souverain » eut rejeté par référendum le traité de Constitution européenne (29 mai 2005, non : 54,67 %), François Bayrou fut de ceux qui votèrent au Congrès, à Versailles, la révision constitutionnelle préalable pour passer outre, en 2008, et permettre au Parlement de ratifier le traité de Lisbonne. « Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain », a dit Victor Hugo. Mais le François de Bordères, qui vient du peuple et a des lettres, doit bien connaître la formule.

Alors, quand le « peuple » sollicité lance – par interposé – l’étoile filante Zemmour à la face des astres morts ou pâlissants de la représentation nationale, François Bayrou n’hésite pas à évoquer « l’obsession sur l’identité et sur les prénoms ». Il s’est dit « très choqué » par « des obsessions qui sont ces temps-ci portées dans le débat politique français ».

Et la comparaison qu’il avance vaut son pesant de beurre de karité : « Y a quelqu’un qui a fait ça, au XXe siècle », ajoute-t-il. Qui, Hitler ? Staline ? Churchill ? De Gaulle ? Un géant politique « à hauteur de l’Histoire » comme Macron ? Vous n’y êtes pas : « C’est le Maréchal Mobutu (sic) […] Moboutou, il a pris une loi pour interdire les prénoms qui n’étaient pas des prénoms africains. » Puis : « Il a fait une grande déclaration pour dire : il n’est pas possible qu’un Africain porte un prénom juif. […] Je n’ai pas envie que la loi de Moboutou devienne, d’une manière ou d’une autre, une loi ou une proposition pour la France. […] Les radicalités, on sait comment ça finit. Moboutou, une fois qu’il a eu fait ça, un jour, il a pendu 500 personnes dont les convictions religieuses ne lui plaisaient pas », a conclu le promu de Macron. Démonstration radicale !

C’est sa façon à lui, à François, de défendre la démocratie des amis, par les amis, rien que pour les amis. N’y aurait-il pas, chez lui, « quelque chose de fraternel dans le regard qu’il porte » sur Éric Zemmour ; puisque, sans le nommer, il en fait l’égal d’un maréchal autoproclamé zaïrois ? Belle promotion militaire. Zemmour aurait peut-être préféré qu’il le comparât à cet autre « soudard », Jean-Bedel Bokassa, qui était empereur comme Napoléon.

Mais que pouvait attendre Zemmour de plus de celui qu’il qualifie de « Machiavel de cour d’école » ?

 

27 septembre 2021

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