Mardi soir, plus de 20.000 personnes se sont rassemblées, porte de Clichy, à Paris, pour dénoncer le décès d’Adama Traoré, en 2016, lors d’une interpellation musclée par la gendarmerie. Sur le plateau de LCI, Maurice Szafran semblait sidéré : 20.000 personnes qui bravent les consignes sanitaires, l’interdiction de manifester, c’est du jamais-vu. Comment a-t-on pu mobiliser autant de gens sur ce fait divers déjà ancien, et douteux ?

À bien regarder les « troupes » présentes devant le TGI, on comprend vite que l’extrême gauche est l’élément moteur qui rassemble la contestation, défie l’État, crée des troubles, à un moment particulièrement sensible de notre Histoire. Exactement comme aux États-Unis : ce n’est pas pour rien que Trump vient de placer les « » sur la liste des organisations terroristes. Samedi dernier, ce sont plusieurs milliers de sans-papiers et sympathisants qui ont défilé en toute illégalité entre République et Nation, sans jamais être inquiétés par les forces de l’ordre. Les gestes barrières, les interdictions, c’est pour les restaurateurs, les commerçants, les gens qui travaillent, pas pour les agitateurs.

France, États-Unis : toute cette chienlit est-elle vraiment fortuite ? En 2017, à Minneapolis, Mohamed Noor, policier noir, avait tué par méprise une jeune femme blanche sans qu’aucune réaction ne vienne ni de la rue ni des médias. En janvier 2020, Cédric Chouviat, un coursier « blanc », est mort suite à un plaquage ventral de la police à Paris : là encore, assez peu de remous dans l’opinion. Seule la question raciale est mise en avant, les autres peuvent mourir dans l’oubli et le silence.

Il y a quatre ans, je publiais Vers la chute de l’Empire occidental, mon premier essai, dans lequel je décrivais l’attaque prochaine de l’Occident par ses adversaires de l’extérieur, islam et Chine entre autres, mais aussi de l’intérieur : le multiculturalisme militant crée, de facto, une fracturation au sein des pays occidentaux qui les rendra bien fragiles dans la période d’adversité que nous allons traverser. Car au-delà de ces ennemis « déclarés », les nations occidentales doivent surtout se prémunir de « la super-classe mondiale », qui cherche par tous les moyens à les affaiblir pour s’emparer du pouvoir à l’échelle planétaire. On connaît désormais le rôle d’un Soros, dans le financement d’ONG comme les « No Borders » ou d’autres groupuscules anarchistes, toujours actifs pour violer les frontières occidentales, avec la complaisance de dirigeants passifs, voire complices. Monsieur Szafran et ses collègues se réveillent aujourd’hui bien tardivement, et quand nous pointions le danger, ils étaient les premiers à nous traiter d’extrémistes.

À l’heure où la Chine se sent pousser des ailes (voir les incursions de troupes en territoire indien, dans l’indifférence des médias), peut persécuter les minorités musulmane, chrétienne, bouddhiste en toute impunité, voilà l’Occident tiraillé par des émeutes raciales qui reposent sur la volonté farouche de certains de saper l’ordre et l’autorité des États.

Je suis en train d’écrire la suite de Vers la chute de l’Empire occidental. Les événements actuels devancent mes prévisions : un Occident affaibli, attaqué de toutes parts, et notre civilisation à l’agonie.

4 juin 2020

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