Déjà plusieurs fois bombardé par les troupes des médias mainstream, l’édifice Raoult tient bon. Malgré la pertinence de ses travaux confirmée par l’affaire du Lancet, BFM TV ne désarme pas : « On l’aura un jour, on l’aura ! » enragent les responsables de la chaîne.

Dans une tentative désespérée d’en finir avec cet empêcheur de mourir en rond, l’arme fatale Ruth Elkrief fut envoyée sur place accompagnée d’une co-intervieweuse peu loquace mais très charmante.

Dès le lancement de l’entretien, un premier assaut de routine est lancé, avec la mise en doute de l’efficacité de la chloroquine. Elles en ont mangé. C’est pas bon. D’accord, certains approuvent son protocole mais, mais, mais attention… D’autres disent que « c’est nocif ! Y en a qui disent ça ! » Y en a ! Les chercheurs des labos de BFM TV, par exemple, n’y croient pas du tout.

S’ensuit une heure d’interview au cours de laquelle le tandem tente insidieusement de remettre en cause la crédibilité du professeur Raoult. La routine. Des coupages de parole incessants et autres interventions inappropriées qui semblent avoir pour objectif de faire sortir l’interviewé de ses gonds. À défaut d’arguments, on énerve cet adversaire qui, à mots couverts, remet en cause l’efficacité du gouvernement dans la gestion de la crise. Technique qui porte ses fruits avec ce craquage du professeur qui, à bout d’agacement, finit par lâcher : « Chut. Taisez-vous » à celle qui ne le laisse pas aller au bout des réponses aux questions qu’elle lui pose.

« Vous faites à la fois les questions, les réponses et les conclusions », ajoute-t-il plus loin. Dans une inversion accusatoire époustouflante, Ruth Elkrief riposte : « Ne soyez pas désagréable. Ah non non non ! » Après avoir planté plusieurs banderilles, nous voyons le torero s’insurger contre l’agressivité du taureau. Spectacle étonnant.

La corrida continue avec la diffusion d’extraits vidéo de déclarations antérieures censées contredire le discours actuel du professeur. Tentatives de déstabilisation facilement esquivées par l’intéressé. Face aux doutes de son interviewé sur la gestion de la crise, la combattante de BFM s’indigne : « Donc, le Président Macron est entouré de gens qui n’ont pas su faire ça ? »

En tant que croyante et pratiquante du macronisme, la chose est inentendable. Y a du blasphème dans l’air ! « Ah ben si on aurait su, on serait pas venu… »

À propos de la manière indépendante dont il aborde ses recherches, le professeur Raoult énonce cette sentence cruelle aux oreilles de ses deux asticoteuses : « On n’est pas obligé de suivre comme des bourricots la route des autres. »

« Mais les braves gens (de BFM TV) n’aiment pas que… » La chanson de Brassens manquait au générique de fin.

De cet entretien-fleuve, les proches de disparus du Covid-19 retiendront la phrase terrible du trublion marseillais : « On aurait pu sauver beaucoup plus de gens. » Accusation grave que les envoyées du « Tout va bien » se sont bien gardées de relever.

À lire aussi

Marc-Olivier Fogiel rêve d’un BFM sans concurrence

En cherchant bien, il serait même possible que des fidèles de BFM TV soient partis sur CNe…