Après Pompidou avec Beaubourg, Giscard avec le musée d’Orsay, Mitterrand avec la Grande Bibliothèque, Chirac avec Branly, Sarkozy – avec quoi d’ailleurs ? – et Hollande avec le musée de l’Immigration, notre nouveau résident de la se doit de penser dès maintenant quelle trace il laissera dans l’Histoire. Le temps passe vite et les événements sont imprévisibles.

Et comme la France ressemblera de plus en plus à un vaste camp de touristes venant se rincer l’œil, engloutir et bâfrer, il serait profitable pour notre nouvelle icône, notre Obama blanc à nous, d’attacher son image à un plat populaire lui ressemblant, un plat qui prendrait place aux côtés des choucroute, pizza, couscous, kebab, sushi et autres spécialités bien françaises, comme leur nom l’indique.

La recette est simple.

Prenez une nouvelle cocotte à l’allure moderne qui servira à mitonner puis à servir notre spécialité culinaire. Choisissez-en une avec une grande queue facile à prendre en main pour qu’elle ne vous échappe pas : votre banquier le sait bien, on n’investit pas à la légère dans un équipement qui doit durer et passer facilement de main en main.
Beurrer allègrement le fondement de l’ustensile et jetez-y des ingrédients populaires qui représenteront la des désirs français : à votre guise, vous choisirez des légumes faciles à préparer, des viandes attendries, des épices exotiques, enfin un mélange roboratif et goûteux, sucré et salé, constituant un plat unique capable de contenter facilement le plus grand nombre et surtout les plus goulus et les plus remuants.

Tout au long de votre préparation, vous devrez vous demander si, en touillant votre moderne tambouille, vous faites , vivre ensemble, diversité cosmopolite, eurobéatitude, tout-le-monde-il-est-gentil. Méfiez-vous de ne pas faire franchouillard, de la ramener avec nos , notre savoir-faire, notre culinaire français : vous risqueriez de vexer nos frères du monde qui ont souffert sous notre construite à coups de colonialisme criminel.

Au moment de servir, faites savoir que votre plat fera oublier la vieille cuisine que l’on nous ressert régulièrement : fini les recettes alambiquées, le recyclage des vieux restes ; place aux papilles nouvelles libérées des goûts aliénants. « Transgraissons », vive la table rase… gratis pour tous, vive le Fourzitout !

Et, comme disait : bande d’abrutis, pardon… bon appétit !

14 mai 2017

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