Fontainebleau, une forêt marquée par 700 ans d’incendies
L'incendie qui ravage actuellement la forêt de Fontainebleau ne peut que nous impressionner par son ampleur. Pourtant, face à ce malheur, l'Histoire et la mémoire nous apportent un espoir et un réconfort, celui de savoir que cet incendie exceptionnel, qui a déjà dévoré près de 2.000 hectares du domaine forestier, n'est pas le premier à frapper cette forêt des rois de France. Elle s'est toujours relevée des épreuves qui l'ont meurtrie. Ainsi, bien avant les Canadair, les sapeurs-pompiers et les plans de prévention, le feu représentait déjà la principale menace qui pesait sur cette forêt aux sols sableux, couverte de bruyères odorantes, de vieux résineux et régulièrement asséchée par les fortes chaleurs. Depuis plus de sept siècles, souverains, forestiers et habitants s'efforcent de protéger ce patrimoine naturel dont les paysages portent, malgré tout, encore aujourd'hui, les cicatrices des chauds étés d'antan.
Une menace identifiée dès le Moyen Âge
La crainte des incendies est si ancienne qu'elle apparaît dans les premiers textes réglementant la forêt. En effet, dès 1318, une ordonnance royale interdit de « faire des cendres dans la forêt », comme le rapporte, en 1878, l'historien et sous-inspecteur des Eaux et Forêts Paul Domet. Quelques décennies plus tard, en 1366, Charles V confirme les privilèges accordés aux villages riverains à la condition que leurs habitants participent à la lutte contre les incendies. Le risque est alors considéré comme une véritable affaire d'intérêt public. Les sanctions deviennent rapidement exemplaires. En 1518, des forestiers surpris autour d'un feu sont fouettés, marqués au fer rouge puis bannis à perpétuité. On ne badine pas avec le domaine royal. Au XVIIIᵉ siècle, la répression se durcit encore. En 1714, les récidivistes risquent la galère et les incendiaires volontaires la peine de mort.
Des incendies historiques
Malgré ces précautions, les chroniques anciennes montrent que les incendies rythment l'histoire de Fontainebleau. En 1625, un vaste feu détruit les bois autour de l'ermitage Saint-Louis. En 1661 puis en 1680, les fêtes royales organisées à Franchard par Monsieur puis par le Roi-Soleil, dont les rayons furent cette fois porteurs non de lumière et de gloire mais de flammes et de destructions, tournent à la catastrophe lorsque des flambeaux embrasent la végétation desséchée. En septembre 1726 survient l'un des plus grands sinistres connus. Pendant huit jours d'enfer, les flammes ravagent les gorges de Franchard et d'Apremont sans que rien ne puisse les arrêter. Seules quelques pluies célestes parviennent à mettre fin à l'incendie.
Au XIXᵉ siècle, l'essor du tourisme aggrave encore les risques. Avec l'invention de la locomotive, le cheval de fer sillonne désormais le pays. Mais il n'est pas seulement une machine de transport ; il devient parfois une machine d'enfer, crachant ses braises incandescentes le long des voies, tandis que l'imprudence de certains visiteurs, abandonnant un mégot encore ardent, suffit à embraser la forêt. Ainsi, plusieurs parcelles subissent l'apocalypse des flammes et conservent encore le souvenir de ces catastrophes jusque dans leur nom, comme le Mont enflammé ou le Chêne brûlé.
Les poètes et écrivains immortalisent ces tristes événements par leur plume et leur esprit. Théodore de Banville écrit ainsi, en 1857, un an après un nouvel incendie, dans À la forêt de Fontainebleau :
« N'est-ce pas, n'est-ce pas que vous étiez vivant,
Noir feuillage, immobile et triste sous le vent,
Comme une mer qu'un dieu rend docile à ses chaînes ?
Et vous, colosses fiers, arbres noueux, grands chênes,
Rien n'agitait vos fronts, par le temps centuplés !
Pourtant vos bras tordus et vos muscles gonflés,
Ces poses de lutteurs affamés de carnage
Que vous conserviez, même à cette heure où tout nage
Dans la vive lumière et l'atmosphère en feu,
Laissaient voir qu'autrefois, sous ce ciel vaste et bleu,
Vous aviez dû combattre, ô géants centenaires !
Au milieu des Titans vaincus par les tonnerres. »
Un danger vivace
Les archives évoquent d'importants incendies en 1897, en 1911 puis en 1921, lorsque 762 hectares sont détruits. Les années 1944 et 1945 sont également particulièrement destructrices, près de 1.771 hectares de forêt partant en cendres. Les décennies suivantes connaissent encore plusieurs grands départs de feu, notamment lors des étés les plus secs. Plus récemment, les incendies de 2017 puis celui de juillet 2026 rappellent que le danger n'a jamais disparu. Cependant, l'histoire de Fontainebleau enseigne aussi que la forêt sait renaître. Avec un ciel plus clément, de la patience, de la vigilance et le courage inlassable et admirable des soldats du feu, le bois des rois retrouvera, une fois encore, sa splendeur d’autrefois.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR


































47 commentaires
Il y a URGENCE à repenser la forêt en créant des « coupe-feux » lorsque l’on sait que le meilleur étant des champs de vignes ! ….. à méditer ! il y a URGENCE !
Serait-ce que le réchauffement climatique ne serait pas nouveau? On nous aurait menti? Peste!
N’oublions pas de dire que 80 % de ces feux sont criminels et qu’on ne fera jamais payer assez cher
aux coupables retrouvés, même s’ils sont mineurs.
Faire payer les criminels pyromanes n’éteint pas l’incendie, il y en aura toujours, la pyromanie est « sériale » comme le crime ou le viol…
Oui, ces feux ne sont pas une fatalité , parce qu’ils ne se déclarent pas tout seul.
Surtout que cela a concerné des parcelles de feuillus qui prennent feu plus difficilement que les résineux .
Ces pyromanes sont des criminels qui devraient être jugés comme tels .
Criminels pour la flore , la faune , l’environnement et le paysage gâchés sur une décennie au moins et criminels potentiels pour ceux qui risquent d’être pris dans les flammes , que ce soit des randonneurs surpris ou des soldats du feu !
Je trouve que par rapport à cela les médias prêts à voir de l’extrémisme partout, savent relativiser les choses en citant le fait et ses conséquences sans trop s’étendre sur la cause qui serait donc subalterne .Pareil pour l’attentat de Nice qui serait le fait d’un » camion » qui aurait fauché les promeneurs de ce soir tragique !
Tout à fait !
La sécheresse c’est une chose mais tous les « malades » qui peuplent notre beau pays vont pouvoir trouver de nouveaux terrains de jeux en toute impunité comme « d’hab » !!!
Le problème passe déjà par l’entretien des forêts inexistant aujourd’hui puisqu’il est interdit lors des coupes en période hivernale de brûler les résidus sous surveillance à telle enseigne qu’on peut difficilement maintenant se promener sans avoir à enjamber des tas de branches sur le sol, excellent combustible en été.
vous vous trompez, concernant Fontainebleau l’ONF fait son boulot et n’est pas négligeante !
absolument….mais elle est bien obligée de respecter les lois écolos gauchos !
Une nouvelle demonstration que la peine de mort n’est pas la solution permettant d’empêcher les crimes.
Exact, la peine de mort n’a jamais été dissuasive!
sans doute, mais la » menace » qu’une telle peine existe, freine à mon avis les vélléités de nuisances !
Comme d.habitude nous avons les moyens pour les autres et rien pour notre pays
Depuis quelques années, l’ONF ne retire plus le bois mort et a même créé des zones « naturelles » dans lesquelles il est interdit de pénétrer. Le bois mort (le combustible) s’accumule.
Voici ce qui est arrivé à Nowa Nowa en Australie il y a quelques années (source Daily Mail) :
“Comment un petit groupe de manifestants écologistes a réussi à faire cesser les brûlages préventifs dans l’East Gippsland, craignant que des oisillons ne périssent – avant que les incendies ne ravagent la région, faisant quatre morts et obligeant à des évacuations massives depuis la plage
À Nowa Nowa, dans l’East Gippsland, des manifestants ont interrompu les brûlages préventifs
Suite à des plaintes concernant la mort d’oisillons, la superficie prévue pour le brûlage, initialement de 370 ha, a été réduite à 9 ha
Les pompiers attribuent aux contre-feux pratiqués en Nouvelle-Galles du Sud le mérite d’avoir sauvé des villes de terribles feux de brousse
29 personnes et un milliard d’animaux ont péri, et 10 millions d’hectares ont été ravagés par ces méga-incendies”
Aucun rapport avec la forêt de Fontainebleau donc !
En forêt de fontainebleau, le bois mort n’est ni brûlé ni ramassé. Il s’accumule. Quand il fait sec, il devient un excellent combustible. Ce n’est pas la température de l’air qui rend un incendie dévastateur, c’est la quantité de combustible qu’il brûle.
Certains se plaisent ou se lamentent a vivre une époque inédite. Les médias pour vendre du sensationnel,les politiques afin de sensibiliser les plus cupide leurs faisant croire qu’avant eux rien les drames l’histoire et les affres climatique n’existaient pas
Les incendies sont trés souvent d’origine humaine , involontaire ? volontaire ? dans ce dernier cas qui a intérêt à mettre le feu chez nous ? Voir nos églises qui sont aussi trés inflammables .
Faire passer des tests pys aux pompiers avant de les embaucher.
Pour déceler les pyromane en puissance .
Fontainebleau : au moins 6 personnes en garde à vue – pour des départs de feu distincts – dont un jeune pompier volontaire, qui était muni d’essence et un jeune déjà connu de la justice , qui dit avoir mis le feu par mégarde avec une cigarette
J’ai suivi récemment une jeune femme au volant, qui a jeté spontanément sur la route une cigarette mi-consumée, non éteinte donc! Qu’en est-il de ce geste irréfléchi en route forestière?
Les écolos ne nous avaient pas dit qu’au Moyen-Âge, à la Renaissance, en1897, en 1911, en 1921, et aussi en 1944 et 1945 le « dérèglement climatique » existait déjà… Pourtant, à l’époque, il n’y avait pas de beaufs « qui fument des clopes et qui roulent au diesel »… Et pourtant il faisait suffisamment chaud pour que la forêt de Fontainebleau s’embrase..
J’ai dû rater quelque chose…
Au fait, était-il utile et combien a coûté le faramineux défilé d’aujourd’hui, les invitations de 22 chefs d’États ou leurs représentants et leurs suites, le déplacement, le logement des troupes, le carburant pour tous les engins ( un Rafale, c’est 16 000 Euros l’heure de vol), uniquement pour ripoliner l’immentissime ego de monsieur Macron, quand on a 3 500 milliards de dette et qu’on n’a même plus de quoi acheter un Canadair… Jusqu’au bout il aura vidé les caisses.
Quoi ? Et après ? C’est Nicolas qui paie …
39 pyromanes arrêtés ces 3 dernières semaines.
2 responsables de l’incendie de cette forêt de Fontainebleau.
Ages 20 ans et 18 ans .
Le problème est que 95 % des feux sont d’origine humaine volontaire ou pas .
Quand on voit une justice laxiste, un pyromane récidiviste s’est pris juste 2 ans avec sursis.
Dire qu’il y a 50 ans , les cas psychiatriques pyromanes restaient 20 – 30 ans en hôpital
Au lieu de financer l Ukraine, l Algérie et j’en passe on ferait mieux d’investir dans investissements utiles comme les Canadair. Trop peu sont en service.
Exactement et le débrouillasage des sous bois
Pour de simples raison morales (je ne suis pas gauchiste et le mot morale ne me fait pas peur) nous devons aider l’Ukraine qui est lâchement agressée par la Russie.
On peut d’ailleurs noter que la Russie a l’incroyables chance de disposer de richesses fabuleuses dans un territoire immense, mais plutôt que de les développer elle préfère s’en prendre à des pays beaucoup plus faibles.
D’autre part, si nous ne mettons pas un frein aux ambitions du kemelin, il continuera et finira par menacer des pays de l’UE en commençant par les Pays Baltes.
Pour l’argent : je vous rappelle que les FAUX réfugiés qui se prétendent mineurs nous coûtent 2 milliards chaque année. (Le prix d’ Un Canadair est d’ environ 35 millions d’Euros).
Rien a cirer de l’Ukraine, ils n’avaient qu’a respecter les accords de minsk
Non nous ne devons pas aider l’Ukraine par qui ce conflit a été déclenché en 2014, alors que notre pays croule sous les dettes.
votre ignorance de la Russie est affligeante! Si vous souhaitez parler de la Russie il serait bon de lire et écouter autre chose que les médias occidentaux !