[REPORTAGE] En Gironde, avec les agriculteurs et artisans qui combattent les incendies bénévolement

BV a été témoin de l'aide efficace apportée par les volontaires aux pompiers pour combattre les flammes.
Les pompiers sur la ligne de feu en Gironde - Crédit photo SDIS 33
Les pompiers sur la ligne de feu en Gironde - Crédit photo SDIS 33

De notre envoyé spécial à Lacanau (Gironde)

La France connaissait les taxis de la Marne, véhicules qui permirent d'acheminer les troupes pour bloquer l'invasion allemande en 1914. Notre pays découvre aujourd'hui les tracteurs de la Gironde. Toute une communauté d'hommes a formé une chaîne d'approvisionnement d'eau aux pompiers présents sur la ligne de feu.

Toute une chaîne d'approvisionnement de l'eau

Tracteurs, mais aussi camions-citernes, cuves ou tous véhicules capables de contenir une importante quantité d'eau puisée à l'étang.

Loïc, électricien, est venu avec son « beauf », comme il l'appelle, viticulteur. À eux deux, ils forment un maillon essentiel de la chaîne de l'eau. Il est minuit passé, sur ce rond-point de Lacanau. La fontaine est devenue une cuve étape dans laquelle les agriculteurs versent de l'eau qui est ensuite récupérée par les citernes puis acheminée jusqu'aux pompiers qui combattent les flammes. Une division spontanée des tâches qu'aurait admirée Adam Smith, l’un des pères fondateurs de l’économie moderne qui a théorisé la division du travail.

Couac administratif

« Les pompiers nous ont dit que ça leur a fait économiser énormément de temps, notamment les allées et venues à la pompe, nous explique Loïc, ce temps, ils le conservent pour combattre les flammes. » Arrive un couac bureaucratique, ordre des autorités : agriculteurs et ouvriers présents doivent quitter les lieux pour des raisons de sécurité et pour ne pas perturber l'action des secours. « On ne comprend pas cette décision, tout se passait bien, mais on doit partir. » Quelques heures plus tard, contre-ordre, les agriculteurs peuvent poursuivre leur chaîne de l'eau. Hélas, la plupart ont quitté les lieux. Désordre.

Le temps d'une nuit et d'une journée, BV est témoin de l'efficacité des volontaires organisés pour soutenir les soldats du feu. Une flamme jaillit devant nos yeux aux environs de Marcheprime. Surgit Jean-Sylvain, opérateur en assainissement qui veillait sur la pinède. Avec son impressionnant camion, il éteint la reprise du feu et sauve les quelques arbres encore verts. « Normalement, le sylviculteur va pouvoir les sauver en enlevant les parties calcinées », détaille Jean-Sylvain. Un camion de pompier qui était prêt à s'arrêter peut poursuivre sa route vers des incendies plus difficiles à maîtriser. « Ce qu'on peut faire, on le fait, ça ne sert à rien que les pompiers perdent du temps. Ils nous remercient pour ça », déclare Jean-Sylvain.

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Jean Bexon
Journaliste

Vos commentaires

57 commentaires

  1. Je ne remets pas en cause l’action et l’aide apportées bien au contraire je trouve cela fascinant et formidable mais je suis troublé, que se passerait-il si cette nombreuse mains d’œuvre n’était pas là, cette mobilisation permet d’éviter que cet incendie ne s’étende davantage, sans le courage de ces volontaires nos pompiers auraient été débordés, pourra-t-on remercier suffisamment et ne pas oublier, ces agriculteurs, entrepreneurs, publics privés, de leur démarche gratuite.

  2. Fernand Dujardin, c’est la bonne femme qui est Préfet de Gironde, Sophie brocas ; c’est elle qui avairt donné l’autorisation de débroussaillage à l’origine du départ de ce gigantesque incendie. Une fonctionnaire pas coupable, pas responsable !

  3. Quand un peuple assommé de taxes, d’impôts, de normes, d’interdits, d’obligations plus stupides les unes que les autres, nous dit-on pour nous servir, nous protéger, quand des paysans, des artisans, de simples citoyens se voient contraints, afin d’espérer sauver le peu qu’il leur reste, de venir en aide à leurs pompiers eux aussi démunis et maltraités, c’est que ce pays se sent définitivement trahi par ses dirigeants qui, là encore, auront failli. Et ce ne sont certainement pas de beaux discours appris par cœur, emplis de démagogie et de fausse compassion qui changeront les choses. .

  4. Autrefois ,dans les villages quand on criait « au feu » tout le monde accourait avec un seau d’eau !On croyait cela disparu mais aujourd’hui on a découvert  » l’Ancienne France  » celle d’avant et ce magnifique élan de solidarité avec une organisation efficace qui n’a pas eu besoin d’autorisation de BRUXELLES avec ses normes « pondues » par des personnes ne connaissant rien au terrain !! Cela fait chaud au cœur et merci à tous ces anonymes qui ne pavoisent pas devant un micro de la télé ,mais qui agissent

  5. En 1976 mon père ingénieur a aidé à sauver des forêts d’auvergne d’un vaste feu en lien avec la grande sécheresse qui sévissait alors ! il n’y avait alors ni vedette geignarde, ni journaliste amphatique pour verser des larmes sur le problème et des politiciens plus pragamatiques qui voyaient dans cette aide une opportunité de sauver ce territoire . Courage aux volontaires de 2026!

  6. J’admire et je remercie du fond du coeur tous ces beaux blancs, pompiers, pasans, bénévoles, qui se batte t pour sauver au mieux leurs concitoyens, le patrimoine bâti et naturel qu’eux et leurs ancêtres ont construits. Par contre, je cherche désespérément la « nouvelle France » mélenconiste, celle qui arrive pour nous sauver si on en croit leur gourou millionnaire, celle qui passe plutôt son temps à allumer des feux, a détruire notre patrimoine et notre culture millenaire. Et sans oublier leurs soutiens et amis écolos : ils sont ou tous ces gens qui ont une énergie de dingue pour détruire et saccager par ce que les pauvres s’ennuie aient et ne partiraient pas en vacances selon l’analyse du président Macron ?

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