Euthanasie : les dernières cartouches

On imagine que l'honorable parlementaire n'a pas saisi sur l'instant la monstruosité de ses propos.
Capture d'écran X
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Ce dimanche 28 juin après-midi, à Paris, place Fontenoy, dans le VIIe arrondissement, une dernière manifestation contre l'euthanasie a rassemblé entre 4.000 et 5.000 personnes. Comme un baroud d'honneur.

Quelques parlementaires étaient présents : Marion Maréchal, Hanane Mansouri, Laurence Trochu, Eddy Casterman et Anne Sicard.

 

 

Alors que le Conseil constitutionnel a jugé qu'un sujet aussi essentiel que celui de la vie et de la mort ne pouvait faire l'objet d'un référendum, nous vous proposons, à travers un petit florilège, de mettre en lumière les prises de position et arguments les plus surprenants.

Les députés ont mal voté ? Qu’à cela ne tienne, ils devront recommencer !

Mauvaise surprise pour l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), mardi 23 juin : l’amendement porté par le RN concernant l’exclusion des médecins du processus de l’administration létale a été voté. Considérant que « ce qui a été voté est en totale incohérence », mais aussi qu’on « ne peut pas laisser bafouer un texte qui était équilibré », c’est toute honte bue que le rapporteur général du texte, Philippe Vigier (Les Démocrates), a demandé une seconde délibération. N’est-il pas pourtant celui qui promettait, le cœur sur la main, d'être « respectueux des positions des uns et des autres » ? Samedi 27 juin, une seconde délibération a donc rétabli les médecins dans le dispositif.

Les malades ne supportent pas la canicule ? Il faut les aider à partir !

Il devait faire vraiment chaud, à l’Assemblée nationale, la semaine dernière, pour avancer cette idée qu'il aurait mieux valu laisser de côté. Cette inspiration de génie nous vient d’un ancien chirurgien, le député macronien de l’Aveyron Jean-François Rousset, qui a osé invoquer l’argument de la canicule pour avancer dans le vote : « Il y a des gens qui sont en train de mourir dans une chaleur torride, il faut les aider. » On imagine que l'honorable parlementaire n'a pas saisi sur l'instant la monstruosité de ses propos. Personne pour dire à ce monsieur que, sinon, la climatisation existe et peut apporter un peu de confort aux malades ? Mais il est vrai que cela coûte plus cher que de pousser le patient vers la sortie. Mourir dans la dignité…

C’est un « combat laïque »

Cet argument abscons nous vient, cette fois, de l'ADMD, qui tient à rappeler aux parlementaires : « En quoi [son] combat est à la fois laïque et républicain, en quoi il est encore absurde, dans le cadre de notre République, d’interdire à quiconque de choisir sa fin de vie en s’appuyant sur des fondements qui sont, pour l’essentiel, le produit de dogmes et d’une morale religieuse qui peut librement s’exprimer mais qui n’a aucune légitimité à s’imposer aux citoyens qui ne le souhaitent pas pour eux-mêmes. » Comme si tous les opposants à l'euthanasie, notamment les parlementaires, étaient les suppôts des Églises !
Argument qui laisserait supposer que l’interdit de tuer ne repose que sur des fondements religieux et dont on pourrait se soustraire au nom de la laïcité. Si l’on pousse le raisonnement, athées et agnostiques pourraient s'exempter de ces interdits ? L’on nous répondra que le postulat défendu ne porte pas sur l’interdit de tuer mais le droit de choisir sa mort. Sauf que ce droit de vouloir décider de choisir sa mort se transforme en un acte médical impliquant un tiers qui donnera la mort. CQFD.

L’accès aux soins palliatifs avant l’euthanasie ? Inutile !

L’amendement visait à « s’assurer que la personne qui demande à recourir à l’aide à mourir a pu bénéficier, si elle le souhaitait, d’un accompagnement et de soins palliatifs ». Il a tout bonnement été rejeté. Emmanuel Macron, qui promettait de « remettre les soins palliatifs au cœur de l’accompagnement. Ce sera une vraie révolution d’humanité et de fraternité », aurait-il menti ?

Personne ne les oblige, il y a la clause de conscience !

C’est l’argument suprême invoqué pour faire taire tous ceux qui seraient opposés ou inquiets à l’idée de pratiquer un acte qu’ils réprouvent moralement. La réalité est plus subtile que cela. Car d'une part, les médecins qui refuseront de pratiquer l’acte devront communiquer sans délai le nom d’un confrère plus « compatissant », ce qui les rend coopérateurs indirectement. Et d'autre part, cette clause de conscience n’inclut ni les pharmaciens ni les établissements de santé contraints d’accueillir cette pratique, sinon ils engagent leur responsabilité en cas de refus et s’exposent à des problèmes avec les agences régionales de santé.

Ce sera considéré comme une « mort naturelle »

Cet amendement voté en commission des affaires sociales travestissait la réalité et érigeait le mensonge en vérité, puisqu’il précisait que serait bientôt « réputée d'une mort naturelle la personne dont la mort résulte d'une aide à mourir »... Cette disposition n'a finalement pas été retenue en troisième lecture.

Une manifestation d'abord interdite

Il y aurait encore beaucoup à écrire, notamment sur le fait de ne pas exclure de cette « aide à mourir » les majeurs sous tutelle ou curatelle parce que ce serait discriminant.

Même l'expression de l'opposition à cette proposition de loi dans les rues de Paris a failli être empêchée. En effet, le préfet avait interdit le rassemblement, invoquant la canicule. Saisi en référé, le tribunal administratif a toutefois suspendu cette décision, estimant qu'elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester.

 

Le texte doit désormais être soumis au vote solennel de l'Assemblée nationale, prévu ce mardi 30 juin. S'il est adopté - ce qui est l'hypothèse la plus probable, sauf surprise -, il poursuivra son parcours au Sénat, où il sera à nouveau débattu et amendé avant un éventuel retour devant les députés, qui auront le dernier mot, pour un vote solennel de la loi d'ici le 15 juillet.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/06/2026 à 9:41.
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Iris Bridier
Journaliste

Vos commentaires

146 commentaires

  1. Je propose que les députés qui vont voter cette loi meurtrière soient requis d’office pour donner le bouillon de Onze heures ou pousser le piston de la seringue plutôt qu’à y obliger des soignants opposés !

    • merci pour votre proposition qui me semble bonne.
      Il est trop facile de plaider pour l’euthanasie en imposant aux autres d’être des meurtriers.

  2. D’un côté on n’a pas de peine mort pour des monstres et de l’autre on peut tuer en toute légalité pour plein de problèmes médicaux ? Un enfant de 12 ans a été euthanasier alors qu’à cet âge là personne n’a conscience d’un tel choix et quoi penser des gens qui souffrent de problème cognitifs, de dépression, des personnes sous curatelle ou tutelle…? Trouver un corps d’une personne assassinée est un soulagement pour la famille, doit il en etre de même pour les familles des personnes malades , soulager les familles? On ne peut pas à la fois pantheoniser Badinter et légaliser ce genre de pratique, surtout avec l’obligation de moyen et le serment d’Hippocrate. Remettons déjà la peine de mort à l’ordre du jour avant de parler des euthanasies, sinon on va tomber dans les mêmes dérives que le changement de sexe avec des circuits courts et expéditifs pour que les médecins s’en mettent plein les poches en un temps record. Ce sujet horrible va devenir du commerce!

  3. Malheureusement, c’est le réchauffement climatique qui se charge d’euthanasier les plus faibles alors, c’est inutile de se faire des noeuds dans la tête pour savoir s’il faut euthanasier ou non les malades incurables.

    • C’est drôlement pratique pour vous, l’euthanasie, M. Mousset, n’est-ce pas ? Les lecteurs apprécieront vos remarques.

    • Et pourquoi donc Saint-Guiral ? Les cartouches d’une carabine, n’est-ce pas fait pour tuer ?
      L’euthanasie tue, non ?

  4. Ce médecin deshonore la profession !
    Quant à la décision du Conseil Constitutionnel à propos d’un référendum : c’est la décision de MACRON et non pas un problème de droit !

    • à ZONZON,
      Et bien, désolé, c’est un problème de droit. Le référendum, cela obéit d’abord à une procédure, et c’est une loi organique de vous devez vous empresser de lire avant de dire que « c’est la décision de Macron ».

  5. Brigantin, en effet personne ne peut prendre cette décision à votre place, comme personne ne doit se protéger par un texte pour TUER sous des prétextes des plus futiles (vieillesse, maladie, taré génétique ou déprime avérée, etc etc), en prenant ou forçant la décision finale.
    Le code déontologique des médecins et soignants et totalement remis en cause et le ”patient” n’aura plus son mot à dire suivant les personnes en face de lui. Aucune loi ne peut prescrire la mort comme un droit, comme celui de l’avortement à 9 mois constitutionnalisé.
    Nous devons rester maître de notre destin et de notre avenir, quelqu’en soit le choix.

    • Je vous réponds en même temps qu’à Malaise et à Marie-O. Écartons l’argument qui consiste à rappeler que toute personne peut se jeter sous un véhicule. Je veux pouvoir profiter des progrès comme ceux qui choisissent de se faire soigner. Écartons le code de déontologie des soignants : il ne peut être question dans mon esprit d’attenter à la liberté d’un médecin qui refuserait d’administrer la substance létale. Il ne reste plus que la question de la liberté du candidat au suicide. Élargissons le sujet au regard du dernier livre de Laurent Alexandre (Vivre 1000 ans) : il prétend que d’ici 10/15 ans (cet aspect du délai est peu important), la durée de l’espérance de vie dépassera 120 ans. Le livre est intéressant car il invite à réfléchir aux conséquences de cet allongement de la vie. A n’en pas douter, nombreux seront ceux qui ne souhaiteront pas les supporter, moi en tête. Mais pas seulement moi : vous n’aurez peut-être pas envie de la société que ceci prépare. Pour ma part, je ne demande rien qui puisse gêner mon prochain, uniquement le droit d’en terminer paisiblement quand je le déciderai. Quel problème vous pose ma revendication ? Un problème religieux ? Mais qui peut se croire comptable de ma relation avec ce sujet ? Je rappelle en outre qu’aucun texte de la Bible n’interdit le suicide et qu’il a fallu attendre le concile d’Orléans (VIè siècle, je n’ai plus l’année en tête) pour que l’Église refuse des obsèques religieuses aux suicidés. Je rappelle ceci pour insister sur le caractère très relatif des arguments qui me sont opposés. Bonne journée !

      • Ne comprenez-vous donc pas que c’est la porte ouverte pour qu’un jour on finisse par tuer des gens qui n’ont rien demandé, juste pour se débarrasser de ceux qu’on considère comme un fardeau pour la société ? Si vous voulez vous suicider, faites-le vous même !

  6. Une société digne de ce nom doit protéger les plus vulnérables (valeur chrétienne, n’en déplaise à certains) : donc non à l’aide à mourir, oui à la vie et à l’accompagnement des personnes fragiles. Le médecin doit rester un soignant, pas un militant forcé d’euthanasie…
    Les hommes se prennent ils pour Dieu, à vouloir décider du droit de vie et de mort ? La laïcité à bon dos, juste un prétexte pour effacer Dieu, alors que sans Lui, nous ne sommes rien… Pourquoi la gauche a abolie la peine de mort pour les criminels en 1981, pour la remettre en 2026 pour des innocents ?

  7. Il a fait entrer badinter au Panthéon, il a rétabli la peine de mort ! Va comprendre Charles !

    • R. Badinter a aboli la peine capitale pour les assassins et les violeurs sous prétexte que c’est contraire à la Déclaration des droits de l’homme qui dit que « tout individu a droit à la vie « . Pour résumer, cela signifie que tout assassin a le droit de donner la mort ou de violer les personnes normales quand il veut et quand il peut…… Actuellement, nous avons de grosses têtes censées avoir du bon sens qui veulent abréger la vie des personnes en grande souffrance et pour lesquelles aucun traitement ne peut les soulager. Est-ce réellement pour abréger leurs souffrances ou pour faire des économies ou pour faire de la place dans les milieux Hospitaliers ou les EHPAD ???? Normalement, c’est à la personne concernée d’en décider si elle le souhaite ou son Médecin ou sa famille.

  8. Dieu se venge des Hommes et saura les juger. Un nouveau pas vers la disparition programmée du genre humain.

  9. Effrayant et monstrueux. Faire passer une injection de poison pour une mort naturelle il fallait y penser. Ils osent tout. Plutôt que de climatiser les hôpitaux et structures d’accueil, d’améliorer l’accueil de nos aînés et l’accompagnement psy des plus fragiles, de développer les soins palliatifs pour ceux qui agonisent, le législateur préfère « la mort pour tous ». Dans la pratique les familles seront poussées à « abréger les souffrances » de leurs proches et porteront le poids de la culpabilité de s’y être résolues pour celles qui ne seront pas devenues indifférentes. Ou qui seront soulagées ne pas avoir à gérer ces situations et à confier à un tiers la piqûre mortelle qu’ils seraient incapables de faire : hypocrisie et lâcheté. Après l’IVG de masse promue par les pseudo-féministes et même par le planning familial, l’IVG sélective des fœtus non conformes, après la dénatalité prônée par les éco décroissants, en passant par la destruction méthodique du modèle familial, voilà maintenant l’euthanasie pour les plus fragiles. Honte aux médecins qui trahiront le serment d’Hippocrate : (…) Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. (…) ».

    • Une société digne de ce nom doit protéger les plus vulnérables (valeur chrétienne, n’en déplaise à certains) : donc non à l’aide à mourir, oui à la vie et à l’accompagnement des personnes fragiles. Le médecin doit rester un soignant, pas un militant forcé d’euthanasie…
      Les hommes se prennent ils pour Dieu, à vouloir décider du droit de vie et de mort ? La laïcité à bon dos, juste un prétexte pour effacer Dieu, alors que sans Lui, nous ne sommes rien… Pourquoi la gauche a abolie la peine de mort pour les criminels en 1981, pour la remettre en 2026 pour des innocents ?

  10. Au-delà de la question, grave s’il en fut, de la fin de vie, les prises de position et les pressions de différentes instances, Conseil Constitutionnel en tête, montrent un dévoiement pour ne pas dire un détournement de pouvoir. Les députés, inféodés à leurs partis ne représentent plus leurs électeurs dont ils font peu de cas. Il est temps, après les nombreuses catastrophes que la macronie a laissé se développer, de remettre en question la démocratie représentative qui ne représente plus rien, et de passer à la démocratie participative en restaurant le pouvoir de décision des citoyens. Et corrélativement, de revoir à la baisse, aussi bien le nombre que les prérogatives -souvent usurpées-, des comités Théodule qui prévalent sans coup férir sur la soi-disant  »représentations nationale’’.

    • Je rappelle ce que dit Sieyès qui fixe le cadre de la république et qu’il est toujours important de se rappeler à chaque fois : « Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
      Le peuple se fait représenter car il est sous tutelle et est éternellement mineur en République française.

      Ensuite je cite Simone Weil qui souhaite la suppression des partis politiques car c’est :
      Une machine à fabriquer la passion collective : Le parti ne cherche pas à éclairer par la raison, mais à persuader par la propagande. Il excite les émotions et l’hystérie pour mobiliser, rendant impossible l’écoute de la « voix toujours presque imperceptible » de la justice.
      Une pression collective sur la pensée : L’appartenance à un parti exige une discipline qui force l’individu à renoncer à son jugement propre. Le militant pense d’abord en tant que membre du groupe (« En tant que socialiste, je pense que… »), ce qui constitue une abdication de la raison et un mensonge envers soi-même.
      La croissance illimitée comme unique fin : Le but premier d’un parti n’est pas le bien public, mais sa propre expansion et la conquête du pouvoir. Cette quête de puissance totale, sans limite, est par définition totalitaire.

  11. D’où vous viendrait le droit de m’interdire de vouloir mourir, de choisir ma mort, d’acheter le produit nécessaire et de me l’administrer ou de me le faire administrer par une personne qui par hypothèse n’y verrait pas d’inconvénient ? D’où vous vient cette arrogance ? Depuis que je pose inlassablement cette question dans ces colonnes, je n’ai obtenu aucune réponse. Est-ce que le mot de Liberté a un sens pour vous ?

    • Vous pouvez vous suicider, oui. Il n’y a pas de loi qui l’interdit et donc vous êtes libres.

    • Oui, vous avez la liberté de choisir votre mort, cela s’appelle le suicide. Cela ne met que vous en cause, et c’est de votre seule responsabilité. Qu’est-ce qui vous empêche de le faire ? Pourquoi mêler la société et la médecine à votre problématique ?
      Plus jeune, j’ai fait 2 TS, assez radicales, toute seule,et je suis très heureuse de m’être loupée… Car, quand on ne se sent pas un poids pour ses proches, quand on reçoit amour et aide, toute vie mérite d’être vécue et toute souffrance peut être surmontée.

  12. Cela condamnera définitivement la France aux yeux de Dieu …pour ceux qui croient et ont encore une once de respect envers les voeux de Louis XIII
    Il faudra un engagement solennel de la future majorité d’abolir ce texte ..Mais qu’attendre de gens qui ont voté l’introduction de l’avortement dans notre constitution .?
    Je suis certain que parmi les anciens LR passés au RN il ne manque pas de partisans  » éclairés » de l’euthanasie .
    Apres leur vote de la nouvelle loi d’exception demandée par la Macronie , le RN n’aura plus jamais ma voix . Les oppositions de pacotille , ça suffit .!

  13. Sachant qui voulait cette loi, il ne faut pas s’étonner des obstructions qui pleuvent sitôt qu’elle est contesté, même faiblement. L’inquiétude ne peut que grandir pour le futur proche avec un individu autant perturbé au pouvoir.

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