Euthanasie : les dernières cartouches
Ce dimanche 28 juin après-midi, à Paris, place Fontenoy, dans le VIIe arrondissement, une dernière manifestation contre l'euthanasie a rassemblé entre 4.000 et 5.000 personnes. Comme un baroud d'honneur.
Quelques parlementaires étaient présents : Marion Maréchal, Hanane Mansouri, Laurence Trochu, Eddy Casterman et Anne Sicard.
🔴 DIRECT | 5000 manifestants selon les organisateurs réunis contre l’euthanasie à Paris.
Les participants déclarent vouloir une médecine qui soigne et non une médecine qui tue.📸 @jean_bexon pic.twitter.com/9qXX8gNylv
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) June 28, 2026
Alors que le Conseil constitutionnel a jugé qu'un sujet aussi essentiel que celui de la vie et de la mort ne pouvait faire l'objet d'un référendum, nous vous proposons, à travers un petit florilège, de mettre en lumière les prises de position et arguments les plus surprenants.
Les députés ont mal voté ? Qu’à cela ne tienne, ils devront recommencer !
Mauvaise surprise pour l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), mardi 23 juin : l’amendement porté par le RN concernant l’exclusion des médecins du processus de l’administration létale a été voté. Considérant que « ce qui a été voté est en totale incohérence », mais aussi qu’on « ne peut pas laisser bafouer un texte qui était équilibré », c’est toute honte bue que le rapporteur général du texte, Philippe Vigier (Les Démocrates), a demandé une seconde délibération. N’est-il pas pourtant celui qui promettait, le cœur sur la main, d'être « respectueux des positions des uns et des autres » ? Samedi 27 juin, une seconde délibération a donc rétabli les médecins dans le dispositif.
🔴#DirectAN @VigierPhilippe invite les députés à voter l'article 2 qui "crée ce droit à #AideÀMourir" et annonce qu'il demandera une deuxième délibération sur le fait qu'il écarte les médecins de l'administration de la substance létale #euthanasie pic.twitter.com/872OuQ3eaZ
— Gènéthique (@Genethique) June 23, 2026
Les malades ne supportent pas la canicule ? Il faut les aider à partir !
Il devait faire vraiment chaud, à l’Assemblée nationale, la semaine dernière, pour avancer cette idée qu'il aurait mieux valu laisser de côté. Cette inspiration de génie nous vient d’un ancien chirurgien, le député macronien de l’Aveyron Jean-François Rousset, qui a osé invoquer l’argument de la canicule pour avancer dans le vote : « Il y a des gens qui sont en train de mourir dans une chaleur torride, il faut les aider. » On imagine que l'honorable parlementaire n'a pas saisi sur l'instant la monstruosité de ses propos. Personne pour dire à ce monsieur que, sinon, la climatisation existe et peut apporter un peu de confort aux malades ? Mais il est vrai que cela coûte plus cher que de pousser le patient vers la sortie. Mourir dans la dignité…
🔴🇫🇷 LOI SUR L'EUTHANASIE
Jean-François Rousset (député macroniste) s'impatiente, et dit qu'il faut avancer sur ce texte car "il y a des gens qui sont en train de mourir dans une chaleur torride", et "il faut les aider". pic.twitter.com/jsjB45EGI6— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) June 24, 2026
C’est un « combat laïque »
Cet argument abscons nous vient, cette fois, de l'ADMD, qui tient à rappeler aux parlementaires : « En quoi [son] combat est à la fois laïque et républicain, en quoi il est encore absurde, dans le cadre de notre République, d’interdire à quiconque de choisir sa fin de vie en s’appuyant sur des fondements qui sont, pour l’essentiel, le produit de dogmes et d’une morale religieuse qui peut librement s’exprimer mais qui n’a aucune légitimité à s’imposer aux citoyens qui ne le souhaitent pas pour eux-mêmes. » Comme si tous les opposants à l'euthanasie, notamment les parlementaires, étaient les suppôts des Églises !
Argument qui laisserait supposer que l’interdit de tuer ne repose que sur des fondements religieux et dont on pourrait se soustraire au nom de la laïcité. Si l’on pousse le raisonnement, athées et agnostiques pourraient s'exempter de ces interdits ? L’on nous répondra que le postulat défendu ne porte pas sur l’interdit de tuer mais le droit de choisir sa mort. Sauf que ce droit de vouloir décider de choisir sa mort se transforme en un acte médical impliquant un tiers qui donnera la mort. CQFD.
Droit de mourir dans la dignité : pourquoi et en quoi notre combat est un combat laïque...
Il semble décisif, dans cette période, de ne pas hésiter à relier notre engagement aux combats laïques et républicains émancipateurs. Ces derniers sont aujourd’hui en débat dans la société.… https://t.co/fMPA52wGMD— Mourir dans la Dignité (@ADMDFRANCE) June 25, 2026
L’accès aux soins palliatifs avant l’euthanasie ? Inutile !
L’amendement visait à « s’assurer que la personne qui demande à recourir à l’aide à mourir a pu bénéficier, si elle le souhaitait, d’un accompagnement et de soins palliatifs ». Il a tout bonnement été rejeté. Emmanuel Macron, qui promettait de « remettre les soins palliatifs au cœur de l’accompagnement. Ce sera une vraie révolution d’humanité et de fraternité », aurait-il menti ?
Malgré l'insistance répétée des parlementaires, l'accès préalable effectif aux soins palliatifs avant l'accès à l'aide à mourir est toujours REJETÉ. pic.twitter.com/wj2AA8reYn
— Claire Fourcade (@clairefourcade3) June 26, 2026
Personne ne les oblige, il y a la clause de conscience !
C’est l’argument suprême invoqué pour faire taire tous ceux qui seraient opposés ou inquiets à l’idée de pratiquer un acte qu’ils réprouvent moralement. La réalité est plus subtile que cela. Car d'une part, les médecins qui refuseront de pratiquer l’acte devront communiquer sans délai le nom d’un confrère plus « compatissant », ce qui les rend coopérateurs indirectement. Et d'autre part, cette clause de conscience n’inclut ni les pharmaciens ni les établissements de santé contraints d’accueillir cette pratique, sinon ils engagent leur responsabilité en cas de refus et s’exposent à des problèmes avec les agences régionales de santé.
Ce sera considéré comme une « mort naturelle »
Cet amendement voté en commission des affaires sociales travestissait la réalité et érigeait le mensonge en vérité, puisqu’il précisait que serait bientôt « réputée d'une mort naturelle la personne dont la mort résulte d'une aide à mourir »... Cette disposition n'a finalement pas été retenue en troisième lecture.
Mort naturelle, le retour.
La mort provoquée est dite mort naturelle. Pourquoi cette nécessité de travestir la réalité par la loi ? Comment comprendre que le législateur impose une mention mensongère, qui n'assume pas l'acte ?Ah, et encore une fois : un amendement LFI pic.twitter.com/epM86UGdWJ
— Erwan Le Morhedec (@koztoujours) June 10, 2026
Une manifestation d'abord interdite
Il y aurait encore beaucoup à écrire, notamment sur le fait de ne pas exclure de cette « aide à mourir » les majeurs sous tutelle ou curatelle parce que ce serait discriminant.
Même l'expression de l'opposition à cette proposition de loi dans les rues de Paris a failli être empêchée. En effet, le préfet avait interdit le rassemblement, invoquant la canicule. Saisi en référé, le tribunal administratif a toutefois suspendu cette décision, estimant qu'elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester.
Par ordonnance de ce jour, le juge des référés du TA Paris a estimé que l’arrêté par lequel le préfet avait interdit la manifestation de demain contre l’euthanasie portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifestation et ordonné sa suspension.
— Henri de Beauregard (@h2brgrd) June 27, 2026
Le texte doit désormais être soumis au vote solennel de l'Assemblée nationale, prévu ce mardi 30 juin. S'il est adopté - ce qui est l'hypothèse la plus probable, sauf surprise -, il poursuivra son parcours au Sénat, où il sera à nouveau débattu et amendé avant un éventuel retour devant les députés, qui auront le dernier mot, pour un vote solennel de la loi d'ici le 15 juillet.
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146 commentaires
Je suis bien sûr contre le
suicide de convenance.
Mais je suis favorable à ce
qu’un malade en fin de vie puisse choisir d’abréger ses souffrances.
Donc pas d’un dépressif ou d’une personne bipolaire qui peut descendre très bas dont la récupération des organes pourrait s’avérer « intéressante ».
à Jill : sauf que c’est déjà prévu par la loi ; cela s’appelle les soins paillatifs, ceux-là même que les députés idéologues refusent de promouvoir.
Personne ne remet en question le droit au suicide.
Mais le droit de quelqu’un d’imposer à un autre un acte meurtrier, encore plus d’imposer à un soignant de tuer, alors qu’il a fait de sa vie, un chemin vers le soin et l’accompagnent, surement pas le choix de tuer quelqu’un.
on voit que le pouvoir est pressé d’obtenir une permission de tuer , aujourd’hui pour un motif pas loin d’être consentuel , mais que l’on pourra à l’avenir etendre autant que l’on voudra . Il suffit d voir comment la Commission Europeenne étend ses prérogatives bien au delà de ce qui etait promis , mais sans que l’on puisse en voir des limites , c’est le même processus . On va tout droit vers l’eugénisme , au mieux , vers une liquidation de ceux qui dérangent au pire.
Les députés rétabliraient donc la peine de mort baptisée pour la circonstance « aide à mourir » sans que le président – occupé par ailleurs – et dans le même temps au cours duquel le même président a panthéonisé celui qui l’a fait disparaître de l’arsenal judiciaire. Nous vivons sous les auspices d’un pays ivre de lois prétendument « socialo-sociétalistes ». Au lieu de s’intéresser aux graves et urgents désordres mortels qui s »accumulent sur notre pays, ils regardent ailleurs.
La canicule est aussi dans l’hémicycle.
Merci de cette mise au point. Je n’imaginais pas que les tenants de l’allégements du budget réservé aux Vieux allaient finalement réussir à faire passer leur loi (?) en entier.
Les mêmes qui sont contre la peine de mort des criminels mais pour pour les plus vulnérables !
A la base, j’étais pour l’euthanasie. Il y a vraiment des gens qui souffrent et pour qui ce peut être une vraie délivrance. On ne peut pas être contre ça quand on voit un de ses proches souffrir le martyre… à vie ! Mais ce qu’ils sont en train d’en faire, ce n’est pas ça. Ils sont en train d’en faire une industrie à faire des morts, plein de morts… pour n’importe quelle catégorie de population, n’importe quand, pour n’importe quel motif, sans la moindre réflexion, sans respect ni dignité. C’est à peine si les concernés devraient avoir le temps d’y réfléchir. Et ça, ce n’est pas du tout la même chose. Comme d’hab les gauchos, s’approprient les choses et les salissent, les détournent pour les amener à ce qu’il y a de pire dans l’humanité.
Mgr Clemens August von Galen, le « Lion de Münster », a eu l’audace et le courage de combattre Hitler et son programme Aktion T4 d’euthanasie de tous ceux qui « dérangeaient ».
Aujourd’hui, il doit pleurer sur ce « projet de loi » qui doit, selon les mots mêmes du Pr Jean-Louis Fontaine, constituer un « pied dans la porte » permettant d’aller plus loin et de faire plus.
Puisse Mgr von Galen, de là où il est, inspirer les parlementaires à ne pas voter l’irréparable !
Mourir et ne pas pourrir ! Chacun doit pouvoir choisir sa mort (façon et moment)
PIpo, comme raisonnement. Commencez par lire attentivement le serment d’Hippocrate, un des piliers de notre civilisation.
on ne soigne pas les gens contre leur volonté. Ce n’est d’ailleurs pas au médecin de faire prendre la dose létale. C’est le malade lui-même ou la « personne de confiance » désignée par lui.
Pas bon si trop d’électeurs potentiels de Philippe, Attaque ou Mélenchon choisissaient de « mourir dans la dignité » avant l’élection présidentielle. Y ont ils songé ?
Ce pays qui a panthéonisé Badinter en grande pompe, va donc voter la peine de mort pour les vieux, les malades, les handicapés…
Oui, seuls les criminels seront désormais dispensés de mourir ..
Sans oublier la panthéonisation de Simone Veil et de son mari.
Hallucinant
Et constitutionnalisé l’avortement. On aime la mort en macronie. Surtout pour les autres, bien sûr.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme! C’est toujours actuel. Cependant, n’attendant rien de l’engeance socialo-macronienne, je suis rarement déçu. Ces gens-là ne se complaisent que dans la médiocrité, la vulgarité et une arrogance crasse qui ne suffit plus à masquer leur insuffisance , leur inconsistance et leur incompétence générale.. Que de dégâts en toute bonne conscience et en moins de 10 ans! Ces abrutis ont encore un an à peine pour finir de mettre le pays à genoux. Ils ne vont pas s’en priver.
On aura eu 10 ans d’Attila à bas bruit. Ne manquons pas de nous en réjouir.
Une société, ou plus précisément son exécutif, puisque ni le peuple ni ses représentants n’ont vraiment leur mot à dire, qui se préoccupe tellement de la mort, non pour l’empêcher mais pour la faciliter après avoir constitutionnalisé le droit à l’avortement, n’est elle pas une communauté dont les « élites » sont en train de compléter la « trousse à outils » législative leur permettant de se débarrasser physiquement et en toute légalité d’individus dont elle ne veut pas ou plus ? Quiconque ignorerait toute similitude avec ce qui a fait partie des prémices de ces fameuses « heures les plus sombres de notre histoire » devrait se renseigner au plus vite.
Malheureusement c’est la France que nos dirigeants euthanasient
Il faudrait prévenir tous ces politiques que l’islam interdit l’euthanasie ! Compte tenu de leur soumission à cette religion (à cette conquête politique de la France, en fait), ça les fera réfléchir.
Allah déclara à propos du suicide d’un malade : “Mon serviteur hâta sa propre mort, en conséquence, Je lui interdis l’accès au Paradis.” » (Sahih al-Bukhari, Ahadith al-anbiya, Hadith 3463)
Monsieur ROUSSET a bien avancé dans la bêtise humaine, le pauvre, que Dieu le pardonne