Ceuta : Bellamy dénonce le cynisme d’Attal, immigrationniste à Matignon et à Strasbourg

Sur Ceuta, Attal essaie de montrer ses petits muscles, mais il y a un mois encore il s'opposait au nouveau réglement retour porté par les droites européennes.
Copie écran ©LCI
Copie écran ©LCI

Ceuta, un nouvel épisode du Camp des saints. Ceuta, un concentré de la tragédie migratoire européenne, de tous les renoncements et les mensonges des élites depuis quarante ans. En un lieu, en un jour, l'image des 60 000 Marocains déferlant sur l'enclave espagnole a résumé aux yeux du monde le destin d'un continent assiégé, impuissant, envahi. Tout y est : la démagogie d'un gouvernement socialiste, véritable pompier pyromane, comme le rappelle Georges Michel ; la nature de l'immigration : arabo-musulmane, jeune et masculine ; l'ingérence étrangère, le Maroc faisant pression sur l'Espagne (voir l'analyse de Yann Montero). Les Européens encore naïfs devraient, en descendant dans la rue de leur ville, constater que Ceuta est souvent déjà là, chez eux, sous leurs fenêtres. D'où l'empressement de notre président immigrationniste (Combien de Ceuta à son actif en dix ans de portes ouvertes ?) et de ses candidats-héritiers à parler soudainement de « frontière » !

Macron et Philippe : la frontière, un élément de langage

Là où Meloni a mis les pieds dans le plat de Schengen et pointé l'inconséquence du gouvernement socialiste espagnol, Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne », ajoutant que « la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l'appui nécessaire, si celles-ci en expriment le besoin, y compris au travers de (...) Frontex ». Service minimum. Plus intéressante la réaction de la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, qui a osé aller plus loin. Interrogée sur Europe 1 vendredi, elle a déploré des « autorités qui ne savent pas réguler et qui ont permis à ce flux massif [d’] arriver en Espagne » ( le Maroc). Mais elle a estimé que c’était aussi « la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire » qui a conduit à cette situation. La Macronie continue la fiction du « en même temps » sur l'immigration alors que tous les sondages montrent que plus des deux tiers des Français ont désormais choisi la fermeté, et même  63 % sont favorables à un arrêt de l'immigration légale quand 83 % souhaitent le renvoi des criminels, délinquants ou chômeurs de longue durée ! Alors, pour toutes les « attaques » du type Ceuta dont nous sommes victimes, il n'y aura bientôt plus que Mélenchon, Olivier Faure ou Benjamin Duhamel face à Zemmour pour plaider la cause.

La duplicité du bloc central sur l'immigration : Attal

Ceuta ayant remis l'immigration au coeur de la campagne présidentielle, les deux candidats macronistes ont fait assaut de propositions. douard Philippe a incité l’UE à faire acte de plus de fermeté dans sa discussion avec les pays africains pour « prot[éger] ses frontières » et a renvoyé la balle à l’Espagne, jugeant qu’il « n’est pas acceptable qu’un pays [membre de l’UE] puisse seul décider de régularisations massives qui créent un appel d’air pour tout le continent ». Quant à Gabriel Attal, il souhaite que l’UE « engage un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs qui sont à l’origine des événements ». Mieux, il nous dit faire des « frontières  » un de ses quatre chantiers capitaux. Son post sur X s'est attiré des réponses scandalisées rappelant que, durant  l'année 2024 où il fut Premier ministre de janvier à septembre, la France avait délivré 343 024 premiers titres de séjour : deuxième niveau le plus élevé de l’histoire, derrière le pic Brexit 2021 !

Pire : l'euro-député LR François-Xavier Bellamy a rappelé les votes des macronistes contre tous les dispositifs de fermeté défendus par les groupes de droite au Parlement européen alors que plusieurs gouvernements européens ont enfin compris la nécessité d'agir. « Aujourd’hui même, le chancelier allemand et plusieurs gouvernements européens ont demandé d’accélérer sa mise en œuvre. Cette victoire, nous l’avons obtenue sous le feu des critiques aberrantes de vos élus et… des socialistes espagnols. Vous avez choisi votre camp ! Oui, la maîtrise de nos frontières est un "chantier capital". Et même le défi essentiel pour notre avenir. Mais votre communication cynique ne fera oublier à personne que, sur ce sujet comme sur tant d’autres, vous aurez tout fait pour nous désarmer. Vous êtes l’Europe d’hier, celle qui s’effondre à Ceuta avec Pedro Sanchez. » Il y a un mois tout juste Yann Montero dénonçait ce double jeu d'Attal et des macronistes sur Boulevard Voltaire.

Ce samedi matin, la presse mainstream, bien lente à nous informer de l'ampleur de l'« attaque » de Ceuta tente de désarmer les craintes en s'empressant de relayer la communication rassurante du gouvernement espagnol : « La quasi-totalité de ceux qui sont entrés à Ceuta sont déjà retournés au Maroc ». Certains titres avançant le chiffre de 48 000 sur 60 000, ce qui n'est tout de même pas la « quasi-totalité », au passage. Mais ce « retour » prouve au moins une chose : l'immigration n'est pas une fatalité irréversible, et la remigration ne saurait être un tabou. Dans cette Internationale remigratoire qui se dessine et dont parlait Jean Kast, malheureusement, la France de Macron et d'Attal joue contre son camp. Contre la France et les Français.

Picture of Frédéric Sirgant
Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

Un commentaire

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois