La proposition de loi pilotée par la gauche et profitant d’une niche parlementaire visant à légaliser l’ et le suicide assisté a été retirée, suite au rejet de son article 1er. La loi aurait été vidée de toute substance. Ce n’est pas la première fois que le lobby de la en blouse blanche (l’ADMD) tente un passage en force législatif. Mais que d’hypocrisies !

La première est dans le titre de la loi : c’est prétendre qu’être tué par un médecin ou avec son aide serait digne, et qu’une autre pourrait par conséquent être indigne. « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux misères du monde », écrivait Albert Camus.

L’épidémie d’un nouveau virus déstructure complètement notre vie, altère nos performances économiques et, surtout, délite nos liens sociaux. Ce virus tue et il serait stupide de négliger de lutter contre lui. Mais les décès concernent, pour 78 %, des personnes de 75 ans et plus[1]. Pour mémoire, l’espérance de vie à la naissance, en France, était, en 2020, de 79 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes[2]. L’énoncer ainsi est odieux, mais faut-il sauver nos vieux du Covid-19 pour pouvoir les euthanasier ?

Le gouvernement, en la personne d’Olivier Véran, a émis un avis défavorable et sort de son chapeau un énième plan pour le développement des soins palliatifs, notamment en EHPAD, avec un budget ridicule de 7 millions d’euros et la mise à disposition du midazolam pour la médecine de ville. Si le ministre énonce que le débat n’est pas opportun, il propose « d’avoir un horizon »[3]. Faut-il lire qu’une promesse électorale pourrait être utile lors d’une prochaine échéance, ou une simple flatterie à la gauche dont il est issu ?

La palme de l’ignoble est décernée à Mme la députée communiste Cathy Apourceau-Poly, qui déplore la solitude et la culpabilité des familles qui souhaiteraient euthanasier leurs membres handicapés[4]. « Adapter le recueil du consentement » est-il un euphémisme pour que l’État puisse décider de mettre fin à la vie de ces personnes présumées indésirables et inutiles ?

Le débat public, comme c’est bien souvent le cas, est biaisé. Oui, l’accès à des soins palliatifs de qualité (« Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie. »[5]) est inégal et insuffisant en France, bien que le principe ait été acté en 2005 par la loi Leonetti. Oui, l’ADMD en tire un argument fallacieux et présente comme un progrès une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Oui, la sédation profonde continue n’est pas une panacée palliative et consensuelle. Oui, le gouvernement, en mégotant sur les moyens, travaille à long terme pour cette légalisation. Et oui, les sujets de fin de vie sont complexes et ne peuvent se contenter de réponses bêtement binaires.

Mais l’on peut se réjouir des résultats du IFOP réalisé pour Alliance VITA qui n’élude pas ces complexités et relativise beaucoup la supposée appétence des Français pour l’euthanasie : ils ne sont que 24 %, contre 46 % opposés à l’acharnement thérapeutique et 48 % désireux de ne pas subir de douleur[6] (choix de deux propositions sur sept concernant la fin de vie). Pas sûr qu’un État utilitariste confisqué par les forces dites de progrès les entende, mais ce n’est pas une raison pour cesser de répéter que la dignité de l’homme est intrinsèque à sa nature et ne dépend en rien de son autonomie.

 

 

 

 

[1] https://fr.statista.com/statistiques/1104103/victimes-coronavirus-age-france/

[2] https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres/france/mortalite-cause-deces/esperance-vie/

[3] http://www.senat.fr/cra/s20210311/s20210311_1.html#par_161

[4] http://www.senat.fr/cra/s20210311/s20210311_1.html#par_161

[5] https://citations.ouest-france.fr/citation-anne-dauphine-julliand/faut-ajouter-vie-aux-jours-110883.html

[6] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2021/03/117962-Soulager-mais-pas-tuer-Résultats.pdf

14 mars 2021

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