Un homme de 25 ans a été touché par balle, jeudi soir 12 mai, à Toulouse. Cet agent de sécurité de l’hypermarché Carrefour de Purpan a été victime d’un tir vers 22 heures, sur le parking de l’établissement. Une autre personne aurait reçu un jet de projectile.

Nous nous sommes rendus sur place, ce samedi après-midi 14 mai. Sur le parking du centre commercial du Purpan, à Toulouse (Haute-Garonne), on constatait encore, samedi, des traces de sang sur une vingtaine de mètres. « J’ai entendu deux coups de feu », explique Marie, une manageuse du restaurant Flunch tout proche, interrogée par Boulevard Voltaire. « Nous sommes rentrés pour nous réfugier à l’intérieur des bureaux de notre établissement avec mes collègues », poursuit-elle. « J’ai appelé la police qui est arrivée en même temps que les secours. » À l’opposé du parking, au Bistro Régent, deux serveuses de 19 ans ont aussi assisté à la scène. « On a vu une dizaine de personnes agressives. Cinq clients se sont levés pour séparer les hommes engagés dans la rixe, puis on a entendu deux détonations », témoigne Annabelle (le prénom a été changé à sa demande). « On a alors décidé de mettre à l'abri l’ensemble des clients à l’intérieur du bistrot. Cela faisait très peur ! », dit-elle.

La victime, un jeune homme de 25 ans, agent de sécurité chez Lynx, est grièvement blessée par balle vers 22 h 30. La salariée du Bistro Régent Anabelle détaille : « Les agresseurs ont aussi pointé et menacé avec leur canon un des clients qui a voulu s’interposer. » La victime est alors déplacée sur une vingtaine de mètres pour être mise en sécurité sur le trottoir. « Les agresseurs, vêtus en survêtement Lacoste™, ont dit qu’ils allaient revenir, poursuit-elle. C’étaient des menaces. » Des traînées abondantes de sang indiquent que l'hémorragie était très grave. Une salariée du Bistro Régent qui a suivi une formation médicale universitaire va sauver une vie. « Notre collègue a récupéré les ceintures des clients pour en faire des garrots », raconte une serveuse. « On lui a dit à plusieurs reprises de ne pas y aller, que c’était dangereux, mais elle a considéré que c’était son devoir, témoigne un autre salarié du restaurant. Je trouve cela héroïque. » Sur une vidéo, tournée en verticale au smartphone par un témoin oculaire, nous avons pu voir la victime grièvement blessée au niveau des membres inférieurs. Une jeune femme auprès de lui applique en effet un garrot compresseur de fortune afin de stopper l’abondante hémorragie externe au niveau des jambes.

Les secours arrivent rapidement, accompagnés de la police. Entre-temps, les agresseurs se sont dispersés. Le jeune agent de sécurité est conduit à l’hôpital en urgence absolue. Les enquêteurs écoutent jusqu’à deux heures du matin les dépositions des témoins.

Selon La Dépêche du Midi, trois suspects, dont un mineur, ont été placés en garde à vue. Un des suspects s'était caché dans la Cité Blanche, située dans la banlieue de Toulouse. Aucune arme n’a encore été retrouvée.

La victime aurait eu un différend à cet endroit, jeudi, en début d’après-midi, selon Toulouse Info, un site d’information local. Selon La Dépêche du Midi, les agresseurs auraient voulu se venger en commando punitif. Selon Paul (le prénom a été changé à sa demande pour raisons de sécurité), collègue très proche de la victime et salarié de la de sécurité Lynx, prestataire de l'hypermarché, la victime ne présentait pas un profil à problème, bien au contraire : « Mon ami est un vigile d’une grande droiture professionnelle, nous explique Paul. Il ne fume pas de drogue. C’est un homme extrêmement sérieux. C’est lui qui m’a formé sur ce site. Il voulait intégrer la gendarmerie et s'entraînait, à côté, à EasyGym [une salle de sport, NDLR] quasiment tous les soirs pour réussir les tests. Il voulait servir la France. »

Les agresseurs auraient menacé de « revenir » sur les lieux du crime. Contacté ce 13 mai, le corps préfectoral du Tarn-et-Garonne n’a pas répondu. Croisée à proximité du lieu, une jeune femme qui travaille sur place, exprime son désarroi : « On se sent seul et désarmé », dit-elle. Une violence parmi d’autres dans la France de 2022.

Photo Jean Bexon

14 mai 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

5 4 votes
Votre avis ?
34 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires