Pour la deuxième fois, échappe à la procédure d’impeachment lancée contre lui. Comment expliquer un tel acharnement de ses adversaires ? Quel avenir pour ce président sortant qui a rassemblé 74 millions d’électeurs ?

Analyse d’Édouard Husson au micro de Boulevard Voltaire.

Le deuxième procès pour destitution de Donald Trump a eu lieu.

Donald Trump entrera dans l’Histoire comme l’homme des records. Il sera le président des États-Unis qu’on aura essayé, deux fois, de soumettre à la procédure d’impeachment. Il y a eu peu d’impeachments, dans l’Histoire, et lui en a la moitié. Effectivement, c’était vraisemblablement couru d’avance, puisque la procédure était assez contestable juridiquement, en particulier pour deux raisons. La première, le président de la Cour suprême n’avait pas accepté de présider le procès. La deuxième, c’est que Donald Trump n’était plus président des États-Unis au moment où le procès s’est terminé. Par conséquent, cela rendait tout à fait contestable la procédure aux yeux de nombreux juristes.

Était-ce simplement pour assurer une sorte de show démocrate à l’issue de l’élection de Joe Biden ?

Je pense que cela va plus loin. Depuis la première élection de Donald Trump, en 2016, les démocrates ne cessent de contester sa légitimité. Pour une raison donnée, l’espoir aurait pu aboutir à sa condamnation. Auquel cas, le Sénat aurait engagé un deuxième vote, qui aurait été celui de son inéligibilité. Il n’aurait pas pu se représenter ni aux élections pour la Chambre des représentants ni aux élections présidentielles en 2022 ou 2024. C’était le premier but évident.

Le deuxième, c’était, dans le climat tel qu’il existe, d’intimider les électeurs de Donald Trump.

Il y a quand même 74 millions de personnes qui ont voté Trump. C’est le plus gros score jamais obtenu par un président sortant. C’est un problème pour les démocrates, puisqu’ils savent que Trump reste extrêmement populaire au sein du parti républicain. Il a encore le soutien de trois quarts des électeurs du parti républicain.

Peut-on supposer qu’il va revenir aux prochaines présidentielles ? Il incarne totalement le contre-pouvoir face au président Biden et au clan démocrate.

Alors qu’on aurait pu penser qu’il ne se remettrait pas politiquement de l’épisode du Capitole, il a survécu politiquement. Ses électeurs ne considèrent pas qu’il est à l’origine de la pénétration au Capitole par un certain nombre de personnes. La popularité de Donald Trump a grimpé dans les deux semaines qui ont séparé l’épisode du Capitole et sa sortie effective de la Maison-Blanche. Il est passé de 46 à 51 % d’opinions favorables.

Il a toute marge de manœuvre pour jouer un rôle, pour peser sur l’investiture des candidats à la Chambre des représentants et au Sénat voire lui-même, éventuellement, faire peser la menace d’une nouvelle candidature. Pourquoi pas, tout simplement, à la Chambre des représentants ?

16 février 2021

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