Le , au sens du Bureau international du travail (BIT), a fortement baissé : on décompte 340.000 chômeurs en moins en métropole et dans les DOM (Mayotte exclus) et il n’y a plus que 2,4 millions de sans-emploi. Alors que le taux de chômage était encore de 9.1 % au troisième trimestre, il est brutalement descendu à 8 % et est désormais inférieur de 0,1 % au taux moyen des trois derniers trimestres de 2019. Ce bon chiffre est d’autant plus surprenant que le nombre de personnes employées dans le privé s’est replié de 0,2 % au quatrième trimestre.

En fait, tout vient des normes édictées par le BIT pour définir un chômeur : il faut avoir effectué une démarche active de recherche d’emploi dans les quatre dernières semaines et être immédiatement disponible dans les quinze jours qui viennent. Or, avec le deuxième confinement, beaucoup de chômeurs coincés dans leurs logements n’ont pu chercher un travail ou ne pouvaient pas prendre un nouvel emploi.

Quand les mesures de restriction (confinement, couvre-feu) s’arrêteront, le chômage va bondir et dépasser à nouveau 9,1 % puisque, comme je l’ai déjà signalé, le nombre d’emplois est en légère régression. Or, comme chaque année il y a plus de nouveaux entrants sur le marché du travail que de salariés partant en retraite, il faut créer sans cesse des emplois pour absorber les nouveaux arrivants. Les perspectives sont donc sombres.

En outre, une autre menace va se concrétiser dans les mois qui suivent. Les cours en faculté se tenant en distanciel par écrans d’ordinateurs interposés, nombre d’étudiants perdent pied, ne suivent plus les cours sur Internet et ne passent même pas les partiels. Autrefois, ils poussaient jusqu’à la licence voire, pour la moitié d’entre, eux jusqu’au master. En 2021, nous risquons d’avoir 200.000 à 300.000 étudiants qui renonçant à leurs études, essayeront de prendre un emploi ne nécessitant aucune qualification. Or, si 87 % des jeunes diplômés s’insèrent sans trop de problèmes sur le marché de travail, seuls 37 % de ceux qui n’ont suivi aucune formation arrivent à décrocher un emploi dans l’année qui suit le début de leur recherche.

En outre, les emplois de survie, ceux qui permettent à plusieurs millions de personnes de maintenir leur tête hors de l’eau, se raréfient. En effet, la restauration, grande pourvoyeuse de petits emplois, étant frappée de fermeture administrative, beaucoup de ceux qui y travaillaient se rabattent sur les postes restants (caissiers, employés de restauration rapide…), créant ainsi une forte concurrence sur ces emplois précaires. De ce fait, beaucoup de ceux qui, les années précédentes, trouvaient quelques heures à effectuer par semaine sont au chômage total.

Il est très difficile de lire l’avenir. On pensait que la vaccination sonnerait le glas de la pandémie, mais l’irruption de nouveaux variants ramène l’incertitude. Rien ne dit qu’un troisième confinement n’aura pas lieu bientôt ni qu’un quatrième ne soit mis en place fin 2021 ou début 2022. Il faut espérer que non, car notre économie est à l’agonie et nous risquons la faillite, si la croissance ne revient pas ou si elle reste modérée.

16 février 2021

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