[EDITO] « Qui est-ce ? » Quand Jean-Luc Mélenchon ne sait pas qui est « Quentin »

Quentin a été enterré aujourd’hui. Certains voudraient aussi qu’il soit enterré dans les mémoires.
Quentin Deranque

Quentin a été enterré aujourd’hui. Certains voudraient aussi qu’il soit enterré dans les mémoires. Et, notamment, qu’on cesse de l’appeler par son prénom.

Les parents de Quentin ont souhaité que les obsèques aient lieu dans la plus stricte intimité. On les comprend ô combien. Pour les parents, c’est triple peine : la douleur indicible de perdre un enfant. La souffrance terrible de le perdre brutalement, par un meurtre, sans avoir eu le temps de lui dire au revoir, de l’embrasser et de lui dire une dernière fois qu’on l’aime, sans savoir s’il a souffert, s’il a eu peur. D’après une information du JDNews, l’assistant parlementaire LFI de Raphaël Arnault aurait admis, en garde à vue, avoir crié : « Butez-le, tuez-le ! » Ils se sont acharnés sur lui comme sur une bête. Quel parent peut entendre ça ? Le supplice infect de la campagne de calomnie dont il fait l’objet, lui, la victime, de la plupart des grands médias.

Notons au passage que ces même médias se sont précipités pour relayer une partie du message des parents, transmis par la voix de l’avocat, celle qui « condamne la récupération politique, la présence de certains extrémistes notoires et les débordements racistes et discriminatoires constatés en marge de cette marche ». L’idée est claire : mettre les organisateurs de l’hommage en porte-à-faux avec la famille. Sauf qu’ils ont tronqué le texte qui précise, avant tout cela : « La famille n’avait a priori rien contre l’idée d’un hommage à Quentin suite au crime dont il a été victime, à la condition qu’il fût respectueux et apolitique, et elle tient à remercier les participants venus dans une démarche sincère et digne. » Ce qui change la donne.

Et tous ces médias qui, hier, se sont fait l’écho de la demande de non-instrumentalisation des parents pensent-ils satisfaire ces mêmes parents quand ils traitent - ou laissent traiter sur leurs plateaux sans moufter - leur fils de néo-nazi ? Le souhait des parents, c’est quand ça les arrange. L’avocat a même annoncé des poursuite contre ceux qui ont insulté et calomnié leur fils. Mais ça, ils n’en ont rien à cirer. Alors oui, on comprend les parents de vouloir former un cocon protecteur étanche autour du cercueil de leur fils, à l’abri des regards malveillants.

Sans doute cette messe - Quentin y étant attaché - était-elle dans le rite traditionnel. Rien que cela n’aurait pas manqué d’attirer les accusations habituelles d’intégrisme catholique. Il est dans ce rite, lorsque le défunt quitte l’église, une belle phrase latine que chante l’assistance : « In paradisum, deducant angeli » (« Que les anges vous conduisent en paradis ». C’est tout ce que l’on souhaite à Quentin… comme ne veut pas l’appeler Jean-Luc Mélenchon.

« Quentin ? Qui est-ce ? »

C’est une séquence qui a été relevée par le compte X Surmulot pendant la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon, lundi soir : une journaliste, Lisa Lap, journaliste de Média TV, la chaîne de LFI - la Pravda version télévisée -, se lève pour poser une question. Elle commence par la phrase : « Moi, je vais revenir sur la mort de Quentin. » Puis elle poursuit : « Le jour où on l’a appris… »

Mélenchon la coupe sans ménagement : « Quentin, qui est-ce ? ». Soit Jean-Luc Mélenchon est atteint du même syndrome que Joe Biden et perd la mémoire, soit il se fiche de nous et, plus grave, de la victime : on ne parle que de ce meurtre sordide depuis dix jours, l’un, voire plusieurs, des attachés parlementaires LFI sont mouillés jusqu’au cou, mais il ne sait pas qui est Quentin, non, vraiment, il ne le remet pas ? Le grand timonier l’ayant reprise brutalement, Lisa Lap se met immédiatement au garde-à-vous et fait son autocritique publiquement, selon les bonnes vieilles méthodes de la Chine populaire : « Pardon », dit-elle, et avant de rectifier, visiblement très émue et déstabilisée d’avoir été prise en faute, comme une élève sur les doigts de laquelle on a tapé : « le militant néo-nazi ». Sa langue a fourché, elle n’aurait jamais dû l’appeler par son prénom.

« Pardon ! »

C'est la première fois, dans cette affaire, que l'on entend quelqu’un de gauche dire pardon. Personne, absolument personne, n’a émis l’ombre d’un regret. Pas le début d'un repentir pour avoir copiné avec les militants dangereux et violents de la Jeune Garde. Pas le moindre remords de leur avoir ouvert les portes de l’Assemblée. Seules deux personnes dans ce drame ont prononcé les mots « nous nous sentons coupable » : il s'agit des  deux militantes lyonnaises de Némésis… dont celle qui a été à moitié étranglée par des antifas. Si elles n’avaient pas organisé leur happening, confient-elles de leur petite voix, Quentin ne serait pas venu les défendre et les événements ne se seraient pas enchaînés. Elles ne sont évidemment rigoureusement pour rien dans l'atroce déferlement de violence de jeudi soir, mais cette pensée doit être bien lourde à porter pour de si jeunes filles.

Sauf que cette journaliste du Média demande pardon… de ne pas avoir utilisé la rhétorique imposée par le parti. C'est là son unique faute, son seul péché. L’usage du seul prénom gêne. Parce qu’il humanise et incarne.

Jean-Luc Mélenchon répond alors : « Duranque ? Quentin Duranque, on parle bien du même ? » C’est en fait Quentin Deranque. Il abîme jusqu’à son nom de famille. Parce qu’il y a un autre Quentin, peut-être, qui a occupé l’actualité, ces jours-ci ? Lequel ? Nous sommes curieux de savoir. Nous savons tous la réponse : rajoutant le nom de famille, c’est en parler de façon administrative. Désigner par le prénom, comme on dit Lola, ou Philippine, c’est rappeler sa jeunesse. Et en faire un symbole. La gauche en use et en abuse quand il s’agit d’Adama Traoré - c’est « Justice pour Adama » -, mais c'est à proscrire pour les autres. Alors, rappelons-le : si Adama Traoré est mort à 24 ans, Quentin a été tué à 23 ans.

Jean-Luc Mélenchon va devoir souffrir, dans tous les sens du mot, qu’on l’appelle par son prénom. Que Quentin repose en paix. Et ne soit jamais oublié.

 

 

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

89 commentaires

  1. Si Mélenchon ne sait pas qui est QUENTIN, nous en revanche, nous savons tous qui est Mélenchon et ce n’est pas un plaisir pour personne. Lui et son équipée devraient vite se faire oublier.

  2. Le Figaro/AFP en remet une couche avec Quentin étudiant « d’extrême droite radicale ».
    Un commentaire propose, à juste titre, à la famille de Quentin de poursuivre le Figaro pour avoir mentionné ce qualificatif.
    En effet, n’est-il désormais pas temps de poursuivre pour injure / insulte l’utilisation verbale ou écrite de l’expression « extrême droite » ?
    Lançons ici le débat sur le plan juridique.

  3. On a l’impression que la dynamique de provocation violente lancée par Mélenchon lui-même lui échappe et devient pour lui très antiproductive. Ses sbires ont dû avoir comme mot d’ordre : « provoquez, provoquez….il en restera toujours quelque chose ». Il a réussi : de Bompard à Panot en passant par Aubry et quelques autres, ils sont tous sortis d’un minimum de décense ce que seuls acceptent leurs « collègues » de parti …et encore ! Quand il s’en rendra compte, le ridcule aidant, il est capable de devenir encore plus agressif…et qui en bénéficiera ?

  4. Je me demande si les LFIstes et leurs complices n’ont pas envie de vomir, en se regardant dans un miroir. Je ne comprend pas la fascination qu’exerce sur eux Mélenchon, ni cette soumission obséquieuse de certains médias. La place de ces gens là est dans les poubelles de l’histoire. Que Quentin repose enfin en paix et que ses parents trouvent le courage d’avancer malgré le drame. Nous n’oublierons pas Quentin.

  5. LFI sont des républicains, ils s’affirment comme tel. Et donc comme leurs « illustres » prédécesseurs en 1793 leur objectif est d’exterminer les catholiques. Donc s’ils devaient exprimer un seul regret c’est celui de n’en avoir tué qu’un seul. Que l’âme de Quentin repose en paix. Christus Vincit.

  6. Quel odieux personnage! On peut tout de même se demander comment des gens, donc ses adeptes, peuvent l’écouter avec une telle ferveur et gober tout ce qu’il dit. Il n’a aucun charisme, rien, c’est une coquille vide.

  7. Mélenchon n’a pas oublié le petit ange de Nahel ! J’ai H O N T E pour lui, et d’ailleurs cet homme au cœur sec a-t-il des enfants ? eh bien non, Q U E N T I N ne sera jamais oublié !

  8. Incroyable donc quand les sbires s’adresse à melenchon leur chef ild doivent dire « Mon fureur hitler » avec LFI nous sommes revenu en 1933 exactement pareil,monsieur Nunez quoi faire.

  9. Mais personne ne pourra oublier Quentin et les mensonges de LFI pour se « dé-tacher » du sang versé . Personne ne pourra oublier , pas même Mélenchon qui , s’il était un homme se sentirait mourir de honte, vous savez cette honte que doit ressentir un coupable qui fait condamner un autre pour sauver sa peau .
    Mélenchon , vous venez de marquer l’histoire par votre ignominie .

  10. Heureusement que la bave du crapaud n’atteint pas ma blanche colombe. Pensées à Quentin et toute sa famille. In pace requiescat.

  11. C’est terrifiant ce que ces barbares ont commis……. Mais comment les parents de Quentin pourront-ils se remettre d’un tel drame ? Pour l’exemple et surtout pour dissuader d’autres créatures monstrueuses qui sommeillent dans le parti LFI, que la JUSTICE fasse son travail en les sanctionnant de la perpétuité sans oublier leur Chef Mélenchon, responsable de cette salé équipée.

  12. Je me demande comment les parents de Quentin peuvent tenir face aux horreurs dites sur leur fils . LFI et l’ensemble de l’extrême gauche y compris certains médias n’ont vraiment aucun respect devant la mort d’un jeune homme de 23 ans lynché pour ses idées et défendant simplement des femmes venues déployer une banderole

  13. Tous ces gens sont nés avant la honte, avant l’honneur, avant la sociabilité. Ils ont abandonné toute humanité. Leur seule manière d’être consiste à salir, à avilir, à détruire, à effacer tout de où contrevient à leur ambition dictatoriale et stalinienne.

    • Même pour accuser avec force de mensonges, l’extrême gauche n’a aucune finesse, on les voit venir de loin surtout leur gourou. Robespierre était surnommé l’accusateur public, l’idole de Melenchon qui oublie qu’il a terminé défiguré d’un coup de pistolet et présenté à Samson, le pilote de la guillautine. Sa tête n’a pas fini en haut de l’ affiche mais dans un panier. On dit que l’histoire se refait toujours.

  14. Le gourou LFI ayant donné ses éléments de langage, la petite journaliste impressionnée devant sa star a dérapé par inexpérience. Heureusement elle s’est excusée et s’est reprise en utilisant le vocabulaire obligatoire «le militant néo-nazi ». Pour cette fois elle échappe au goulag. La réplique melanchonesque avait un sens précis «de qui parlez vous,  je ne lis pas la rubrique des chiens ecrasés ». Tuer un chien ce n’est pas si grave. Ce type est une ordure.

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