[EDITO] Dernière trouvaille macroniste : poursuivre et punir les agriculteurs… à leurs frais !

Agriculteurs

C’est un détail de la loi d’orientation agricole actuellement examinée à l’Assemblée nationale, mais il se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et ulcère les agriculteurs. Et pour cause : il est infiniment révélateur. Les Verts ont encore sévi. Ils ont glissé dans la loi un amendement répressif bien dans leur style, une boîte à gifles anti-paysans, tellement provocatrice qu’elle ferait sourire si autant d’agriculteurs ne luttaient pas tous les jours pour survivre. L’amendement commence gentiment : « Sans préjudice des poursuites pénales qui peuvent être exercées en cas d’atteinte irréversible à la conservation d’espèces animales non domestiques, d’espèces végétales non cultivées et d’habitats naturels […] » De quoi coincer à peu près n’importe quel agriculteur… La suite colle les paysans contre le mur de l’administration tenue d’une main de fer par nos sympathiques Khmers verts : « L’autorité administrative compétente peut, sans avoir procédé préalablement à une mise en demeure, obliger à l’accomplissement, aux frais de la personne physique ou morale de la personne responsable de l’atteinte, d’un stage de sensibilisation aux enjeux de l’environnement et notamment à la reconnaissance et à la protection des espèces et habitats. »

La secte verte manie le bâton

La majorité tord ainsi, à nouveau, le bras des agriculteurs : poursuites pénales sans avertissement, imposition d’un stage de sensibilisation sans mise en demeure et matraquage pour le paiement des frais de ladite sensibilisation auprès de populations agricoles dont toute la France a compris qu’elles sont au bout du rouleau et en danger. Toute la France… sauf Macron et ses macronistes. Les intenses révoltes paysannes dans toute la France et en Europe, précisément contre ce type de diktat ? Pas vu, pas compris par le pouvoir.

La colère du syndicat Coordination rurale ne s’est pas fait attendre : « Monsieur le Ministre, écrit le mouvement, sur X, retirez cet amendement sans délai, la colère paysanne est immense. » De nombreux agriculteurs voient rouge, comme Cédric : « Celui ou celle qui me recevra en stage ne sera pas déçu : il ne finira pas la journée, il aura craqué avant moi ! » Jamais on n’avait piétiné à ce point une révolte, celle de professionnels qui veulent continuer à nourrir les Français, après tant de promesses et tant de mots.

Les Soviets verts sont si certains de leur fait qu’ils manient le bâton par réflexe, comme les mauvais régisseurs d’autrefois rudoyaient les serfs. C’est une seconde nature : les auteurs de ce texte ne voient plus ce que leur comportement a d’insupportable, coupé des professionnels de la nature, coupé des Français, coupé du réel et du bon sens, mais persuadé de faire le bien. Vous avez dit sectaire ?

Le maniement du bâton écolo, de la complexité administrative et de la menace de l’État face aux derniers entrepreneurs agricoles qui se battent pour survivre est devenu une peau indétachable de l’État macroniste. Le même qui, au terme de mois entiers de soulèvement paysan contre sa politique, a imposé, à la quatrième place de la liste Hayer aux européennes, le sinistre Pascal Canfin, l’artisan du Green Deal.

Moins compétents qu’eux

Il suffit de quelques clics sur le site de l’OFB (Office français de la biodiversité), où des fonctionnaires idéologues et bien nourris font profession de tracasser sans fin nos agriculteurs, pour vérifier que l’amendement n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ainsi, quatre coupables d’avoir circulé en motoneige, non agriculteurs, ont-ils testé un dispositif connexe en 2021. Pour éviter les poursuites judiciaires, ils ont été inscrits de force à un stage de « sensibilisation à la préservation de l’environnement » organisée par la Maison régionale de l’eau (oui oui, ça existe !) pour suivre une journée de formation théorique et un volet terrain, le tout à leurs frais. Pour des Parisiens, admettons. Mais contraindre des paysans, dont les diplômes, l’héritage familial, l’expérience, le métier les mettent en permanence au contact de la nature, à se faire tirer l’oreille et taxer par moins compétents qu’eux témoigne d’une morgue, d’un sentiment de supériorité, d’un mépris liberticide et d’un maniement décomplexé de la contrainte qui font froid dans le dos.

Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Il faut que le monde passant bloque tous types d’alimentation de la capitale pour 15 jours. Et également pour les jeux.

  2. J’espère que vous n’effacerez pas mon préambule: « Mort aux cons! »
    Le 9 Juin approche, il faut tordre le coup à ces dictateurs écologistes qui n’y connaissent rien, absolument rien si ce n’est d’être des suppos ancrés à gauche, c’est dire leurs incompétences à l’image de ce qu’est devenu le pays depuis maintenant 43 ans tiens, c’était l’arrivée au pouvoir de la gauche précisément.
    Tous ces bras cassés européens doivent disparaître politiquement que nous ayons des pragmatiques, d’expérience qui savent de quoi ils parlent, cela existe et du milieu précisément agricole afin que cette magnifique profession s’en porte beaucoup mieux face à ces nouveaux interlocuteurs.

  3. « Toute la France… sauf Macron et ses macronistes. » Ils n’ont pas à le savoir car ils ne sont qu’exécutants. Cet amendement est issu directement des verts de Bruxelles, ça se sent.

  4. On dirait un stage de récupération de points pour chauffards routiers . Deux solutions : a) filmer et publier intégralement lesdits stages ; b) instituer dans la loi une clause euclidienne (réforme constitutionnelle, votée en – 401 à Athènes) rendant responsables des conséquences les auteurs des lois néfastes . Souvenez-vous de Jacques ATTALI, le 16 février 2024, avouant spontanément devant 200 témoins:  » C’est un échec! « 

    • C’est loin 401 mais à cette époque les politiques en avaient, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Sans autorité gouvernementale il n’y a rien à attendre, nous le constatons chaque jour qui passe.

  5. La Macronie voudrait-elle déjà les paysans dans les rues, avant même les Européennes? Et si je souhaite la disparition électorale de l’espèce macronienne, vais-je avoir droit au « stage de sensibilisation »?

  6. Stigmatiser une communauté, procédé récurrent de ces élites y ajoutant l’humiliation d’être sermonnés par des incompétents. Cela peut paraitre éloigné de la cause agricole mais le contrôle technique des motos procède de même: Il est avéré que les motards dans leur immense majorité sont des passionnés très soucieux de l’état de leur engin. Mais cette « minorité marginale » insupporte le Pouvoir, il fallait donc la mettre au pas (et faire un exemple au passage)sous le prétexte fallacieux de sécurité, en lui mettant des bâtons dans les roues(au propre comme au figuré).

  7. Je en suis pas optimiste pour notre agriculture. Sans ces agriculteurs qui marchent sur leurs pieds ( et non sur la tête ) où en seraient-ils ? Hier sur France 2 un céréaliers disait que sans la PAC il ne pourrait vivre. Un petit paysan qui cultive en circuit court, n’a droit à aucune aide car… « trop petit  » etc Je ne suis pas expert. Je ressens juste qu’un l’avenir juste et prospère pour ce monde rural _ face à la techno-structure_ sera le fruit de… « veiller au grain » ( avec ou sans jeu de mots ).

  8. On marche sur la tête. Ces Khmers verts qui ne savent même pas distinguer les différentes variétés de légume ni comment vêle une vache et plus encore, devraient aller faire un stage de quelques jours chez un agriculteur ou un éleveur.

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