« Madame Transat » : Monique Barbut, symbole d’un pouvoir à la dérive

En télétravail au cœur de la crise, le ministre de la Transition écologique semble se préoccuper des incendies comme de son premier transat.
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« Tout va très bien, Madame la Marquise. » La France est un brasier géant, mais Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a les doigts de pied en éventail dans sa villa de bord de mer à Sainte-Maxime (Var). À une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau, au cœur de l’arrière-pays, à Pontevès et Cotignac, la forêt de Provence se transforme en géhenne pendant que les habitants traversent, dans l’effroi et un sentiment d’abandon le plus total, l’épreuve du feu. En Gironde, l’épouvante et le désarroi se mêlent à l’angoisse alors qu’un incendie d’une violence inédite dévaste plus de 40.000 hectares et anéantit près de 250 habitations.

Mais Madame le ministre boude. Quelques jours auparavant, remontée comme un coucou, Monique Barbut avait annoncé sa démission à la suite de l’adoption à l’Assemblée, le 21 juillet, de la loi d’urgence agricole et de la réintroduction de certains pesticides ; « le recul environnemental de trop », avait-elle justifié. Mais Emmanuel Macron, ne l’entendant pas de cette oreille, a convaincu - disons, plutôt, contraint - son ministre à rester en poste. Le président de la République, qui a résisté au Covid-19, aux gilets jaunes et à la crise de la dissolution, ne conçoit pas une démission pour une telle broutille – semble-t-il.

Alors, le 22 juillet, après le Conseil des ministres, Monique Barbut, d’après une information du Canard enchaîné, confirmée par RTL, a filé à l’anglaise se mettre au vert dans sa villa provençale, en télétravail. C’est donc en visio que le ministre a suivi la crise des incendies, sans daigner pointer le bout de son nez auprès de la population dont les maisons partaient en fumée.

Macronisme hors-sol

« Assiste-t-on à un effacement du ministère de l’Écologie en pleine crise des incendies monstres ? », s’interroge l’ancien ministre écolo, François de Rugy, qui s’indigne sur les plateaux : « J’ai connu des crises : Gilets jaunes, marée noire au large de la Corse. Cela ne me serait pas venu à l’idée de partir dans une maison de vacances ! » Ce n’est pas pour rien que Monique Barbut aurait hérité du doux surnom de « Madame Transat ». Un sobriquet qui proviendrait directement des fonctionnaires de son propre ministère. Incroyable symbole de la désinvolture de nos gouvernants et du mépris qu’elle engendre. Terrible symptôme d’un macronisme hors-sol, donneur de leçons en tout genre, mais déconnecté du pays réel.

Si tant est qu'il restait une once de crédibilité à Madame Barbut, celle-ci s'est définitivement évaporée alors que la perte de confiance vis-à-vis des élites poursuit son impitoyable ascension. Parce que Monique Barbut, qui semble se préoccuper des incendies comme de son premier transat, est une mordue des propos lénifiants et décalés. En pleine canicule de juin, le ministre de la Biodiversité se disait « horrifiée par les gens qui disent "mais il n’y a qu’à mettre la clim partout" ». « Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ?, poursuivait l'ancienne présidente de l'ONG WWF France. Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien. Ce n’est pas une adaptation au changement climatique. »

Écologie punitive

Car celle qui a commencé sa carrière en 1981 à l’Agence française de développement (AFD) et qui se prévaut de ne pas être une politique de carrière, déroule son dogme écologiste au mépris du bon sens, oubliant, comme l’a brillamment décrit Étienne Lombard dans les colonnes de BV, que le Code de l’environnement est un « machin » administratif de plus qui se superpose au Code forestier et contraint toutes les mesures préconisées par les spécialistes de la forêt pour lutter préventivement contre les incendies (retrait de l’excès de bois mort, ouverture de cloisonnement de routes forestières, coupes sanitaires et d’arbres en dépérissement, débroussaillement, création de zones tampon). Un ministre qui s’alarme « des dégâts sur la faune sauvage » mais n’a pas un mot pour les pompiers qui, pour certains, paient de leur vie la lutte contre les incendies ; un ministre qui a beau jeu de prôner un « futur plan d’investissement pour la forêt française » sur le cercueil des souches encore fumantes. Face au désert des cendres, les Français n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Soyons honnête, Monique Barbut n’est que la face émergée de l’iceberg. Ses comparses écologistes sont tout autant familiers des inepties de l’écologie punitive. « 20 % de la production de fruits et légumes a été liquidée en France à cause des canicules », s’alarmait, par exemple, le 29 juillet, la secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, quand les mêmes écologistes mènent une lutte acharnée contre les bassines de rétention d’eau.

Et dire que les Français ne sont bons qu'à polémiquer. Gageons qu'en avril 2027, Madame Transat ne sera pas contrainte au télétravail. Mais au chômage.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

84 commentaires

  1. Malgré son excellente prestation dernièrement ,Md BARBUT se concentre tout cet été dans son transat, afin qu ‘ à la rentrée elle représente pour la 2 ème fois sa démission avec une force inouîe que Macron sera obligé d’accepter.La nature ayant horreur du vide ,une autre écologiste renommée mondialement ,à savoir Marine Tondelier pourrait accepter ce poste en intérim, en attendant de se présenter à la présidentielle avec facilement avec pour réslutat au moins 2% des voix sans l’aide de LFI.Quitte à achever nos forêts et à humilier nos agriculteurs prenons des professionnelles de la parole.

  2. Les Français ignoraient et continueront d’ignorer jusqu’au nom de cette ministre.
    Et que signifie « transition écologique » pour le vulgum pecus qui n’a que la télé comme information? Une exigence statistique des technocrates de Bruxelles.
    La dite ministre a accepté de continuer à toucher sa rémunération de ministre, ce qui est un très gros effort et une coup de main significatif à macron, qui n’a plus personne à qui proposer un maroquin.
    Pourquoi en plus, exiger d’elle de faire ce pourquoi les Citoyens la payent?

  3. Madame Barbut est la preuve que la femme est enfin devenue l’égale de l’homme selon Françoise Giroud. On connaît en effet la célèbre formule de la co-fondatrice de l’Express : « les femmes deviendront véritablement les égales des hommes le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. » Avec madame Barbut, c’est fait.

  4. Arrêtez vos critiques profondément injustes vis à vis de Mr BARBUT, au delà de tous les avantages des ministres dont elle fait fi, elle a accepté ce poste pour rendre uniquement service à Mr Macron.
    En effet bien que la gamelle est encore bonne pour le moment, elle a accepté car ceux qui veulent se présenter à la présidentielle de 2027, aimeraient ne pas se voir coller l’étiquette de ministres macroniens à si brève échéance.
    Donc c’est uniquement l’esprit de sacrifice qui a motivé son accord pour entrer au gouvernement.
    Sa démission aurait été désastreuse aussi bien pour elle qui a pour vocation de sauver la planète , sans oublier les forêts NON CLIMATISEES, ainsi que pour Macron dont personne de raisonnable ne souhaite prendre ce poste hautement brûlant, sans vouloir faire un jeu de mots.

  5. « Un ministre qui s’alarme « des dégâts sur la faune sauvage » mais n’a pas un mot pour les pompiers ». Moi, je crois comprendre Mme Barbut. Si le pompier avait fait partie de la « faune sauvage », il aurait eu toute sa meilleure attention., soyons en bien certain. Il n’est pas permis d’en douter. Mais, ce n’est pas le cas, chacun en conviendra Alors, ….

  6. Arrêtez d’être dur avec Md BARBUT, elle était dans sa villa du Var et hésitait longuement ,pire pour elle un vrai dilemme , à côté un cas de conscience n’est rien. Soit elle partait en Gironde pour voir les incendies de forêts encore NON CLIMATISEES, et dire aux pompiers qu’ils devraient économiser sur l’eau pour éviter le gâchis, soit elle restait chez elle dans un but purement humanitaire dont seuls les écologistes ont le secret, en prévision de la venue de migrants qu’elle pourrait revoir dans sa villa car elle a plusieurs transats,
    Incroyable comme les gens sont mauvaise langue.

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