Un désastre majeur mais qui n’intéresse, hélas, pas nos habituels et sémillants paladins et prophétesses. Pourtant, seules nos divinités – qu’elles s’appellent Ségolène, reine des pôles, ou Greta, notre Gaïa réincarnée – pourraient soulager la plaie béante saignant au flanc de la biodiversité. Une espèce jadis florissante, voire endémique, semble disparaître au profit d’une autre espèce que la mondialisation sauvage a renforcée.

Que Ségolène Royal et Greta Thunberg se mobilisent avec nous pour sauver le bandit français !

Jadis glorieuse, incarnée dans cent films par Jean Gabin, Bernard Blier, Bébel et tant d’autres : Prosper-yop la boum, Gaëtan Zampa, Riton le Tatoué, Mesrine…

Que le lecteur ne se méprenne pas sur la légèreté du ton, les faits qui suivent ne tombent ni dans l’alarmisme ni dans la panique gratuite. Jugez plutôt les faits.

Le lamentable constat remplit deux documents du ministère de l’Intérieur : le Rapport annuel sur la organisée en France (SIRASCO-police nationale) et le Rapport annuel sur la criminalité organisée (gendarmerie nationale-SRC, service central de renseignement criminel). Deux documents à diffusion restreinte, notons-le, il serait dommage de révéler au citoyen lambda la réalité des faits : la maison Castaner élude, bien sûr, ce qui fâche.

Voici, néanmoins, ce que ces rapports révèlent.

D’emblée, le désastre : bourré de faits, chiffres, cartes (du beau renseignement criminel, soit dit en passant), le rapport du SIRASCO (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) consacre au « banditisme traditionnel » huit lugubres lignes sur 250 pages denses ; une oraison funèbre, plutôt : ce Milieu Français-de-souche « n’est plus ce qu’il fut à son apogée… moins actifs, ses membres se sont exilés ou reconvertis ».

Tout aussi passionnant, consacré à la « zone gendarmerie » de la France métropolitaine, rurale et périurbaine, le rapport du SRC-Gendarmerie énumère les « métiers criminels » les plus actuels et dangereux.

Eh bien, qu’on prenne le problème par tous les bouts – police ou gendarmerie, actes criminels, typologies ou implantations criminelles : les malfaiteurs étrangers (ou d’origine étrangère) sont partout et les Français nulle part, ou presque.

Trafics d’armes : « bandes organisées polycriminelles » ici, « des éléments de la communauté turque » là, des « minorités ethniques non sédentarisées » ; ailleurs, encore, des malfaiteurs des « cités sensibles »

Vols de tracteurs et autres matériels agricoles : des criminels de Lituanie.

Trafics de stupéfiants : « organisations criminelles turques, albanaises, marocaines et pakistanaises ». Aussi, des bandes des quartiers hors contrôle (règlements de comptes, économie officieuse, recel de vol de high-tech et de vêtements).

Trafics d’êtres humains, migrants, etc. Réseaux structurés, criminalité internationale (Balkans, Afrique…). Des Chinois et Latino-Américains aussi. Plus récentes, des bandes des quartiers hors contrôle et de Roms ; ces derniers prostituant sans vergogne les femmes de leurs propres clans.

Fraudes aux billets d’avion, malfaiteurs africains ou issus du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est.

Bandits itinérants, pillant d’abord les zones rurales-péri-urbaines : « frange criminalisée des gens du voyage ». Albanophones, Roumains, Moldaves, Lituaniens, Géorgiens. Issus de l’ex-Yougoslavie, Polonais, pratiquant les « vols sériels à l’étalage » par réseaux de pickpockets, voleurs et mendiants ; tous rentrant enfin chez eux jouir de leurs butins.

Criminels issus des quartiers hors contrôle : massivement issus de l’immigration africaine/maghrébine, narco-banditisme, délinquance d’appropriation, vols de fret, etc.

Organisations criminelles d’Afrique : Algérie, Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Nigeria, Sénégal, pour l’essentiel.

Réseaux criminels de l’ex-URSS : Tchétchènes, Moldaves, Géorgiens, etc.

Criminels asiatiques : Chinois, Vietnamiens, sous-continent indien, Mongolie, même !

Criminels d’Amérique du Sud : Brésil, Chili, Colombie, Pérou, Surinam.

Bien sûr, les limites d’un article condamnent à effleurer le sujet.

Quand même, cette question : pourquoi le banditisme du monde entier – la Mongolie, le Chili, c’est loin – vient-il piller la France, y subjuguant même notre banditisme indigène ?

Qui laisse la France et les Français au pillage du crime mondialisé ? De successifs gouvernants aveugles ? Un justice quasiment hors de combat ?

Grave question. Un jour, ceux qui suscitent ou tolèrent ce désastre devront en répondre – de gré, peut-être de force.

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