Député européen, proche conseiller d’Emmanuel Macron, pacsé avec Gabriel Attal, il fit ses premières armes à l’UNEF et au MJS, en compagnie de son grand ami Aurélien Taché, puis auprès de DSK. On dit de lui qu’il est « discret » et « silencieux ». Faut-il qu’il juge l’heure grave pour sortir de son mutisme. Dans un entretien à L’Opinion, il appelle à « revoir l’arsenal réglementaire et législatif qui encadre l’audiovisuel français ». Rien que ça ! Avec, in fine, l’idée « de décompter le temps de parole des éditorialistes les plus engagés en politique ». Et de citer sans complexe Éric Zemmour.

Il déplore aussi la « mutation dans le traitement de l’information depuis l’émergence des chaînes d’information en continu » avec, notamment, le « diktat du direct » (sic). C’est vrai que parler de l’actualité est quand même une drôle d’idée, pour un journaliste. Pourquoi ne pas favoriser, plutôt, l’archéologie ? On pourrait, par exemple, évoquer en boucle avec volupté les septennats Mitterrand quand la gauche était au zénith, ce serait beau, ce serait chouette.

Il y a, de ce fait, de la « surenchère médiatique » qui contamine jusqu’aux médias respectables : selon lui, « l’élection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne a fait l’objet d’une brève de 15 secondes dans le JT de France 2 ». Quel scandale ! Alors que cette information passionnait les foules.

On ne voit pas bien, pourtant, comment les médias pourraient survivre à la pression de l’instantané, choisissant la circulation de l’information en calèche, cahin-caha, avec cette bonne vieille AFP en guise de cocher, quand les réseaux sociaux ont investi le TGV. La force des médias d’information continue est d’avoir su prendre ce train. Stéphane Séjourné est-il contre le progrès ? Aurait-il reproché aux journalistes, jadis, de ne pas avoir gardé le combo machine à écrire-télex et d’avoir cédé au « diktat », à « la surenchère » de l’ordinateur et de la Toile ? Et dire qu’on accuse la droite d’être conservatrice. Il est vrai que cette fluidification de l’information, cette multiplication des sources permet une diversification de l’offre éditoriale, soudain idéologiquement décorsetée. Un exemple ? Les catholiques agressés par les antifas, samedi. Les réseaux sociaux ont fait remonter, en a parlé. Pas le service public.

S’agissant de , il affirme même que « certains programmes de la chaîne abaissent le débat ». Alors qu’au plus haut de sommet de l’État, en conversant avec les fins analystes à l’esprit délié que sont McFly et Carlito, le Président a pourtant donné un exemple, une vision, un modèle, un idéal.

Pour lui, Éric Zemmour se trouverait dans une « zone grise », quelque part,si on le suit bien, entre le journaliste et le politique. Parce qu’évidemment, les éditorialistes de gauche ne délivrent pas une opinion mais la vérité, celle qu’au-delà de nos frontières on appelle truth, Wahrheit… ou pravda. Toujours parfaitement neutre, qui en douterait. Comme si la vérité ne jaillissait pas de la confrontation étayée de points de vue – au Moyen Âge, on appelait cela disputatio -, tels les contreforts qui opposent leurs forces pour consolider les murs porteurs d’une cathédrale.

C’est ce que font, notamment, Éric Zemmour – à fleurets mouchetés, et si les bretteurs ne sont pas toujours à la hauteur ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes – et Pascal Praud – plus gauloisement, mais tout aussi efficacement, dans une version il-n’est-pas-frais-mon-poisson.

Dans la famille, à défaut des délinquants, mettons les journalistes au pas, le décompte de temps de parole imaginé par Stéphane Séjourné – par un organisme officiel gouvernemental ? – ressemble comme un jumeau au tri de l’info lancé par Sibeth Ndiaye, en mai 2020. Souhaitons qu’il connaisse le même sort, résumé en une onomatopée : flop !

2 juin 2021

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