Editoriaux - Histoire - Supplément - 28 mars 2016

Daech : Mélenchon a-t-il tout compris ?

Que ne ferait pas Jean-Luc Mélenchon pour faire parler de lui ? L’ancien sénateur de l’Essonne et actuellement député européen s’est exprimé, dimanche 28 mars, dans l’émission “Le Supplément” de Canal+ à propos des attentats en Europe et des attentats en Syrie : « Si on arrête la guerre là-bas, il est vraisemblable que les attentats cesseront », a-t-il déclaré. Il en fait une condition presque sine qua non : « Commençons à admettre ce point », dit-il à son interlocuteur, Ali Badou. « La guerre que nous menons là-bas se prolonge ici. C’est un fait acquis. »

Après une telle déclaration, tout un chacun reste partagé entre l’incompréhension et la colère. L’incompréhension parce qu’il est totalement illusoire de croire que la fin de la guerre signifie la fin des attentats. L’armistice signée le 11 novembre 1918 n’a pas signifié que la guerre était terminée : d’autres morts sont survenues ; le 19 mars 1962 (cessez-le-feu en Algérie) l’a rappelé de manière cruelle pour de nombreux compatriotes. Et Daech se moque bien des États et des traités internationaux. Jamais ses dirigeants ne négocieront une paix quelconque, jamais ses dirigeants et ses combattants ne se rendront. Le seul objectif de Daech est de faire de cette terre un immense État islamique sous la coupe du Coran, de la charia et du voile. La mort va si bien à leurs combattants et leurs kamikazes, à qui l’ont promet le paradis et 72 vierges. Leur idéologie malsaine est jusqu’au-boutiste. En somme, pour eux, la seule négociation, c’est la guerre.

La déclaration de Jean-Luc Mélenchon suscite également la colère par la méconnaissance de l’Histoire qui le caractérise. Car ce ne sont pas les Occidentaux qui ont porté la guerre en Syrie et en Irak, mais bien les terroristes islamistes qui ont commencé à la porter sur le Vieux Continent dans les années 1980 et 1990, avec les nombreuses vagues d’attentats dans leur volonté d’imposer leur idéologie : rue des Rosiers, rue de Rennes, métro Saint-Michel, Madrid, jusqu’au Bataclan et Bruxelles il y a quelques jours. En tout, près de 900 morts en Europe. Depuis le 11 septembre 2001, ces mêmes terroristes ont commis près de 18.000 attentats dans le monde. Comment, ainsi, nier cet aspect ? En allant notamment en Afghanistan, l’idée était d’aller éradiquer la tumeur là où elle se trouvait. Mais là encore, il aurait peut-être fallu rester plus longtemps pour traiter toutes les cibles, car les métastases n’ont repris que de plus belle après l’élimination de Ben Laden. Ce fut d’ailleurs une erreur de croire qu’une fois cette tête d’affiche terroriste éliminée, les attentats allaient s’arrêter d’eux-mêmes…

Dans cette longue interview, Jean-Luc Mélenchon a, néanmoins, eu un éclair de lucidité en reconnaissant que « l’État (français, ndlr) est anémié » et qu’il « manque des moyens humains pour mener cette action ». Il a même terminé en disant que les djihadistes « ont perdu d’avance, ils vont nous tuer beaucoup, mais nous finirons par l’emporter ». À condition de les éradiquer jusqu’au dernier. Et encore, ce n’est pas gagné. Il faudra compter sur les générations suivantes qui voudront peut-être venger leurs aînés et perpétuer leurs funestes traditions… Finalement, tout est dans le « vraisemblable ».

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