Avec six mois de retard sur le calendrier – Covid-19 oblige -, la nouvelle micro-assemblée de citoyens composée de 150 membres rend son devoir cette fin de semaine au gouvernement, rappelle France Inter.

Mais quel travail ! 150 propositions regroupées sous six paquets particulièrement denses, on est bien dans la démocratie très individuellement participative qui doit ravir une certaine Ségolène !

Ces six grands thèmes sont :
– la modification de la Constitution ;
– se loger ;
– se nourrir ;
– consommer ;
– se déplacer ;
– produire et travailler.

Il est question de soumettre ces solutions au peuple par référendum. Déjà qu’à une question simple les réponses sont très partagées voire détournées, quel travail de synthèse redoutable faudra-t-il commettre pour permettre une lecture claire des questions posées et une réponse motivée pour le votant moyen ?

La lecture des 150 mesures est pour le moins indigeste, que personne ne pourra ou ne voudra sincèrement faire. Les promoteurs de la consultation auront donc du boulot pour courtiser les opinions durant la campagne préliminaire…

D’un survol rapide – un atavisme persistant -, je constate que les deux thèmes « se nourrir » et « se déplacer » sont les plus denses et probablement argumentés. J’en abandonne la lecture exhaustive aux curieux affamés !

Deux points concernant la modification de la Constitution dans son préambule retiennent mon attention.

Le premier est la création d’un « Défenseur de l’environnement » sur le modèle du Défenseur des droits. Voilà une nouvelle sinécure pour personne politique méritante sans siège ou ancien ministre à la retraite. En toute logique, Nicolas Hulot pourrait y revenir en grâce ?

L’autre est le renforcement du rôle du CESE – Conseil économique, social et environnemental –, cette institution méconnue ou peu familière des citoyens. Normal, les conventionnels étaient rassemblés dans son beau palais d’Iéna et travaillaient sous son égide.

Irions-nous vers un tricamérisme original avec 1.058 parlementaires ? Ceux du CESE seraient-ils élus selon un scrutin ouvert aux citoyens ? Les us et démarches parlementaires avec les va-et-vient des projets entre les deux assemblées actuelles sont déjà lourds et fauteurs de délais.

Avec trois, la loi risquerait d’en pâtir ! Mais cet effet pervers pourrait s’avérer bénéfique, en en limitant la production annuelle…

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