Editoriaux - Histoire - 23 octobre 2018

Colonialisme et racisme anti-indigène ? Parlons-en !

Colonialisme… racisme envers les colonisés… Sujet grave et complexe sur lequel tout un lumpenprolétariat académique-journalistique a une idée simple. Les torts reposent sur les seuls Européens, dont la repentance doit être éternelle et (bien sûr) accompagnée de substantiels dédommagements.

Cependant, au XIXe siècle, qui furent les théoriciens du colonialisme ? Qui, au cours des siècles, écrivit sur les peuples indigènes les pires horreurs ?

Revue de détail – et quelques surprises de taille.

Apologie du colonialisme
“Est-ce un malheur que la splendide Californie soit arrachée aux Mexicains paresseux qui ne savaient qu’en faire ? L’indépendance de quelques Californiens et Texans espagnols peut en souffrir, la justice ou autres principes moraux peuvent être violés çà et là, mais qu’est-ce en regard de faits si importants pour l’histoire du monde ?” (Friedrich Engels, Neue Rheinische Zeitung, NRZ, janvier 1849).
“La conquête de l’Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation…” “[Les bédouins] étaient une nation de voleurs faisant des razzias contre leurs voisins et les villages paisibles […] Après tout, le bourgeois moderne avec sa civilisation, son industrie, son ordre, ses relatives lumières est préférable au seigneur féodal, au voleur-maraudeur et la société barbare qui est la sienne” (Friedrich Engels, Northern Star, 20 janvier 1848).

Apologie des génocides
“L’existence de peuples comme les Gaëls en Ecosse, les Bretons en France, les Basques en Espagne et les Slaves en Autriche sont un défi à la révolution […] De tels peuples devront disparaître de la surface de la terre lors de la prochaine guerre mondiale. Ce sera un progrès” (Karl Marx, NRZ, janvier 1849). Friedrich Engels renchérit : “Ces déchets de peuples deviennent chaque fois les soutiens fanatiques de la contre-révolution et le restent jusqu’à leur extermination et leur dénationalisation définitive.” Emmanuel Macron avait choqué la France en faisant une petite blague sur les “mafias bretonnes”, on appréciera Engels.

Mais, rassurez-vous, les peuples minoritaires n’ont pas été les seuls à subir les lumières de l’homme de gauche éclairé.

“Trop faible pour le travail, trop molle pour s’activer et impropre à toute culture, cette race [les Indiens d’Amérique] se situe encore […] loin en dessous du nègre […] L’humanité atteint l’acmé de sa perfection avec la race blanche. Les indiens jaunes ont peu de talent, les nègres sont loin en dessous d’eux et au plus bas, figure une part des peuples d’Amérique” (Emmanuel Kant, Akademische Ausgabe, vol. XV/2, p. 878).
“Les Espagnols sont déjà dégénérés. Mais l’Espagnol dégénéré, le Mexicain, c’est l’idéal. Tous les vices des Espagnols, grandiloquence, fanfaronnade, donquichottisme s’y trouvent à la puissance 3, moins la solidité des Espagnols” (Karl Marx, lettre à Friedrich Engels, 2 décembre 1854).
Ces peuples “qui n’ont pas la chance d’être de race blanche ou de religion chrétienne” (Léon Blum, Assemblée nationale, 10 juin 1927).
Récit d’un voyage au Levant et en Asie (Égypte) : “Des levantins de toute nuance, comme venant d’être vomis par l’enfer…” Indigènes de Ceylan : “Ils vivent par terre, dans une considérable crasse et puanteur, n’ont pas besoin de grand-chose et en font peu…” Enfants chinois : “mornes et obtus”… Adultes chinois : “Peuple-troupeau, plus des automates que des humains […] besogneux, crasseux et obtus […] Ils ne mangent pas assis mais s’accroupissent comme s’ils déféquaient dans les bois…” Conclusion : “Ce serait fort dommage si ces Chinois supplantaient les autres races” (Albert Einstein, Carnet de voyage, 1922-23, Princeton University Press).

Tels sont – parmi bien d’autres – les fautifs de racisme anti-indigène et de colonialisme. Nos idéologues les ignorent toujours. Balaient-ils cyniquement la poussière sous le tapis ? Pas sûr. La plupart de nos intellectuels du PAF ont, finalement, perdu l’habitude de la recherche et de l’autocritique. À force de traquer le mal dans le camp d’en face, ils ont oublié de balayer devant leur propre porte. “Tout est politique”, disent-ils toujours, mais évoquez un crime grave et ils dénoncent la “politisation d’un fait divers”. Évoquez un penseur autre que les leurs et ils crient à l’intolérance ; pourtant, ici, ce n’est ni du Maurras ni du Loti.

Bon courage à eux dans leur entreprise d’épuration conceptuelle.

Elle sera rude.

Article écrit conjointement avec Marc Eynaud

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