[CHRONIQUE] « Haine sociale » : le 1er mai, à Mâcon, Marine Le Pen a parlé juste

Mais la brisure que veut l’extrême gauche pourrait déchaîner la pire des guerres civiles.
Capture d'écran YT Marine Le Pen
Capture d'écran YT Marine Le Pen

Lors de la réunion du RN à Mâcon, Marine Le Pen a parlé juste. Comme souvent, au demeurant. Deux moments de son discours méritent de retenir l’attention.

Passer au crible les transferts sociaux

En premier lieu, elle a rappelé que tout le monde devait pouvoir travailler et être incité à le faire, mais que « chacun doit pouvoir vivre de son travail ». Elle a souligné que le fait que la collectivité publique octroie des aides pour les vacances, le logement, la rentrée scolaire, l’énergie, Noël… démontre que les salaires ne sont pas assez élevés en France. Certes, chacun sait que la différence entre les frais salariaux acquittés par l’employeur et le salaire net reçu par le salarié est énorme. Mais justement parce que l’employeur est accablé de prélèvements obligatoires pour financer, notamment, les aides dont parlait la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale. C’est le cercle vicieux parfait. Ce qui démontre, aussi, qu’il est urgent et nécessaire de passer au crible ces transferts sociaux afin de savoir quelle est leur utilité, qui en sont les bénéficiaires, quelles sont les conditions pour les obtenir… Si la fraude fiscale est pourchassée et unanimement condamnée, la fraude sociale semble parfois faire l’objet d’une forme de mansuétude ou d’un étrange laxisme. Faudrait-il ménager une éventuelle clientèle électorale ?

« Un pays qui s’enferme dans la haine sociale se brise »

En second lieu, elle a énoncé qu’« un pays qui s’enferme dans la haine sociale se brise ». En effet, cette haine peut mener à la guerre civile qui brise la nation et la divise par des haines inexpiables et des blessures longues à refermer. La pire des guerres, car les adversaires ont des motifs personnels pour s’entretuer. Mais l’entretien de la haine sociale est précisément le mode d’action privilégié des marxistes-léninistes et de leurs héritiers néo-marxistes et trotskistes regroupés autour de Mélenchon et de ses sbires. Elle est le carburant de la lutte des classes, le moteur du mouvement révolutionnaire qui permettra l’accession au pouvoir de « l’avant-garde consciente du prolétariat », ces révolutionnaires professionnels théorisés par Lénine (Que faire ?, 1902) et mis en action en 1917. « Ce qu’il nous faut, c’est la haine », avait écrit son camarade Anatoli Lounatcharski, formule reprise par Jean Genet.

Prolétariat de substitution

Le prolétariat n’intéresse les marxistes et néo-marxistes que dans la mesure où il est une force révolutionnaire. Dès qu’il cesse de l’être, il ne revêt plus guère d’intérêt. Ce qu’avait si clairement énoncé le think tank Terra Nova, dans sa note publiée le 10 mai 2011 : « Gauche : quelle majorité pour 2012 ? », dans laquelle il préconisait de s’intéresser plutôt à un électorat urbain composé des « diplômés », des « jeunes », des « minorités des quartiers populaires », des « femmes » unifiés par des « valeurs culturelles progressistes ». En quelque sorte un prolétariat de substitution qui constitue bien la base électorale de LFI. Les révolutions ont toujours été le fait de bourgeois et d’aristocrates déclassés qui manipulaient une part du peuple. Elles ne furent jamais démocratiques mais l’œuvre de minorités organisées et sans scrupules quant au recours à la violence pour s’emparer du pouvoir et terroriser l’adversaire.

Quelques années plus tard, la haine, en tant que ressort révolutionnaire, fut aussi utilisée et instrumentalisée par un autre sinistre personnage : Hitler. Celui-là instrumentalisa la haine raciale avec son parti national-socialiste des travailleurs allemands, plus connu sous le nom de parti nazi. Mais en fin de compte, les ressorts révolutionnaires sont de même nature : instrumentaliser la haine jusqu’à son paroxysme qui rendra possible la prise du pouvoir grâce à la violence. La lutte des races se substitue à la lutte des classes.

Synthèse entre lutte des classes et lutte des races

Il est frappant de constater que les néo-marxistes et trotskistes de LFI, en choisissant comme outil révolutionnaire les populations immigrées et d’origine immigrée, souvent islamisées, réalisent une synthèse entre la lutte des classes et la lutte des races. L’homme blanc devient l’homme à abattre au nom du « décolonialisme », comme si nous étions responsables des politiques menées par nos arrière-grands-parents, et de la lutte contre l’islamophobie, l’islam étant devenu la seule religion qu’il est interdit de critiquer, sous peine d’accusation de racisme - comme si l’islam était une race ! Mélenchon est, au demeurant, très décomplexé sur le sujet lorsqu’il éructe « tout blancs, tout moches que vous êtes » et que lui et ses amis réintroduisent, sous couvert d’antisionisme, le vieil antisémitisme, originairement de gauche. Ainsi, donc, voici que l’extrême gauche mêle la haine sociale à la haine raciale, réalisant ainsi une forme de synthèse entre les deux totalitarismes qui ont martyrisé le monde au siècle dernier !

Oui, Marine Le Pen a parlé juste, mais la brisure que veut l’extrême gauche pourrait déchaîner la pire des guerres civiles. Plus que jamais rebâtir l’unité nationale est un impératif politique. Encore faudrait-il que les électeurs fassent le bon choix, l’an prochain. Les peuples ont, paraît-il, les gouvernements qu’ils méritent.

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

38 commentaires

  1. La gauche veut toujours plus de pauvres car les pauvres votent souvent pour elle et, comme la gauche ne pense qu’à se gâver une fois au pouvoir (médiatique). Je regrette tellement la vraie gauche d’avant ma jeunesse, celle de Jaurès qui disait « Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main d’oeuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français …. »

  2. « Les peuples ont, paraît-il, les gouvernements qu’ils méritent ». Depuis 2022, les français, dans leur majorité de suffrages exprimés, ont effectivement le gouvernement (et le président) qu’ils méritent.

  3. Le malaise français est vraiment profond, difficile de croire à un véritable futur changement, les personnalités politiques actuelles démontrent leur incapacité tous partis politiques confondus à gérer notre pays. Trop de mensonges, de perfidie. En dehors d’ une personnalité hors du commun et bien il ne se passera rien, d’autant que nos institutions sont totalement cadenassées, Il est fort à craindre que nous finissions par nous retrouver sous la gouvernance de l’ UE, ce qui pourrait se faire de façon insidieuse mais inévitable, les incessantes directives européennes actuelles n’en sont elles pas les prémices, n’est ce pas voulu dans le fond, il est permis d’en douter…

  4. Sidéré à chaque fois que je lis ces Français qui vous expliquent pa A + B que MLP est incapable de gouverner la France , qu’elle est socialiste , europeiste …j’en passe et des meilleurs . Ben oui que le RN est perfectible , ben oui il se trompe peut-être parfois , ben oui il devrait sur certains sujets être plus incisif…. Mais aujourd’hui n’en déplaise aux pisse froid , le RN est parvenu à ce niveau grâce à MLP et Bardella et à personne d’autres , ni Philippot, ni dupont Aignant, et surtout pas Asselineau …ces personnalités politiques qui n’ont apparemment comme seule ambition que d’exclure le RN du second tour en 2027 , a les entendre couiner de la sorte on se demande qui les finance réellement. Continuez de la sorte et vous aurez un 3eme quinquennat macro compatible, et à ce moment là vous aurez la haine contre vous . La seule vraie question vitale pour la France en 2027 …Gagner ou avoir raison ? ? Moi je veux gagner , ensuite l’Elysee conquise, on discute des sensibilités de chaque Parti Politique Patriote et on bosse ensemble !

    • Si vous écoutiez un peu « les autres », comme vous les nommez, vous comprendriez que le RN sera pieds et poings liés par cette Europe de Bruxelles dont il ne veux pas sortir. Tant que cela durera, c’est la commission européenne qui fera la loi en France.

  5. Cependant Mme Le Pen se fourvoie sérieusement lorsqu’elle aussi évoque une taxation des super profits pétroliers. Y croit-elle ou « drague-t-elle » à Gauche? Dans les deux cas c’est mauvais : La France la veut et l’espère de Droite. Ce genre de frasque peut tout lui coûter.

  6. Enfin un personnage politique qui a une vision des choses sans oeillère n’en déplaise à LFI

  7. A-t-on le droit de dire que les derneirs choix programmatiques faits par le RN, dans une perspective de notabilisation en vue de la présidentielle, ne portent pas les espoirs de ceux qui attendent un vrai changement. Comment croire au retour à « la souveraineté stratégique de la France », annoncé par Jordan Bardella dans le Figaro il y a quelques jours, tout en stagnant dans le conformisme européen. Après avoir renoncé à la sortie de l’euro, ou se limiter à proposer la réforme de la CEDH au lieu de sa remise en cause, aucune chance de recouvrer la souveraineté. Quand de surcroît sur le plan intérieur, le RN fait dans la fuite en avant budgétaire avec l’augmentation des recettes fiscales, ou laisse élire Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel, cela sent plus l’UDF que le RPR de jadis. Que d’autres personnalités à droite continuent à poser les bonnes questions est au contraire salutaire.

  8. Quelle douce chimère, les futures élections ne changeront rien.
    Le patient est atteint de septicémie, la gangrène déclarée ne peut être éradiquée sans l’ablation du membre infecté ; problème, c’est la tête ha!

  9. La gauche ne survit que grâce à la lutte des classes qui est de toute évidence une conception de la société complètement ringarde mais qui connaît encore quelques succès en jouant sur le réflexe de jalousie.

  10. Quand un mouvement politique aborde le futur scrutin présidentiel, essentiel pour notre « survie », avec 35% de votes potentiels, il est bien le seul à pouvoir l’emporter au second tour. Et il est évident que toute tentative pour l’affaiblir , quand elle vient du « système » (Retailleau ou autre), c’est compréhensible; quand elle vient de son camp (Zemmour, NDA), c’est criminel.

    • Je possède encore un exemplaire de VA,dans lequel Marion Maréchal ,encore chez Reconquête à l’époque,disait que  » le RN avait perdu sa boussole ». (SIC). Etait ce criminel ? C’était quelques semaines avant qu’elle retourne insidieusement au RN,sans en avoir l’air.Son retournement de casaque prouve qu’elle même avait perdu la sienne,de boussole

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