EVARS à l’école : le témoignage d’une enseignante
Laure* est professeur de français dans un lycée public de banlieue parisienne. Il y a quelques jours, sa direction l'a prévenue qu’un enseignement du programme EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, obligatoire depuis la rentrée 2025) serait dispensé à ses élèves de première sur son heure de cours. Passé son premier étonnement - « supprimer une heure de cours de français en classe de première alors qu'on a déjà du mal à boucler le programme », précise-t-elle à BV -, elle a toutefois décidé d'assister à la séance. Ce qu'elle y a vu et entendu mérite d'être rapporté, tant le discours déployé par les deux intervenantes peut surprendre par son orientation idéologique et le manque de considération apporté à la maturité des élèves présents. Un témoignage que Laure a choisi de confier à BB.
IVG et LGBT clés en main
Dans cette classe de première, l'enseignement s'est déroulé sur deux séances d'une heure, animées par l'infirmière scolaire et, selon la description de Laure, par « une dame de la mairie responsable du pôle "jeunesse" », sous la forme d'un jeu collectif. « Sur un plateau de jeu commun au groupe, les élèves, les uns après les autres, doivent lancer le dé et avancer un pion qui tombe sur des cases de couleurs différentes correspondant à des types de questions différentes posées par les intervenantes », raconte Laure, qui précise que les élèves ont eu droit à des interrogations étrangement orientées telles que « En quelle année la loi ouvre-t-elle la possibilité pour le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants pour les couples homosexuels ? », « En quelle année la loi sur l’IVG est-elle votée ? », « En quelle année la loi française autorise-t-elle la contraception ? » Tandis que la 19e question (« En quelle année la loi autorise-t-elle les homosexuels à donner leur sang ? ») a été pour l'intervenante - la « dame de la mairie » - l'occasion de bien souligner auprès des élèves que l'interdiction légale était, jusqu'en 2016, une « loi très discriminante pour les hommes qui ont des relations avec d’autres hommes parce qu’avant, il y avait un risque de transmission d’infection sexuelle ». Plus tard, en abordant la notion de viol conjugal (criminalisé en 1983, le saviez-vous ?), à travers l'exemple de Gisèle Pelicot, il a également été bien précisé qu'« heureusement, la notion de devoir conjugal n'existe plus dans le Code civil ».
Mais la palme de l'énigme la plus palpitante revient à la question 23 : « Je suis un symbole ; j’ai 6 couleurs ; je représente une communauté à l’ONU depuis 1978 ; je représente la paix, la diversité, l’harmonie. » Évidemment, il fallait répondre : « le drapeau LGBTQIA+ ». De quoi légitimement s'interroger sur la conformité d'un tel enseignement au regard du document officiel de l'Éducation nationale « Foire aux questions sur les programmes d'éducation à la sexualité », qui précise que « les intervenants extérieurs [s'abstiennent] de tout militantisme ou prosélytisme ». « Un petit jeu qui a permis à un élève plus "au fait des choses que les autres" d'ajouter "qu’il y a aussi les pansexuels", explications à l'appui », ajoute Laure.
Sans surprise, les questions de contraception et d'IVG ont été plus que largement abordées avec force détails tels que : « Que faire en urgence si le préservatif craque ? » Un véritable guide pratique clés en main pour recourir à l'IVG : les lieux où se rendre, la gratuité du service, la possibilité d'y recourir jusqu'à la 14e semaine, son anonymat garanti et - ce qui a beaucoup choqué Laure - la précision que l'accord parental n'est pas nécessaire.
Les élèves devaient également citer « trois lieux où l’on peut se procurer des préservatifs » et « trois sites Internet où l’on peut trouver des informations fiables sur la santé/sexualité », comme IVG.gouv.fr, choisirsacontraception.fr, onsexprime.fr et le Planning familial, dont le militantisme ultra woke n'est plus à démontrer. À aucun moment n'ont été cités les noms d'associations proposant des alternatives à l'avortement, ce qui, pour une Éducation nationale qui prétend « permettre à chaque élève de faire des choix libres et responsables », selon les textes officiels, pose un léger problème.
« Énigme clitoris » et « Jeu pour retracer un acte sexuel »
Mais il y a plus grave. Ce jour-là, dans cette classe de première, tous les élèves n'ont pas paru à leur aise. Selon le témoignage de Laure, si certains ont posé beaucoup de questions, d'autres sont restés étrangement silencieux avant, pendant et après la séance. Certains mal-être lui ont semblé perceptibles. Il y de quoi, lorsque est arrivée sur le tapis « l'énigme clitoris », avec cette définition : « J’ai 8.000 terminaisons nerveuses VS 4.000 pour le pénis »/« je suis un organe dédié au plaisir »/« on me malmène ». Le tout pratiqué au sein d'un groupe volontairement mixte « parce qu'il est important d'avoir de l'interaction et le point de vue des filles et des garçons », comme l'a précisé l'intervenante « de la mairie », en début de séance. La question, d'ailleurs, de la légitimité de la présence de cette personne dans cette salle de classe ce jour-là mérite d'être posée. Être responsable d'un pôle jeunesse confère-t-il tous les pouvoirs ?
Une scène qui est loin d'être un cas isolé. Il y a quelques jours, dans un entretien au Figaro, l'experte en politiques éducatives, Sophie Audugé, racontait qu'à l'occasion d'une séance EVARS en classe de première, avait été mis en place un « jeu » pour des lycéens chargés de retracer les étapes d'un acte sexuel « du cunnilingus à la pénétration ».
Des enseignements qui, encore une fois, semblent en contradiction avec les « bonnes intentions » de l'Éducation nationale garantissant « le respect du rythme de développement des élèves », de leur pudeur et de leur intimité. Malgré tout, précise Olivia Sarton, de l'association des Juristes pour l'enfance interrogée par BV, « il est juridiquement impossible de dispenser son enfant des programmes EVARS qui sont obligatoires au même titre que les autres enseignements. Si les parents peuvent y trouver une belle occasion de les former à l'esprit critique, rien ne les empêche de dialoguer auprès de la direction et de protester. Aux enfants eux-mêmes, parmi les plus âgés, de faire valoir leur désaccord sur des contenus qui les choquent, portent atteinte à leur intimité et violent la neutralité de l'enseignement avec l'appui de leur famille. » Parents, enfants, la balle est désormais dans votre camp.
* Le prénom a été modifié.
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45 commentaires
Et les cigognes dans tout ça ???!!!
Et l’on s’étonnera, dans quelques années, d’avoir de jeunes adultes incapables de fonder un foyer durable…
Mais combien de parents ont porté plainte contre la « une dame de la mairie responsable du pôle « jeunesse » » ?
Vous n’avez pas précisé la classe : ce sont des premières années de médecine ou de psychologie ? Pauvre France, qu’as-tu fait de tes enfants ?
L’éducation nationale a cédé à la pressions des lobbies (LGBTQ+, pro-immigration) pour éduquer les jeunes sur ces sujets alors que ce n’est absolument pas son rôle. Ce qui est rapporté est hautement choquant. Des associations comme Amnesty ou SOS Méditérranée peuvent aller aussi faire le propagande. Le pire c’est que ces heures ne sont pas annoncées, au cas où les parents souhaiteraient extraire leurs enfants de cette obligation.
Ainsi va la marche du monde. Ce qui était caché hier sera la norme de demain. Cela s’est vu pour les relations hors mariage, l’homosexualité, que peut encore nous apporter le futur ? Après la réattribution sexuelle (transgenre), on va peut-être s’intéresser à l’ondinisme et au bondage : il reviendra à l’Éducation Nationale, toujours très tendance, à les faire découvrir dans les collèges.
Ce « programme » EVARS me dégoûte, me désole. Ce que l on appelle encore aujourd’hui l Éducation Nationale devient un lieu étranger à ce pour quoi elle était faite.
Porter plainte pour « incitation des mineurs à la débauche », non?