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Coronavirus - International - 2 avril 2020

Chine : « Nous devrons probablement porter les masques encore plusieurs mois, voire plusieurs années »

Cette Chinoise est chef d’entreprise et mère de deux enfants. Elle témoigne.

Boulevard Voltaire a voulu savoir comment les Chinois avaient traversé la crise sanitaire. Nous avons interrogé cette jeune femme qui nous a délivré son à l’image du peuple chinois : tout en contrôle, discipliné et dans le rang.

Je dirige une société appelée Win World EnvPro Tech. C’est une entreprise qui propose des services technologiques et financiers pour les armateurs achetant des épurateurs pour les bateaux, et qui distribue aussi des épurateurs fabriqués et installés par les chantiers navals d’État CSSC. Durant cette période particulière, CSSC produit des machines à masques et j’exporte également des produits anti Covid-19 à mes amis à l’étranger pour les aider à traverser la crise sanitaire.

Ce n’est que le 17 janvier que j’ai entendu parler de la maladie pulmonaire apparue à Wuhan, de la bouche de mon esthéticienne. Je me suis aperçue que les gens commençaient à porter des masques. À mon retour, je suis restée à la maison jusqu’au 20 février. Au début du confinement, certains s’inquiétaient et avaient envie de se mettre en colère. Lorsque nous avons pris conscience de la dangerosité de la situation, nous avons commencé à coopérer et à suivre les instructions de notre gouvernement. Pendant les 33 jours de confinement, nos journées consistaient à se laver les mains, tout désinfecter, porter un masque, boire du thé, regarder la télévision, faire de l’exercice et lire.

Seul un membre de la famille était autorisé à sortir une fois tous les deux jours pour acheter des produits d’usage quotidien. Si une personne était soupçonnée d’être malade, ou dépistée positive, une ambulance venait la chercher pour l’emmener à l’hôpital et les autres membres de la famille devaient rester en quatorzaine. Dans ce cas, le gouvernement prenait des dispositions pour que des agents ou des bénévoles achètent ce dont vous aviez besoin et le déposent devant votre porte. De plus, des médecins venaient vous visiter chaque jour.

Pendant le confinement, nous communiquions par téléphone pour échanger nos idées et utilisions la vidéoconférence pour nous réunir. J’ai également enregistré des vidéos à envoyer sur le groupe professionnel WeChat et Linkedin afin de promouvoir notre nouvelle technologie.

Depuis fin février, les entreprises relancent progressivement leur activité. Les personnes sans fièvre peuvent circuler dans leur province en présentant un certificat médical. Et depuis fin mars, nous pouvons à nouveau nous déplacer dans la plupart des provinces. Concernant le nombre de morts en Chine, je ne pense pas qu’il soit minimisé et heureusement, je n’ai pas perdu d’être cher. La plupart des décès se sont produits à Wuhan. Un seul cas s’est produit dans notre province de Zhejiang, mais aucun dans ma ville de Ningbo.

Il y a un avant et un après cette crise : avant, nous travaillions au bureau et profitions de la vie à la maison, nous achetions nos fruits et légumes au marché. Après, la vie quotidienne et le travail sont mélangés et nous achetons tout en ligne.

La plupart d’entre nous retournent travailler avec un masque et le certificat médical. Nous devrons probablement porter les masques encore plusieurs mois, voire plusieurs années. Aujourd’hui, notre état d’esprit est tout à fait normal. Je souhaite à tous les amis français et ceux dans le monde entier de rester en bonne santé et en sécurité.

Il y a huit ans, un professeur américain me disait : « Le Parti communiste de la est le meilleur parti au monde. » Il y a quatre ans, un ami français annonçait : « Vive la Chine. J’aime la Chine. » Maintenant, nous ne pouvons pas nous empêcher d’affirmer que ce qu’ils ont dit est la vérité, du fond du cœur.

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