Encadrer la parole des parlementaires en limitant le nombre d’amendements que pourrait déposer l’opposition, c’est une idée à laquelle réfléchissent le gouvernement et sa majorité, dans le but affiché d’accélérer le travail parlementaire. La députée dénonce ce projet, qui donnerait encore plus de force à une majorité ! déjà pléthorique.

Le gouvernement et la majorité réfléchissent à encadrer la parole des parlementaires, notamment par la limitation du nombre d’amendements que pourrait déposer l’opposition. Comment réagissez-vous à cette nouvelle ?

Cette volonté est anticonstitutionnelle et scandaleuse. Elle réduit l’initiative des parlementaires. Ce n’est pas acceptable. Elle donne trop de force à la majorité déjà pléthorique d’En Marche !
La République en marche est un mouvement qui a très peu recours aux amendements. Classement après classement, l’inactivité de leurs députés se verra. C’est la raison qui motive ce projet.

Quel serait l’impact pour les députés de l’opposition ?

Les voix dissidentes ne pourront plus s’exprimer. et moi-même sommes bien classées grâce à notre activisme. C’est, en fait, une façon de nous bâillonner. Nous ne pouvons réagir que par des amendements. En les réduisant, cela réduit notre temps de parole, qui n’est déjà pas fabuleux en qualité de non-inscrits.
J’espère qu’un groupe comme va s’unir aux non-inscrits pour réagir.
En tout cas, si j’arrive à avoir un temps de parole, j’interviendrai sur ce sujet, car c’est un véritable scandale.

Un leitmotiv d’ est d’aller vite. Cela permettrait-il, vraiment, de raccourcir les débats et de faire avancer le travail parlementaire plus rapidement ?

Quand ils veulent accélérer, ils sont capables de faire des séances de nuit qui durent jusqu’à 2 heures du matin et permettent de clôturer les textes. Je ne pense donc pas que ce soit la véritable raison sous-tendant cette démarche.

8 mars 2018

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