Dissoudra ? Dissoudra pas ? Quoi qu’il en soit, , ministre de l’Intérieur, entend dissoudre le , le Collectif contre l’ en France, qualifié « d’officine islamiste contre la République ». Au quotidien Libération, il assure même avoir les « éléments » nécessaires à cette dissolution. Lesquels, il ne le dit pas. Il faudra donc le croire sur parole.

Toujours à propos du CCIF, Zineb El Razhoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, affirme, à l’occasion d’un entretien accordé au Point, le 19 octobre dernier : « La tactique du CCIF est de se placer sous la bannière de la lutte contre le racisme, dont la définition est encadrée par la loi, pour bénéficier des mêmes protections juridiques. Toute personne qui critique l’islam se voit automatiquement traitée de raciste. Voilà un chantage juridique qu’il est grand temps de rendre inopérant. »

D’ailleurs, sur la page d’accueil de son site Internet, le CCIF ne prétend pas autre chose dans son manifeste : « Notre mission est de combattre l’islamophobie, définie comme l’ensemble des actes de discrimination ou de violence contre des individus ou des institutions en raison de leur appartenance réelle ou supposée à l’islam. L’islamophobie se présente comme l’expression acceptable d’un racisme qui ne dit pas son nom. » Et de clore cette feuille de route en ajoutant, le plus sérieusement du monde : « Nous sommes une association apolitique et areligieuse. »

Toujours dans le même registre, le CCIF s’interroge, sans rire, à propos des visées judiciaires dont il est l’objet : « Comment la pensée identitaire et raciste, héritière du fascisme et du totalitarisme, s’est-elle retrouvée au cœur même de l’État, dans son gouvernement et son Sénat ? » Le CCIF ne serait donc pas « identitaire » ; c’est intéressant, tandis que le « fascisme » nicherait à tous les étages, Zineb El Rhazoui prétendant, à propos du CCIF : « C’est un fait, tous les fascismes ont besoin d’entretenir à leur base le sentiment d’appartenance à une communauté qui se vit persécutée. »

Et c’est ainsi que notre société judiciarisée en arrive à se mordre la queue, le CCIF s’inquiétant que ces menaces de dissolution puissent, de fait, signifier une « criminalisation de la lutte contre l’islamophobie ». Un comble, pour des gens qui entendent criminaliser cette même « islamophobie ».

À ce compte, il faudrait peut-être également évoquer ces associations LGBT, jouant elles aussi à se faire peur tout en entendant elles aussi « criminaliser » toute forme « d’homophobie », avec le soutien militant d’une Anne Hidalgo, pour ne citer qu’elle, qui, en juin 2018, explique au magazine gay Komitid : « C’est par des messages, par de l’engagement politique, d’une équipe et de moi-même, que l’on arrivera à repousser cet obscurantisme, cette violence et cette haine que subissent les personnes LGBT. » On notera que c’est avec de semblables arguments que Charlie Hebdo exigeait, il y a quelques années, la dissolution d’un Front national n’ayant jamais menacé ni rien ni personne. Aujourd’hui, le combat continue, leurs successeurs entendant « criminaliser » un Éric Zemmour ou tout autre journaliste assurant que l’immigration n’est pas forcément un ravissement de chaque instant.

Alors, dissoudre le CCIF, pourquoi pas. Voilà qui pourrait ouvrir des horizons quant à d’autres associations liberticides toutes aussi expertes en matière de « criminalisation » des opinions publiques.

27 octobre 2020

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