L’ultragauche veut étrangler financièrement le parti Europe des nations souveraines
L’Union européenne pourrait bientôt faire disparaître un parti européen, officiellement reconnu, en le privant de tout financement. Ce serait une première au sein d’une organisation extranationale déjà dirigée par une Commission européenne non élue.
Mardi 7 juillet, le Parlement européen a voté (par 414 voix pour, 224 voix contre et 18 abstentions), une demande officielle auprès de l'Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes (APPF), afin de vérifier si le parti politique européen Europe des nations souveraines (ESN) respecte les « valeurs fondamentales de l'Union européenne ».
🚨 Le Parlement européen a ouvert une enquête sur le groupe européen Europe des Nations Souveraines, dont fait partie Sarah Knafo.
La raison de l’enquête : des « propos jugés contraires aux valeurs de l’UE ».
Conséquences : le groupe ENS pourrait ne plus être financé. pic.twitter.com/SBZ3lDNZ9n
— Frontières (@Frontieresmedia) July 7, 2026
Un parti pan-européen officiellement reconnu
Enregistré officiellement par l’APPF le 30 septembre 2024, l’ENS est un parti pan-européen regroupant des formations souverainistes et nationalistes issues de plusieurs pays de l’UE, comme l’AfD (Allemagne), Reconquête (France), Revival/Vazrazhdane (Bulgarie), Confédération (Pologne). Le parti Europe des nations souveraines est présent à Strasbourg via un groupe du même nom, au sein duquel siègent 27 eurodéputés issus de ses partis membres, dont Sarah Knafo pour la France.
L’ENS a beau être le plus petit groupe du Parlement européen, le parti dont il est issu dérange manifestement. À tel point d’ailleurs que courant mai 2026, Pascal Schonard (directeur de l’APPF) a transmis au Parlement européen, au Conseil européen et à la Commission européenne, un volumineux courrier d’environ 300 pages compilant des éléments supposés mettre en cause le respect par l’ENS des valeurs inscrites dans le traité de l’Union européenne. Dans son article 2, celui-ci stipule en effet que « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ». Du long catalogue de griefs émis par l’APPF, ressortent essentiellement les grands thèmes habituels développés par les formations nationalistes, parmi lesquels la remigration. La lettre, qui n'est pour l’instant pas disponible dans son intégralité, s’attaque par ailleurs fortement à la formation allemande AfD, et pointe aussi les liens supposés étroits entre le parti bulgare Vazrazhdane et la formation russe Russie unie.
L’eurogauche radicale aux manettes
Si elle se pare du vernis de neutralité de l’APPF, cette initiative vient clairement de la gauche du Parlement européen, ce que revendique d’ailleurs Manon Aubry sur son compte Facebook. « À notre initiative, le Parlement européen lance une enquête sur ESN, le parti européen de Sarah Knafo, pour des événements racistes et homophobes », déclare l’eurodéputée LFI. La liste des votants confirme d’ailleurs que la gauche européenne est aux manettes dans cette histoire, mais pas seulement elle. En effet, comme l’a confirmé à BV Vijay Monany, ancien de LR ayant rejoint Éric Zemmour en 2022, et aujourd’hui secrétaire général adjoint du groupe ENS, si la demande d’enquête a pu recevoir suffisamment de suffrages pour être adoptée, c’est qu’un « certain nombre de députés du PPE [où siègent les Français de LR, NDLR] a voté pour ». Preuve des divisions qui traversent un groupe qui avait pourtant voté le « règlement retour » des immigrés illégaux, de concert avec le groupe ENS.
Étouffer financièrement les souverainistes et nationalistes
Si la procédure lancée le 7 juillet devait aboutir, elle ne pourrait en aucun cas déboucher sur une dissolution du parti ENS. Mais elle pourrait en revanche l’étouffer financièrement en le privant des subventions qu’il touche de l’Union européenne en sa qualité de parti européen officiellement reconnu. Le chiffre de deux millions d’euros annuels circule dans plusieurs médias, mais selon une source européenne tenant à rester anonyme, la base forfaitaire serait en réalité de 383 000 euros par an.
Autant dire que le parti ENS a immédiatement réagi après le vote, rejetant en bloc sa motivation. Dans un communiqué en date du 7 juillet, que BV a pu consulter, le parti ENS constate que le texte « fait valoir que le parti [l’ENS NDLR] pourrait ne pas se conformer aux valeurs de l’Union européenne », et précise rejeter « fondamentalement cette approche », dans la mesure où les valeurs de l’Union européenne « incluent la démocratie, le pluralisme politique et la liberté d’expression ». Partant de ce principe, l’ENS considère que « les représentants élus doivent rester libres de s’exprimer ouvertement sur les préoccupations du peuple qu’ils représentent, sans craindre des procédures administratives ou des sanctions financières, simplement parce que leurs opinions remettent en question le consensus politique ».
Constatons de notre côté, que le fond du discours utilisé par la gauche européenne contre ce parti souverainiste est similaire à celui sur lequel se base la gauche allemande pour réclamer la dissolution d’une AfD, devenue premier parti d’Allemagne d'une part, et à celui de LFI en France à l’encontre de toutes les formations et personnalités situées à droite de LR, d'autre part. Un hasard sans doute.
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2 commentaires
La gauche en pls.
Suite à l’alerte de Marion Maréchal et du groupe ECR, le Forum of European Muslim Youth and Student Organisations (FEMYSO) est exclu des activités du Parlement européen. La présidente d’Identité-Libertés salue « une victoire importante » contre les Frères musulmans.
Rappelons que c’est les socialistes allemands qui avaient intenté la procédure contre le financement du RN